Extension Factory Builder
17/12/2011 à 16:50
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Rassemblement de Tunisiens dans le square Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2011. Rassemblement de Tunisiens dans le square Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2011. © AFP

Des milliers de Tunisiens dont le président Moncef Marzouki, se sont rassemblés samedi pour commémorer le premier anniversaire du soulèvement populaire déclenché le 17 décembre à Sidi Bouzid et couronné le 14 janvier par la chute du régime de Ben Ali.

Venus de plusieurs villes du pays, des Tunisiens se sont rassemblés dès l'aube, pour participer à cet anniversaire avec les habitants de Sidi Bouzid.

"Merci à cette terre, qui a été marginalisée durant des siècles, pour avoir rendu la dignité à tout le peuple tunisien", a lancé Moncef Marzouki, le président tunisien, en rejoignant le rassemblement dans le centre de la ville.

Cette ville, d'une région défavorisée du centre ouest, où le jeune Mohamed Bouazizi s'était immolé par le feu devant la préfecture pour protester contre la saisie musclée par la police de son étal de fruits et légumes qu'il vendait sans permis pour faire vivre les siens, avait été l'épicentre de la contestation.

Le geste de désespoir du jeune homme avait déclenché des manifestations à Sidi Bouzid avant de s'étendre à tout le pays qui avait connu un mois de soulèvement populaire sans précédent, chassant Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans de règne sans partage.

La révolution tunisienne a inspiré d'autres pays dans la région comme l'Egypte et la Libye qui ont réussi a faire tomber leurs présidents. Son écho continue de résonner dans tout le monde arabo-musulman.

"Rendre la joie de vivre"

Un monument commémoratif représentant le chariot de Bouazizi entouré de chaises vides en symbole des "dictateurs" arabes déchus, a été dévoilé sous les applaudissements d'une foule compacte.

"Notre rôle est de vous rendre la joie de vivre qui vous a été volée par les despotes. Sidi Bouzid doit être au même rang que les autres régions développées du pays", a martelé M. Marzouki.

Selon les organisateurs de cette commémoration, l'armée devrait tirer une salve de 17 coups de feu pour marquer l'évenement, retransmise en direct sur la télévision tunisienne.

Des drapeaux de la Tunisie, des portraits des "victimes de la révolution", ainsi qu'une photo géante de Bouazizi ornent le centre de Sidi Bouzid où des syndicalistes, des militants de droits de l'Homme tunisiens et arabes ainsi que des membres de l'Assemblée constituante ont pris le micro pour rendre hommage à tous les "martyrs" de la révolution.

Selon les chiffres officielles, les nombreuses manifestations réprimées dans le sang par la police de Ben Ali avaient fait au moins 300 morts.

"Je regarde autour de moi et je vois dans la foule beaucoup de jeunes qui avaient bravé les balles de la police de Ben Ali l'an dernier pour défendre des valeurs de liberté et de dignité", a déclaré à l'AFP Sabrine Ammari, une militante des droits de l'homme.

D'autres participants aux céeémonies ont dit leur fierté d'être les pionniers du "Printemps arabe" mais ils ont exprimé leur frustration que les promesses de la révolution tardent à se concrétiser.

"Rien n'a été réalisé jusqu'à présent, des emplois n'ont pas été créés et aucun développement économique et social n'a été enregistré. Les jeunes qui ont compris le geste de Bouazizi sont impatients", a déploré Moncef Dridi, un jeune chômeur de 28 ans.

La commmémoration du début de la révolution tunisienne intervient alors que le chef du gouvernement, l'islamiste Hamadi Jebali, se prépare à annoncer la liste du gouvernement dont les défis principaux sont la création d'emploi et le développement des régions de l'intérieur, longtemps négligées par l'ancien régime.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une institut[...]

Tunisie : fusillade dans la caserne de Bouchoucha à Tunis, sept militaires tués

Un soldat tunisien a ouvert le feu lundi matin sur d'autres soldats, dans la caserne de Bouchoucha, à Tunis. Au moins sept militaires ont été tués et d'autres blessés, selon le ministère[...]

Barack Obama à Béji Caïd Essebsi : "Les États-Unis croient en la Tunisie"

À l'ocassion de la réception de Béji Caïd Essebsi à la Maison blanche jeudi, le président amréicain Barack Obama a annoncé son intention d'accorder à la Tunisie le[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : doutes sur l'implication du suspect marocain arrêté en Italie

Un nouveau suspect a été appréhendé mercredi à Gaggiano, en Italie, dans le cadre de l'affaire de l’attentat du Bardo. Mais les premiers éléments laissent à penser[...]

Tunisie : contre la contrebande, l'électronique !

Habib Essid, le Premier ministre tunisien, et Slim Chaker, son ministre des Finances, ont donné carte blanche à Adel Ben Hassine, le directeur général des douanes fraîchement nommé,[...]

Les femmes africaines peinent à percer le plafond de verre

Éducation, travail, indépendance... Malgré de timides avancées, le statut des femmes n'a que peu progressé en Afrique, selon les participantes du 5e forum social d’Essaouira, au Maroc, du[...]

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi reçu par Barack Obama à la Maison blanche

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi sera reçu jeudi à Washington par son homologue américain Barack Obama. Cette deuxième rencontre entre les deux hommes à la Maison[...]

Comment Samir Tarhouni, l'ancien chef de la BAT, a empêché les Trabelsi de quitter la Tunisie en 2011

Samir Tarhouni, l'ancien patron de la brigade antiterrorisme (BAT) a été l'un des principaux protagonistes du départ de Ben Ali. Retour sur un épisode clé de l'histoire tunisienne[...]

Tunisie : voyage au coeur de la BAT, la brigade antiterrorisme

Devenue un symbole national depuis l'arrestation des Trabelsi, en 2011, la brigade antiterrorisme nous ouvre pour la première fois ses portes.[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : un suspect marocain arrêté en Italie

Un suspect marocain a été appréhendé mercredi dans le nord de l'Italie, pour complicité présumée dans l'attentat du Bardo. Le résultat d'une coopération avancée[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers