Extension Factory Builder
20/11/2011 à 17:03
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Photo provenant du February 17 website et diffusée le 19 novembre 2011 de Seif el-Islam Kaddafi. Photo provenant du February 17 website et diffusée le 19 novembre 2011 de Seif el-Islam Kaddafi. © DR/AFP

Les autorités libyennes ont annoncé dimanche qu'elles souhaitaient juger Seif el-Islam en Libye, malgré le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) qui soupçonne le fils de Mouammar Kadhafi, arrêté dans la nuit de vendredi à samedi, de crimes contre l'humanité.

Après le soulagement et la joie à l'annonce de l'arrestation, le sort de Seif el-Islam commençait à révéler des fissures entre la Libye et la communauté internationale, qui presse Tripoli de coopérer avec la CPI afin de garantir un "procès équitable".

Ce nouveau développement risque en tout cas de retarder l'annonce du nouveau gouvernement, qui était prévue ce dimanche. Le Premier ministre par intérim, Abdel Rahim al-Kib, a esquivé la question samedi soir.

"Procès équitable"

"Nous voulons que le procès de Seif el-Islam ait lieu en Libye car la justice locale est la règle et la justice internationale l'exception", a déclaré dimanche à l'AFP le ministre de la Justice au sein du Conseil national de transition (CNT), Mohammed al-Allagui.

"Nous avons les garanties nécessaires pour un procès équitable, en particulier après l'amendement d'une loi garantissant l'indépendance de la justice par rapport à l'exécutif", a-t-il assuré.

Longtemps présenté comme successeur potentiel de son père, Seif el-Islam fait depuis le 27 juin l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité. Il est soupçonné d'avoir joué un "rôle-clé dans la mise en oeuvre d'un plan" conçu par son père pour "réprimer par tous les moyens" le soulèvement populaire entamé mi-février.

Dès samedi, les appels se sont multipliés pour que les autorités libyennes coopèrent avec la CPI afin d'assurer un procès équitable à Seif el-Islam. Et des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch avaient appelé le CNT à livrer le prisonnier à la justice internationale.

La CPI a indiqué samedi soir que la Libye avait l'obligation de lui remettre Seif el-Islam, sans toutefois exclure la possibilité que le procès ait lieu dans son pays.

Dans l'immédiat, Seif el-Islam était toujours aux mains des anciens combattants rebelles de Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli.

Un traitement "selon les lois internationales"

"Pour le moment, il est chez nous à Zenten. Nous allons lui garantir le traitement réservé aux prisonniers, selon les lois internationales", a déclaré le chef du Conseil militaire de Zenten, Oussama Jouili, assurant que la décision de le maintenir sur place ou de le transférer "dans un autre lieu" serait prise par le nouveau gouvernement (en cours de formation).

"On doit attendre le nouveau gouvernement pour décider de son sort", a ajouté Ahmed Amer, l'un des combattants ayant participé à sa capture.

Les autorités libyennes tiennent surtout à éviter une répétition du scénario qui a conduit à la mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim, tous deux tués après avoir été capturés vivants le 20 octobre à Syrte (est).

Agé de 39 ans, Seif el-Islam a longtemps semblé vouloir moderniser son pays et normaliser les relations avec l'Occident. Mais dès le déclenchement de l'insurrection à la mi-février, il n'a eu de cesse de tenir un langage guerrier, tentant bec et ongles de sauver le régime de son père.

Les membres de la brigade qui l'a arrêté à 01H30 dans la nuit de vendredi à samedi dans la région de Wadi al-Ajal (sud-ouest de la Libye) ont raconté l'avoir pris en embuscade alors qu'il se trouvait avec cinq collaborateurs armés, dans un convoi de deux voitures.

"Il n'a pas vraiement eu peur"

Plusieurs ont dit avoir été surpris "par son calme et son courage". "Il n'a pas vraiment eu peur", a assuré M. Amer. "Il nous a demandé de lui tirer une balle dans la tête ou qu'on l'amène à Zenten", a raconté Al-Ajmi al-Atiri, le chef de la brigade.

Des images tournées avec une caméra par un combattant ex-rebelle l'ont montré descendant de l'avion dans une grande pagaille à son arrivée à Zenten. Il arborait une barbe poivre et sel, sans manifester d'émotion, et semblait en bonne santé, à l'exception de doigts bandés.

Selon des chefs militaires pro-CNT, il avait été blessé il y a un mois dans le bombardement de son convoi par l'Otan alors qu'il quittait Bani Walid peu avant la chute de ce bastion pro-Kadhafi au sud-est de Tripoli.

Seif el-Islam était le dernier des fils de Mouammar Kadhafi encore recherché. Trois de ses frères ont été tués pendant le conflit, tandis que les autres enfants de l'ancien dirigeant ont trouvé refuge en Algérie et au Niger.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

AUTRES

Nigeria : la soeur de la ministre du Pétrole enlevée par des hommes armés

Nigeria : la soeur de la ministre du Pétrole enlevée par des hommes armés

La sœur de la ministre du pétrole du Nigeria a été enlevée par des hommes armés dans la plaque tournante pétrolière de Port-Harcourt, dans le Delta du Niger, au sud du pays.[...]

Qui est vraiment Filipe Nyusi, le prochain président du Mozambique ?

D'après les décomptes finaux des votes publiés hier, jeudi 23 octobre, Filipe Jacinto Nyusi, le candidat du Frelimo, remporterait dès le premier tour la présidentielle du 15 octobre au Mozambi[...]

Ebola - Football : que faire de la CAN 2015 ? Les professionnels répondent

Alors que le sort de la CAN 2015 se jouera début novembre, "Jeune Afrique" a demandé aux internautes s’ils souhaitaient que la compétition se dispute au Maroc aux dates prévues, qu&rs[...]

France : les ressortissants tunisiens de France votent pour les législatives

Les ressortissants tunisiens de France se sont présentés aux urnes vendredi afin d’élire dix députés de l’Assemblée du peuple à l’occasion des élections l[...]

Égypte : dans le Sinaï, un attentat fait de nombreuses victimes parmi les militaires

Un attentat à la voiture piégée a tué au moins 25 soldats égyptiens et blessé une vingtaine de personnes vendredi. Il visait un barrage de l'armée dans le nord de la péninsul[...]

Banque mondiale : Makhtar Diop reprend son poste de vice-président Afrique

 Écarté de son poste de vice-président Afrique de la Banque mondiale début octobre, l'économiste sénégalais, à qui l'on prêtait l'intention de briguer la pré[...]

Réfugiés africains pour audimat européen

Dans un camp de réfugiés du Darfour, la chaîne Arte tourne un documentaire bimédia "à jouer". Instrumentalisation de la détresse pour une courbe d’audience ? Ou salutai[...]

Israël : l'armée arrête un enfant palestinien handicapé mental de onze ans

Cela risque de ne pas arranger l'image de l'armée israélienne. Mise en ligne le 20 octobre par une organisation de défense des droits de l'homme, une vidéo montre ses soldats arrêter, ligoter et[...]

Ligue des champions : Lusadisu (AS Vita Club) et Zerara (ES Sétif), l'interview croisée

Les milieux de terrain Guy Lusadisu - qui a remporté deux fois le trophée avec le TP Mazembe - et Toufik Zerara sont deux des hommes forts de l’AS Vita Club et de l’ES Sétif, qui s’affro[...]

Malick Ndiaye, le gourou à six cordes

À la tête du label ThinkZik ! depuis quinze ans, le mystérieux et exigeant producteur d'Imany et de Faada Freddy attend plus de la musique africaine.[...]

Ebola : des possibles tests de vaccins dès décembre en Afrique, selon l'OMS

Des tests de vaccins anti-Ebola pourraient être menés dès décembre, selon une annonce de l'Organisation mondiale de la Santé, vendredi.[...]

Art contemporain : rififi autour du prix Orisha

Décerné le 2 octobre à Paris au Béninois Kifouli Dossou, le premier prix Orisha pour l'art contemporain africain a suscité l'agacement de plusieurs artistes et commissaires.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers