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02/07/2011 à 10:53
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Dans un bureau de vote de Casablanca, le 1er juillet. Dans un bureau de vote de Casablanca, le 1er juillet. © Reuters

Les Marocains ont voté vendredi à une écrasante majorité pour le "oui" au référendum sur le projet de révision constitutionnelle, selon les résultats quasi définitifs communiqués dans la nuit par le ministère de l'Intérieur.

Plus de 98% des électeurs ont voté pour le "oui" dans 94% des bureaux de vote, a déclaré le ministre de l'Intérieur marocain Taib Cherkaoui. Ce dernier a également indiqué que le taux de participation a atteint 72,65% dans les 94% des bureaux de vote où le dépouillement a eu lieu.

Ce référendum, le premier du règne du roi Mohammed VI qui a accédé au pouvoir en 1999, renforce les pouvoirs du Premier ministre et du parlement tout en préservant le prééminence politique et religieuse du monarque.

"Climat serein"

L'issue positive de scrutin était considérée par les observateurs comme "acquise".

Ouvert à plus de 13 millions de Marocains, le scrutin s'est déroulé jusqu'au soir dans les 40.000 bureaux mis en place, y compris au Sahara occidental.

M. Cherkaoui, a jugé que "le référendum s'est déroulé dans un climat serein qui a montré le degré d'interaction entre le peuple et le contenu du projet de constitution".

"Les jeunes de moins de 35 ans représentent 30% des votants", a-t-il ajouté.

"Résultat ridicule"

Le Mouvement des jeunes contestataires du 20 février, qui revendique plus de 62.000 membres et qui avait appelé au boycott, a contesté ce résultat.

"C'est un référendum illégal car il a été marqué par des violations massives du principe démocratique. Les autorités ont profité des conditions sociales des gens et les ont forcés à aller voter pour le "oui"", a déclaré à l'AFP Najib Chaouki, un membre du Mouvement du 20 février.

"Le Mouvement va manifester pacifiquement dimanche pour protester contre ce résultat ridicule", a-t-il ajouté.

"Je suis venue spontanément, sans aucune contrainte, pour dire "oui" à l'appel du roi", a déclaré fièrement Halima Zaidi qui s'est rendue vendredi au bureau de vote de Sidi Moumen, un fief islamiste de Casablanca..

C'est de ce quartier pauvre de la ville qu'étaient issus les kamikazes qui ont perpétré le 16 mai 2003 un attentat provoquant la mort de 47 personnes.

"Je préfère ne pas dire si j'ai voté pour ou contre cette constitution", a expliqué une femme voilée à la sortie d'un autre bureau de vote du quartier. "J'ai voté selon ma conscience. L'essentiel c'est que j'ai voté".

Les opérations de vote se sont tenues sous la surveillance de 136 observateurs marocains appartenant à la société civile et placés sous la supervision du Conseil national des droits de l'homme (CNDH, officiel), a indiqué à l'AFP un responsable du ministère de la communication.

A Paris, des centaines de Marocains votaient au consulat, les bureaux de vote étant ouverts jusqu'à dimanche soir à l'étranger. "Quand il y a un changement qui tient la route, la moindre des choses c'est de prendre la peine de voter", a estimé Mounir, 26 ans, consultant dans une banque.

Les médias publics, la majorité des journaux, les principaux partis politiques, les grands syndicats et les mosquées du royaume ont invité à voter "oui" lors d'une courte campagne de 10 jours.

Le projet de Constitution vise à "consolider les piliers d'une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale", avait déclaré Mohammed VI dans un discours adressé à la nation le 17 juin.

Le Premier ministre, issu du parti vainqueur aux élections, aura la possibilité de dissoudre la chambre des représentants, ce qui était du seul attribut du roi avant le projet de réformes, prévoit notamment le texte.

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