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11/02/2012 à 16:35
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Abdoulaye Wade lors d'un meeting à Thies le 8 février 2012. Abdoulaye Wade lors d'un meeting à Thies le 8 février 2012. © AFP

Moment fort de la campagne pour la présidentielle du 26 février, le président sénégalais Abdoulaye Wade se rendait samedi en Casamance (sud), région en proie à une rébellion indépendantiste qu'il avait pourtant promis de régler en "100 jours" à son arrivée au pouvoir en 2000.

Le président Wade est arrivé par avion en fin de matinée à Cap Skirring, ville balnéaire de Casamance, où il a été accueilli à l'aéroport par plusieurs centaines de ses partisans avec pancartes et affiches électorales aux couleurs de leur champion "Wade 2012".

Il devait ensuite se rendre par la route à Oussouye, Bignona, puis Ziguinchor, trois chefs lieux de département où il tiendra des meetings, selon le programme officiel de sa visite.

Alors que la campagne électorale pour la présidentielle du 26 février où M. Wade, 85 ans, brigue un troisième mandat, bat son plein, de nombreux Sénégalais profitent de l'occasion pour rappeler les promesses non tenues du chef de l'Etat sortant.

Lors de sa première élection en 2000, le président Wade s'était engagé à résoudre le conflit casamançais "en 100 jours". Douze ans plus tard, les attaques se poursuivent, alternant avec les périodes de relative accalmie.

Commencée en 1982, la guerre "oubliée" de Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, a fait des milliers de victimes, civiles et militaires, malgré plusieurs accords de paix entre Dakar et la rébellion indépendantiste du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), signés et aussitôt caducs.

Les affrontements, braquages et embuscades entre des militaires et des membres réels ou supposés du MFDC se poursuivent à intervalles réguliers, et se sont même intensifiées depuis novembre 2011.

Les divisions au sein du mouvement rebelle se sont amplifiées depuis la mort en décembre 2007 du chef historique du MFDC, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, rendant plus difficiles les négociations avec Dakar, annoncées et reportées plusieurs fois.

"Résistance pacifique"


Dans son message à la nation pour le Nouvel An, le président Wade a affirmé être disposé à "poursuivre le dialogue avec le MFDC pour une solution pacifique de la crise".

Il s'est dit favorable à une médiation de la communauté Sant'Egidio, avec notamment la tendance la plus radicale de la rébellion, dirigée par Salif Sadio.

Depuis le début de la campagne électorale il y a une semaine, le président Wade enchaîne les meetings en province, faisant valoir les "avancées de son pays vers le développement", et réclamant une réelection dès "le premier tour".

Face à lui, le Mouvement du 23 juin (M23), qui regroupe opposition et société civile, poursuit sa "résistance pacifique" pour obtenir le retrait de sa candidature.

Unité fissurée ?

La campagne "en commun" des huit candidats du M23, dont le célèbre chanteur Youssou Ndour, a cependant marqué le pas en fin de semaine, la presse locale s'interrogeant sur les raisons de cette "pause" apparente.

L'unité affichée des premiers jours semble même se fissurer entre candidats d'opposition, l'ex-Premier ministre Macky Sall mène ainsi campagne depuis une semaine de son côté, suscitant les critiques à peine voilées d'autres candidats.

Le collectif de rappeurs Y'en a Marre a appelé à des "rassemblements citoyens et non violents" samedi et dimanche à Dakar sur la Place de l'Obélisque, esplanade devenue le lieu symbole de la contestation et où se sont tenues dernièrement plusieurs manifestations contre la candidature de Wade.

Cette candidature alimente les tensions au Sénégal depuis des mois et sa validation par le Conseil constitutionnel le 27 janvier a provoqué des violences qui ont fait quatre morts en cinq jours.

Elle est également critiquée par les principaux partenaires occidentaux du Sénégal, dont la France et les Etats-Unis.

Pour l'opposition, M. Wade a épuisé ses deux mandats légaux et sa nouvelle candidature est un "coup d'Etat constitutionnel". Dans le camp de M. Wade, on affirme que les réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui permettent d'être candidat.

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