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27/08/2011 à 10h:59
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Les présidents Yoweri Museveni (C), Jacob Zuma (D) et Ismal Omar Guelleh. Les présidents Yoweri Museveni (C), Jacob Zuma (D) et Ismal Omar Guelleh. © Simon Maina/AFP

L'Union africaine a refusé vendredi de reconnaître la légitimité du Conseil national de transition en Libye, jugeant la situation militaire encore trop instable, et réitérant à la place ses appels au dialogue, pourtant restés sans réponse depuis le début du conflit.

"Le CNT est en train de prendre (le contrôle de) Tripoli et ils disent qu'ils ont conquis la ville, mais il y a encore des combats", a relevé le président sud-africain Jacob Zuma.

"Donc nous ne pouvons pas dire que c'est la force qui est légitime maintenant", a poursuivi M. Zuma, s'exprimant au nom de l'UA à l'issue d'un mini-sommet de cette organisation à son siège d'Addis Abeba.

Gouvernement de transition

Sans jamais mentionner explicitement le CNT dans son communiqué final, ni d'ailleurs le régime déchu de Mouammar Kadhafi, l'UA a appelé à la formation d'un "gouvernement de transition incluant toutes les parties, qui serait le bienvenu pour occuper un siège à l'Union africaine".

Une façon de signifier que le CNT ne pouvait prétendre à ce siège. "Le siège de la Libye à l'Union africaine est actuellement vacant. Si un gouvernement consensuel et inclusif voit le jour demain et qu'il propose un ambassadeur auprès de l'UA, ce dernier sera le bienvenu", a commenté auprès de l'AFP le porte-parole de la Commission, Noureddine Mezni.

Plusieurs diplomates interrogés par l'AFP ont estimé que la Libye était de facto suspendue de l'Union africaine, soulignant toutefois que le Conseil de paix et de sécurité de l'UA n'avait pas, contrairement à l'usage, officialisé cette suspension.

L'UA en porte-à-faux

Les responsables de l'UA ont refusé de préciser si des partisans du colonel Kadhafi pourraient participer au gouvernement d'union qu'ils appellent de leurs voeux. "Nous n'avons décrit aucune des parties, il y a beaucoup de parties impliquées dans le conflit", a fait valoir M. Zuma.

L'UA se retrouve en tout cas en porte-à-faux avec une partie de ses membres, car au moins une dizaine de pays africains, sur un total de 54, ont reconnu le CNT, parmi lesquels l'Ethiopie, le Burkina Faso, le Tchad, le Nigeria, le Sénégal, la Gambie, la Côte d'Ivoire et le Rwanda.

M. Zuma a estimé que ces pays avaient agi à titre individuel, et que "l'UA était unie sur la position" arrêtée vendredi.

Toutefois, pour l'ambassadeur de Libye en Ethiopie, Ali Awdian, interrogé par l'AFP, "ce n'est qu'une question de temps" avant que l'UA reconnaisse le CNT. "Ils reconnaissent que le régime de Kadhafi est terminé. Ils ne l'ont pas mentionné aujourd'hui car ils savent qu'il est terminé", a poursuivi M. Awdian, qui a lui-même récemment fait allégeance au CNT.

L'UA a tenté en vain tout au long du conflit libyen d'engager une médiation entre les rebelles du CNT et le régime de Mouammar Kadhafi, ce que les premiers ont rejeté en posant comme préalable le départ du "guide" de la révolution libyenne.

Les rebelles n'ont pas caché leur suspicion quant à la neutralité de l'UA, traditionnellement proche du colonel Kadhafi, un des promoteurs les plus acharnés de l'unité africaine, et plus prosaïquement un des principaux contributeurs au budget de l'organisation continentale, en plus de faire profiter de ses largesses nombre de régimes africains.

De leur côté, les responsables de l'UA estiment que leurs efforts de paix en Libye ont été sabotés par l'intervention militaire de l'Otan contre le régime Kadhafi, menée selon eux au prix d'une distorsion du mandat initial de l'Onu visant à protéger les populations civiles.

"Pour des raisons multiples, nos efforts n'ont pas abouti aux résultats escomptés", a reconnu le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, en ouvrant vendredi les débats du Conseil de paix et de sécurité de l'organisation.

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