22/01/2012 à 16h:45 Par AFP
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Des habitants d’une ville du nord du Nigeria passent devant un bureau de police en feu. Des habitants d’une ville du nord du Nigeria passent devant un bureau de police en feu. © AFP

Goodluck Jonathan s'est rendu dans le nord du pays après les violences qui ont touchées les habitants.

 Le président du Nigeria Goodluck Jonathan est arrivé dimanche à Kano (nord) pour inspecter les sites d'attaques à la bombe qui ont visé le nord essentiellement musulman, selon un journaliste de l'AFP.

Il a visité le Quartier Général de la police deux jours après une série d'attaques qui ont en particulier visé la police et les forces de sécurité dans cette ville.

Auparavant il avait rencontré l'emir Ado Bayero, qui est le principal dirigeant musulman de la ville.

Au cours de cette réunion, le président Jonathan, un chrétien du sud du pays, a promis de renforcer la sécurité et a offert ses condoléances aux familles des personnes décédées.

"Une attaque terroriste contre une personne est une attaque contre nous tous", a-t-il dit.

A Tafawa Balewa, dans l'Etat de Bauchi (centre-nord), des assaillants ont lancé dimanche matin des grenades artisanales dans des maisons, surprenant les habitants endormis, selon un leader de l'ethnie Sayawa, la communauté chrétienne visée.

"Plusieurs personnes sont mortes dans ces explosions, d'autres ont été tuées à l'arme automatique alors qu'elles sortaient précipitamment. (...) Nous avons comptabilisé jusqu'à présent neuf tués et douze blessés", a expliqué ce responsable, qui a accusé des Haoussa-Fulani, une ethnie musulmane, d'avoir perpétré cette attaque.

La ville de Tafawa Balewa est située sur la ligne de partage entre le nord du Nigeria, majoritairement musulman et le sud chrétien. En 2011, des affrontements confessionnels y avaient fait au moins 35 morts, avec des mosquées et des habitations brûlées.

Goodluck Jonathan attendu dans le Nord

Ce nouvel incident visant des chrétiens intervient moins de 48 heures après une spectaculaire série d'attaques coordonnées à Kano, la deuxième ville du pays, revendiquées par le groupe islamiste Boko Haram et qui ont fait au moins 166 tués et plus de 50 blessés, selon une organisation de secours.

Dimanche matin, les autorités ne disposaient pas encore d'un bilan définitif, après une journée de samedi passée pour les services d'urgence à récupérer les cadavres qui jonchaient les rues pour les rassembler dans les morgues de la ville.

Les autorités, qui avaient décrété un couvre-feu total dans cette ville, ont assoupli la mesure dimanche, vu le "relatif retour au calme". Le couvre-feu sera désormais en vigueur de la nuit tombée au lever du jour.

Les rues de la ville restaient largement désertes dimanche matin, malgré cette levée partielle du couvre-feu. De nombreux policiers et militaires étaient déployés aux carrefours stratégiques et sur des barrages de contrôle installés sur les principales avenues.

Un porte-parole du groupe islamiste Boko Haram a revendiqué les attaques de Kano auprès d'un journal local, expliquant que le groupe avait agi en représailles après le refus du gouvernement de libérer plusieurs de ses membres actuellement emprisonnés.

Au moins huit sites dans la ville ont été visés par ces assauts "coordonnés", selon la police: des bureaux de la police et des services de l'immigration ainsi que la résidence d'un responsable de la police. Une vingtaine d'explosion ont également été entendues. Ce mode opératoire est relativement courant pour Boko Haram.
L'Union européenne, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France ont fermement condamné ces attaques.

Les attaques attribuées à Boko Haram, qui a notamment revendiqué des attentats meurtriers le jour de Noël ayant fait 49 morts, se sont multipliées ces dernières semaines dans le nord majoritairement musulman du pays, à la fois contre des chrétiens et les forces de l'ordre.

A la suite de ces violences, le président Jonathan avait décrété le 31 décembre l'état d'urgence en plusieurs régions de quatre Etats nordistes.

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