04/02/2012 à 10h:36 Par AFP
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Des badauds à l'extérieur de la grande mosquée de Dakar après un appel de l'opposition. Des badauds à l'extérieur de la grande mosquée de Dakar après un appel de l'opposition. © AFP

Quelques centaines de personnes ont participé vendredi à une "journée de prière" à Dakar à l'appel de l'opposition, sur laquelle le président Abdoulaye Wade a rejeté la responsabilité des récentes violences liées à la présidentielle de fin février.

Comme chaque vendredi, les fidèles se sont retrouvés en début d'après-midi dans et autour de la mosquée Branchot, occupant quelques ruelles non loin de la présidence dans le quartier administratif du Plateau.

La prière, sous haute surveillance policière, s'est déroulée sans aucun incident, avec une fréquentation quasi identique à un vendredi ordinaire.

Quatre morts

La proximité du palais présidentiel faisait craindre de possibles incidents, même si le Mouvement du 23 juin (M23), à l'origine de l'appel et qui regroupe représentants de l'opposition et la société civile, avait très clairement exprimé sa volonté d'éviter toute violence.
A la pointe de la contestation contre la candidature du chef de l'Etat sortant Abdoulaye Wade à la présidentielle du 26 février, le M23 entendait organiser "une journée de prière" en hommage aux "victimes de la répression".

Mardi, un rassemblement de plusieurs milliers de sympathisants du M23 sur une esplanade de la capitale avait été dispersé à coups de grenades lacrymogènes par la police après des heurts avec des manifestants, et un étudiant avait été tué lors de l'intervention, renversé par un véhicule.

Quatre personnes ont été tuées en cinq jours dans des violences liées aux tensions depuis le 27 janvier, lorsque le Conseil constitutionnel a validé la candidature de M. Wade.

Elu en 2000 puis réélu en 2007, Abdoulaye Wade, 85 ans, se présente pour un troisième mandat de sept ans avec, face à lui, 13 candidats de l'opposition en ordre dispersé. La candidature du chanteur Youssou Ndour, très populaire à Dakar et à l'étranger, a été rejetée.

"Cela n’aboutira à rien"

L'opposition estime que M. Wade a épuisé ses deux mandats légaux et donc que sa nouvelle candidature est un "coup d'Etat constitutionnel". Le camp Wade récuse cet argument, arguant de réformes de la Constitution en 2001 et 2008 qui lui permettraient de se représenter.

"Les principaux responsables (des violences), ce sont les gens de l’opposition qui utilisent les manifestations qui auraient pu avoir un sens tout à fait pacifique et compréhensible, pour mettre le désordre", a accusé M. Wade.

"Ces manifestants ne représentent rien par rapport aux millions de personnes qui sont avec moi", a-t-il assuré, affirmant: "ils ont fait des appels à manifester vers le Palais, des appels à l’émeute (...). Cela n’existe qu’au Sénégal, mais cela n’aboutira à rien".
La mission des observateurs de l'Union européenne (UE) pour ces élections a rencontré vendredi les cinq "sages" du Conseil constitutionnel.

Il s'agissait d'une simple réunion de travail avec des "acteurs impliqués dans le processus électoral", selon le chef de cette mission européenne, et non d'une rencontre spécialement consacrée au rejet de la candidature de Youssou Ndour ou à la validation de celle de Wade, comme l'affirmait la presse locale.

L'opposition n'a en tout cas plus aucun recours légal pour contester cette candidature. La faible mobilisation de ce vendredi complique encore un peu plus la tâche du M23, coalition hétéroclite qui peine à définir une stratégie deux jours avant le début de la campagne électorale officielle dimanche.

"Wade doit partir"

"Nous ne faisons pas que prier, les manifestations vont se poursuivre, la mobilisation continue", a assuré Fadel Barro, l'un des fondateurs de "Y'en a marre", groupe de jeunes rappeurs membre du M23.

Mbaye Tall, leader du mouvement "Wade doit partir", également affilié au M23, a promis d'empêcher la campagne du président.

"Chaque fois qu'il arrivera dans une ville, nous organiserons des manifestations. Jusqu'à ce qu'il parte", a affirmé M. Tall.

"ll y aura l’ordre et la sécurité pendant la campagne électorale et jusqu’à la proclamation des résultats", a prévenu à ce propos le chef de l'Etat.

"Nous n’accepterons pas que des individus, parce qu’ils pensent qu’ils ne peuvent pas gagner des élections, troublent l’ordre public", a-t-il mis en garde, s'engageant par ailleurs à en "respecter les résultats".
 

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