29/01/2012 à 18h:00 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Photo fournie le 28 janvier 2012 par l'opposition montrant une manifestation à Daraa. Photo fournie le 28 janvier 2012 par l'opposition montrant une manifestation à Daraa. © AFP

L'opposition syrienne entend faire monter la pression sur la communauté internationale, et en particulier sur la Russie, en vue d'une intervention de l'ONU dans le pays, où les violences ont encore fait au moins 66 morts dimanche.

L'opposition syrienne entend faire monter la pression sur la communauté internationale, et en particulier sur la Russie, en vue d'une intervention de l'ONU dans le pays, où les violences ont encore fait au moins 66 morts dimanche. Ces violences, particulièrement fortes depuis mardi, ont poussé la Ligue arabe à suspendre samedi sa mission d'observation après un peu plus d'un mois de mission en accusant le régime du président Bachar al-Assad d'avoir "choisi l'option de l'escalade".

Vingt-six civils ont été tués par balles ou lors d'affrontements dans les province d'Idleb (nord-ouest), de Deraa (sud), de Homs (centre) et Hama plus au sud, ainsi que dans la région de Damas et la capitale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). En outre neuf déserteurs, 26 soldats et cinq membres des forces de sécurité ont été tués. Bourhan Ghalioun, le chef du Conseil national syrien (CNS), qui rassemble les principaux courants de l'opposition, doit se rendre ce dimanche à New York à la tête d'une délégation dans l'espoir de peser sur les discussion autour d'un projet de résolution défendu par les pays européens et arabes.

Dans le même temps, le CNS a réclamé "une protection" internationale pour les civils et appelé à des manifestations à travers le monde à 14H00 locales devant les ambassades de Russie, alliée de Damas, qui avait fait usage de son droit de veto contre une première résolution sur la Syrie en octobre et a déjà déclaré son opposition au texte actuel.

Vers une nouvelle résolution de l'ONU

A New York, les pays européens et arabes à l'origine d'un projet de résolution sur la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU ont commencé à retravailler leur texte après la suspension de la mission des observateurs arabes, ont annoncé des diplomates. Le texte appelle à un soutien international au plan de sortie de crise défendue par la Ligue arabe, qui prévoit l'arrêt des violences et le transfert des pouvoirs du président syrien Bachar al-Assad à son vice-président avant l'ouverture de négociations.

Des responsables de la Ligue arabe doivent exposer mardi les détails du plan, "mais la suspension de la mission d'observation montre qu'ils n'ont jamais été en mesure de faire leur travail correctement", a déclaré samedi soir un porte-parole de la mission britannique à l'ONU. Paris et Berlin ont appelé samedi soir à l'adoption rapide d'une résolution. Mais la Russie s'est opposée au texte, estimant qu'il franchissait des "lignes rouges". Moscou refuse toute indication de sanction et tout préalable aux négociations.

Dimanche, la Russie a condamné la suspension de la mission des observateurs. "Nous aimerions savoir pourquoi ils se conduisent ainsi envers un instrument aussi utile", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cité par des agences russes. Rappelant qu'il était favorable à "une augmentation du nombre des observateurs", il a fustigé les déclarations "irresponsables" et "impardonnables" des pays qui ont jugé les observateurs inutiles et le dialogue avec M. Assad impossible.

Des contacts entre Moscou et Pékin

Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a espéré dimanche un "changement de position" de la part de Moscou et Pékin afin que l'ONU puisse endosser le plan arabe de sortie de crise, ajoutant que des contacts étaient "en cours" entre la Ligue et ces deux capitales.

Les autorités syriennes ont dit samedi "regretter" la suspension de la mission des observateurs arabes, estimant qu'elle visait à "augmenter les pressions en vue d'une intervention étrangère", selon Sana. "Les forces de sécurité sont déterminées à aller de l'avant pour rétablir l'ordre et la sécurité, et nettoyer le territoire des hors-la-loi (...) qui tuent des citoyens innocents", a menacé le ministre syrien de l'Intérieur, Mohammad Ibrahim al-Chaar, cité par Sana.

Dimanche matin, le journal Al-Watan, proche du pouvoir, a ainsi évoqué la poursuite de la "campagne de ratissage" à Hama (centre) pour "nettoyer la ville" des hommes armés. Dans le même temps, plus de 200 représentants de la communauté kurde de Syrie sont réunis ce week-end pour une conférence à Erbil, capitale du Kurdistan irakien. Evoquant un après-Assad, ils ont réclamé un référendum pour déterminer leur place dans la société.

Les Kurdes représentent 9% de la population syrienne. Ils sont installés essentiellement dans le nord-est et à Damas, où ils affirment faire l'objet de discriminations et réclament la reconnaissance de leur langue et leur culture.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Moyen-Orient

Israël : les immigrés africains accusés de menacer 'le rêve sioniste'

Israël : les immigrés africains accusés de menacer "le rêve sioniste"

La société israélienne connait actuellement un débat violent au sujet de l’immigration africaine, certains responsables politiques appelant à l’expulsion des clandestins venus du cont[...]

Football - Palestine : Makram Dabboub, un Tunisien chez les Chevaliers

Ancien gardien de but de l’Espérance Tunis et de Zarzis, Makram Dabboub (39 ans) travaille en Palestine depuis un an et demi. Il appartient aujourd’hui au staff technique de l’équipe nationale[...]

Israël : Netanyahou s'offre les pleins pouvoirs

En annonçant, contre toute attente, la mise en place d'un gouvernement d'union nationale avec le parti centriste Kadima, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s'assure une écrasante majorité[...]

Plus divisée que jamais, la Syrie est au bord de la guerre civile

Des attentats de plus en plus sanglants, un plan onusien qui s'enlise, une opposition divisée et déjà 12 000 morts depuis mars 2011... Le pays est au bord d'une guerre civile dont on n'entrevoit pas[...]

Tournoi de football en Palestine : quatre joueurs mauritaniens coincés en Jordanie

Conviés au tournoi international de football de la Nakba en Palestine, organisé à l’occasion de la commémoration de l’exode forcé des Palestiniens en 1948, les Mauritaniens ont [...]

Syrie : une vraie bombe à fragmentation

Avec la militarisation de l'affrontement entre le pouvoir et la rébellion, la crise syrienne déborde dangereusement les frontières du pays et fait planer le spectre d'une guerre confessionnelle à[...]

Le Kremlin accueille l'autre opposition

La délégation du Comité national pour le changement démocratique (CNCD), groupement de l'opposition syrienne séculière et pacifiste, juge très positive sa rencontre du 15 avril[...]

Iran - Israël : Tel-Aviv trébuche sur l'Europe

La représentante de l'Union européenne pour la politique extérieure et de sécurité, Catherine Ashton, juge "constructives et utiles" les négociations engagées avec l'Iran[...]

Israël : prisonniers du désert

Dans le Néguev, l'État hébreu construit un gigantesque centre de détention. L'ultime étape pour les clandestins subsahariens. Avant l'expulsion.[...]

Tunisie : Mahmoud Abbas et Moncef Marzouki discutent de la "réconciliation palestinienne"

Le président tunisien Moncef Marzouki et son homologue palestinien Mahmoud Abbas, arrivé samedi à Tunis pour une visite de quatre jours, ont discuté de la "réconciliation[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers