Extension Factory Builder
10/09/2011 à 10:15
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des combattans du CNT libyen, le 9 septembre 2011 lors d'un rassemblement à Tripoli. Des combattans du CNT libyen, le 9 septembre 2011 lors d'un rassemblement à Tripoli. © AFP

De violents affrontements ont eu lieu vendredi à Bani Walid et près de Syrte en Libye, à quelques heures de l'expiration d'un ultimatum lancé aux derniers bastions pro-Kadhafi pour se rendre ou faire face à une offensive des forces du nouveau régime.

Alors que l'ancien dirigeant en fuite Mouammar Kadhafi, fait l'objet d'un avis de recherche international après la diffusion d'une "notice rouge" par Interpol, les nouvelles autorités libyennes ont donné à ses troupes jusqu'à samedi pour déposer les armes.

Les bastions concernés sont notamment ceux de Syrte (360 km à l'est de Tripoli), Bani Walid (170 km au sud-est de Tripoli) et Sebha (centre). Des négociations qui durent depuis plusieurs jours pour une reddition pacifique des pro-Kadhafi n'ont toujours pas progressé.

"Jusqu'à présent, les négociations n'ont pas produit de résultat et une action militaire serait imminente en cas d'échec des discussions", a dit à l'AFP le commandant Salem Jeha, un influent membre du conseil militaire du Conseil national de transition (CNT), issu de la rébellion, à Misrata.

Mais à Bani Walid, les combattants n'ont pas attendu la fin de l'ultimatum qui expire aux premières heures de samedi selon des commandants militaires sur place.

"Des cellules dormantes des révolutionnaires sont entrées en action et des combats ont lieu dans les rues de la ville", a déclaré Abdallah Kenchil, chef des négociations du côté CNT, précisant que les forces du CNT à l'extérieur étaient à 1 km de la ville.

"Combats acharnés"

Ces combats ne constituent pas "une offensive générale sur Bani Walid. Nos forces ne font que tenter de faire taire la source des attaques à la roquette qui nous visent et de mettre hors jeu les snipers", a-t-il expliqué aux journalistes postés à une vingtaine de kilomètres de Bani Walid.

Quelques heures plus tôt, le commandant Abdallah al-Khzami, revenant du front, avait évoqué "des combats acharnés" tout près de Bani Walid, alors que des convois transportant des munitions, des armes et des hommes armés sont passés en nombre en direction de la ville.

Dans la Vallée rouge, ligne de défense essentielle à une soixantaine de kilomètres à l'est de Syrte prise jeudi par les pro-CNT après des combats meurtriers, des pro-Kadhafi ont contre-attaqué, selon un journaliste de l'AFP.

Abrités derrière deux bâtiments, les pro-CNT ont résisté toute la journée à des tirs de roquettes et d'obus de mortier, avant de reprendre l'offensive en pilonnant les positions pro-Kadhafi au canon 106 mm, sans pour autant parvenir à soulager la pression des tirs des pro-Kadhafi.

Selon le commandant Selim Nabouss, cette contre-attaque venait "en représailles après l'avancée rebelle au cours de laquelle les forces loyales ont perdu 25 hommes".

Les combattants pro-CNT ont annoncé avoir perdu vendredi deux des leurs dans la Vallée rouge et un près de Bani Walid.

Mais pour Moustafa Al-Samou, commandant des opérations au sud de Misrata (est de Tripoli), le principal objectif est l'immense oasis de Djofra, qui abrite trois villes (Houn, Sokra et Waddan) et "280 gros dépôts d'armes et de munitions" à 300 km au sud de Misrata.

Des milliers de combattants pro-CNT -entre 12.000 et 18.000 selon les sources- sont d'ailleurs rassemblés à Misrata, bien armés et bien équipés, en vue de combats aussi bien dans le désert au sud que sur la côte en direction de Syrte.

Outre la chute des dernières poches de résistance, les nouvelles autorités espèrent aussi mettre rapidement la main sur Mouammar Kadhafi, qui semble n'avoir désormais que deux options: se cacher dans l'immense désert libyen ou fuir vers un pays voisin.

Le Niger respectera ses engagements

Interpol a diffusé une "notice rouge" pour demander à ses 188 pays membres d'arrêter le colonel Kadhafi, son fils Seif Al-Islam et son beau-frère Abdallah Al-Senoussi, tous trois recherchés par la Cour pénale internationale sur des soupçons de crimes contre l'humanité.

Cette notice "va restreindre significativement les possibilités pour ces trois hommes de franchir les frontières et sera un outil important pour aider à leur localisation et à leur capture", a assuré Ronald K. Noble, le secrétaire général d'Interpol.

La Libye a des frontières terrestres avec la Tunisie et l'Agérie à l'ouest, le Niger et le Tchad au sud, et l'Egypte et le Soudan à l'est.

Le Niger, où plusieurs proches de M. Kadhafi se sont réfugiés mais qui dément avoir accueillir le dirigeant en fuite lui-même, a assuré qu'il respecterait ses engagements vis-à-vis des tribunaux internationaux concernant des pro-Kadhafi recherchés et présents sur son sol.

Le "ministre" de la justice au CNT, Mohammed al-Allagy, a affirmé que la Libye demanderait l'extradition des responsables du régime qui ont fui au Niger. Trois nouveaux généraux libyens proches de M. Kadhafi sont d'ailleurs arrivés jeudi soir à Agadez, dans le nord du Niger.

Enfin, le Conseil de sécurité de l'ONU s'apprête à voter la semaine prochaine sur une résolution prévoyant l'envoi d'une mission de trois mois en Libye destinée à aider les autorités transitoires à organiser des élections et à rédiger une constitution, ainsi que l'allègement de certaines sanctions.

Vendredi, le président des Etats-Unis Barack Obama a accepté les lettres de créance du nouvel ambassadeur de Libye à Washington, le premier depuis la chute du dirigeant Mouammar Kadhafi et la conquête de Tripoli par la rébellion, a annoncé la Maison Blanche.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Libye

France : Claude Guéant placé en garde à vue dans l'enquête sur le financement libyen de Sarkozy

France : Claude Guéant placé en garde à vue dans l'enquête sur le financement libyen de Sarkozy

Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur et fidèle lieutenant de Nicolas Sarkozy, a été placé en garde à vue vendredi matin dans l'enquête sur les accusations de finance[...]

Les jihadistes tunisiens de Libye sur le pied de guerre

Sous les ordres d'Abou Iyadh, plusieurs milliers de Tunisiens s'entraînent en Libye. Avec pour but de mener prochainement des actions dans leur pays natal.[...]

L'Italie enregistre un nombre record de migrants clandestins venus d'Afrique par la mer

Le nombre de migrants clandestins qui ont traversé la Méditerranée entre l’Afrique et l’Italie a explosé au début de l'année 2015 : une hausse de 43 % par rapport à[...]

Libye : des islamistes armés s'emparent de deux champs pétrolifères

Des islamistes radicaux se sont emparés mardi des deux champs pétrolifères d'Al-Bahi et Al-Mabrouk, situés dans le centre du pays. Ils menacent désormais celui d'Al-Dahra.[...]

Reprise jeudi au Maroc du dialogue pour une sortie de crise en Libye

Après l'annulation d'une réunion la semaine dernière, un nouveau round de dialogue entre les deux parlements rivaux en Libye, celui reconnu par la communauté internationale et le Congrès[...]

Libye : le général Khalifa Haftar nommé commandant général de l'armée

Le général Khalifa Haftar a été nommé à la tête de l'armée libyenne, a annoncé lundi le président du Parlement reconnu par la communauté internationale,[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Attention : dangers

J'ai la curieuse et désagréable impression que notre pauvre monde ressemble en ce moment à un avion sans pilote, alors qu'il est entré dans une zone de turbulences. Comment ne pas en être[...]

Libye : qui arrêtera Daesh ?

D'un côté, un pays déchiré par les milices, squatté par l'État islamique et sur lequel prétendent régner deux gouvernements. De l'autre, des voisins africains et des[...]

Libye : suspension du dialogue pour une sortie de crise

Le Parlement libyen siégeant à Tobrouk (Est), reconnu par la communauté internationale, a décidé lundi de suspendre sa participation au dialogue sur une sortie de crise parrainé par[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20110910095030 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20110910095030 from 172.16.0.100