28/01/2012 à 10h:53 Par AFP
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Un policier est mort lors de violences à Dakar, le 27 janvier 2012. Un policier est mort lors de violences à Dakar, le 27 janvier 2012. © Toure Behan/AFP

 La validation vendredi soir par le Conseil constitutionnel de la candidature du chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle de février a provoqué une vague de violences dans plusieurs villes du Sénégal, dont sa capitale, Dakar, où un policier a tué.

 La validation vendredi soir par le Conseil constitutionnel de la candidature du chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle de février a provoqué une vague de violences dans plusieurs villes du Sénégal, dont sa capitale, Dakar, où un policier a tué. L'opposition a appelé pour sa part à "marcher sur le palais présidentiel dans les prochains jours" afin d'en "sortir Wade".

Dès l'annonce de la validation de la candidature du président Wade et du rejet de celle du chanteur Youssou Ndour, des jeunes rassemblés depuis des heures Place de l'Obélisque, à Dakar, à l'appel de l'opposition ont jeté des pierres sur les policiers qui ont riposté à coups de gaz lacrymogène et de matraque. Les jeunes, armés de barres de fer, ont également mis le feu à des pneus et des courses-poursuites entre eux et les policiers se sont engagées dans les rues adjacentes au lieu de rassemblement.

"Ils ont tué un policier", a déclaré à l'AFP le commissaire de police Arona Sy, du commissariat central de Dakar, sans donner les circonstances de cette mort qui s'est produite dans une rue du quartier de Colobane, près de la Place de l'Obélisque. Les violences se poursuivaient dans la nuit de vendredi à samedi dans plusieurs autres quartiers de Dakar. "Je vois des feux, impossible de passer. Ca brûle à Sacré-Coeur (centre), sur la VDN", une route menant au nord de la ville, a déclaré à l'AFP un témoin circulant en voiture.

Les télévisions privées montraient des jeunes érigeant des barricades, brûlant des pneus et des planches sur plusieurs artères, ainsi que des échanges de projectiles et gaz lacrymogènes entre des manifestants, essentiellement des jeunes, et les forces de l'ordre anti-émeutes de police et de gendarmerie.

Des manifestations de colère étaient en cours également dans les provinces, d'après les médias locaux: notamment à Thiès selon l'Agence de presse sénégalaise (APS, officielle), et à Kaolack (centre), Matam et Ourossogui (nord) selon la Télévision Futurs médias (TFM, privée).

"Marcher sur le Palais"

Le Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis politiques d'opposition et d'organisations de la société civile contestant la candidature du président Wade, a appelé samedi les Sénégalais à "marcher sur le palais" présidentiel pour l'en "déloger". Abdoul Aziz Diop, un des responsables du M23, a exhorté les Sénégalais "à se joindre au Mouvement pour organiser la reprise du territoire occupé par Abdoulaye Wade et ses sbires". "C'est la seule direction prise à partir de ce soir", a-t-il dit à l'issue d'une réunion de la direction du M23.

M. Wade a demandé à ses opposants d'arrêter "les manifestations d'humeur qui ne conduisent à rien", les accusant de contester la validité de sa candidature "sur des bases légères". Youssou Ndour a, lui, dénoncé un "coup de force" du président Wade, ajoutant: "Je suis candidat et je le reste", et précisant qu'il avait "48 heures pour un recours" contre la décision du Conseil.

Le rassemblement à partir de la mi-journée de milliers d'opposants sur la Place de l'Obélisque, à l'appel du M23, s'était déroulé sans incidents. Initialement interdit par le gouvernement, il avait finalement été toléré à la suite d'une "médiation" de l'Union européenne (UE).

La décision du Conseil constitutionnel sur la nouvelle candidature du président Wade, 85 ans, jugée anticonstitutionnelle par l'opposition, avait fait craindre de violentes réactions. Elu en 2000, réélu en 2007 pour cinq ans après une révision constitutionnelle en 2001 instituant un quinquennat renouvelable une fois, M. Wade se représente pour sept ans après le rétablissement du septennat en 2008, à la suite d'une nouvelle révision constitutionnelle.

Pour ses opposants, il se présente à un troisième mandat illégal, mais ses partisans affirment que le comptage doit se faire à partir de la première révision constitutionnelle de 2001 instituant le quinquennat et qu'il s'agit donc d'un second mandat conforme à la Constitution.

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