24/09/2011 à 10h:18 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 23 juillet 2011 à Dakar. Le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 23 juillet 2011 à Dakar. © AFP

Le Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile au Sénégal, a donné vendredi au président Abdoulaye Wade jusqu'à fin octobre pour renoncer à briguer à un nouveau mandat en 2012, lors d'un meeting à Dakar.

"Nous réaffirmons notre opposition à un troisième mandat d'Abdoulaye Wade" et "nous lui donnons jusqu'à fin octobre pour renoncer à sa candidature" à la présidentielle de l'an prochain, a déclaré le porte-parole du mouvement, Alioune Tine, devant plusieurs centaines de personnes rassemblées Place de l'Obélisque.

"Nous lui donnons jusqu'à la Tabaski", fête musulmane de l'Aïd el-Kébir qui sera célébrée fin octobre ou début novembre, "pour qu'il renonce à sa décision" de se porter candidat, a-t-il dit.

Interrogé par l'AFP sur le délai choisi pour l'ultimatum, M. Tine a affirmé: "L'objectif est de faire en sorte que sa candidature ne soit même pas déposée".

Selon les dispositions légales au Sénégal, le Conseil constitutionnel doit publier fin janvier 2012 la liste des candidats autorisés au scrutin présidentiel, dont le premier tour est prévu le 26 février 2012.

"Ce seront des manifestations tous les jours"

"Plus nous allons approcher de la date" de dépôt des dossiers des candidats à la présidentielle, "plus nous allons assister à de fortes tensions. Donc, mieux vaut que la décision de retrait de la candidature (de Wade) soit prise tôt, avant la Tabaski", a poursuivi Alioune Tine.

"Le peuple vient de fixer à Wade un ultimatum. On attend jusqu'à la Tabaski", et s'il ne renonçait pas, "ce seront des manifestations tous les jours, tous les jours, jusqu'à son départ, comme pour (Zine el Abidine) Ben Ali", président tunisien chassé du pouvoir en janvier suite à un soulèvement populaire, a de son côté affirmé à l'AFP Haïdar el Ali, leader d'un parti écologiste et autre responsable du M23.

Durant le meeting, les manifestants ont scandé des slogans hostiles à la candidature de Wade, 85 ans, élu une première fois en 2000 pour sept ans, puis réélu en 2007 pour cinq ans après une modification de la Constitution instituant un quinquennat renouvelable une fois. M. Wade a annoncé en 2009 qu'il se représenterait en 2012, après avoir dit le contraire après sa réélection de 2007.

Sa candidature est soutenue par ses partisans, selon qui il peut se représenter, tandis qu'elle est contestée par des opposants et une partie de la société civile et de l'opinion sénégalaises, arguant qu'il doit céder le fauteuil après deux mandats présidentiels consécutifs maximum.

"Qu'il parte, parte, parte", pouvait-on entendre dans la foule levant le poing ou faisant le geste d'une personne qu'on chasse, en référence au président. Sur des pancartes ou banderoles, on pouvait notamment lire: "SMS à Wade: Mame, bayi jotna ("Papy, l'heure du départ a sonné")", "Wade, yemal, dégage!" ou encore "ALERTE - Non à la candidature de Wade".

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Sénégal

Photographie : résistances sénégalaises

Photographie : résistances sénégalaises

Une exposition et un livre reviennent sur les mouvements de révolte qui ont marqué la campagne présidentielle.[...]

État-Unis - Sénégal : les éloges de Carson à... Wade

Barack Obama avait promis en 2008 de soutenir la démocratie partout en Afrique. Abdoulaye Wade ayant accepté le verdict des urnes, Johnnie Carson chargé des affaires africaines au côté d'Hillary[...]

Sénégal - Automobile : les concessionnaires ont le blues

Le président sénégalais Macky Sall a assoupli les restrictions à l'importation de véhicules d'occasion. Une mauvaise nouvelle pour la profession alors que le marché du neuf peine à[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Sénégal : des désirs à la réalité économique

Le nouveau gouvernement de Macky Sall pourra-t-il tenir ses engagements socio-économiques ? En avril déjà, Amadou Kane, le ministre de l'Économie, avait qualifié l'état des finances[...]

Sénégal : Abdoulaye Wade, un petit tour et puis revient... aux législatives

La retraite, très peu pour lui. Abdoulaye Wade a vite reconnu sa défaite à la présidentielle, mais le voici bien décidé à mener la bataille des législatives[...]

France-Afrique : Hollande et nous

Le nouveau président français François Hollande connaît très mal le continent. Va-t-il y mener une autre politique que son prédécesseur ? Pas fondamentalement. Un changement de style[...]

Guinée-Bissau : petit pays, grandes manoeuvres

La Cedeao, Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, goûtait peu la percée angolaise dans la région. Elle pourrait finir par s'accommoder du putsch du 12 avril  en[...]

Sénégal : Jules Bocandé, le Lion est mort

Au Sénégal, c'est un hommage national qui a été rendu, les 15 et 16 mai, à Jules Bocandé, ancienne star du football africain.[...]

France - Afrique : le PS ne manque pas d'amis !

Il y a ceux qui avaient fait le déplacement à Paris et ceux qui ont envoyé leurs félicitations depuis le continent. Par les canaux officiels, ou pas, la classe politique africaine n'a pas manqué[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers