13/03/2011 à 16h:07 Par AFP
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Un manifestant marocain arrêté à Casablanca le 13 mars 2011. Un manifestant marocain arrêté à Casablanca le 13 mars 2011. © AFP

Des dizaines de personnes ont été blessées, certaines grièvement, dimanche à Casablanca, dans la répression par la police marocaine d'une manifestation pour des réformes, quelques jours après la promesse de changements démocratiques, ont rapporté des témoins. Un responsable de la sécurité a affirmé de son côté qu'une dizaine de personnes seulement avaient été blessées, légèrement pour la plupart.

Après la dispersion par la force d'un rassemblement pacifique pour revendiquer des réformes politiques, des dizaines de manifestants, la plupart islamistes, s'étaient réfugiés à l'intérieur du siège du Parti socialiste unifié (PSU). "L'assaut contre les manifestants a été donné vers 14H00 (locales et GMT). La police n'a pas pu accéder à l'intérieur du siège à cause notamment de la résistance des manifestants, qui ont été tabassés", a déclaré à l'AFP Abderrahim Tafnoute, un dirigeant de ce parti d'opposition de gauche.

"Une jeune-fille enceinte tabassée"

Des témoins, parmi lesquels plusieurs journalistes dont un correspondant de l'AFP, ont vu des dizaines de personnes blessées, certaines grièvement. "Les blessés, une trentaine, dont une dizaine grièvement, ont été transportés à l'hôpital. Si la plupart avaient reçu des coups à la tête, d'autres avaient plutôt des blessures assez légères", a dit M. Tafnoute, également journaliste à la chaîne publique 2M. "J'ai vu une femme enceinte et des jeunes filles sauvagement tabassées par la police. C'était d'une rare violence", a ajouté Hassan Hamdani, de l'hebdomadaire indépendant Tel Quel.

Ces violences sont survenues alors que le roi Mohammed VI a annoncé mercredi d'importantes réformes démocratiques allant notamment vers un renforcement des pouvoirs du Premier ministre et l'"élargissement des libertés individuelles". Le souverain prononçait son premier discours à la nation depuis les manifestations du 20 février au Maroc pour plus de démocratie et moins de corruption, dans le contexte de la contestation qui secoue le monde arabe. Avant l'assaut, des gradés de la police avaient lancé des appels par haut-parleurs pour demander aux manifestants de quitter le siège du parti et de cesser de crier des slogans demandant des réformes politiques "profondes".

Une source sécuritaire à Casablanca a indiqué à l'AFP que la plupart des manifestants étaient des islamistes qui s'étaient attroupés sans autorisation préalable. "Il y avait une dizaine de blessés, certes, mais leurs blessures sont pour la plupart très légères. A l'heure où je vous parle, aucun blessé n'est à l'hôpital", a ajouté la même source. "On s'apprêtait à publier un communiqué très favorable au discours royal de mercredi quand les forces de l'ordre ont tenté de forcer le siège", a déclaré à l'AFP Mohamed Bouaziz, historien et l'un des dirigeants du PSU.

"Faute politique grave"

"C'est le préfet de Casablanca qui a donné l'ordre. Je considère cet acte comme une faute politique grave et un acte dirigé d'abord contre Sa Majesté, qui a promis un renforcement des libertés individuelles", a ajouté M. Bouaziz. Un journaliste ayant requis l'anonymat a souligné que "la plupart des manifestants étaient des militants du mouvement Justice et bienfaisance qui se sont réfugiés au siège du PSU". Interdit mais toléré, Justice et bienfaisance est l'un des plus importants mouvements du Maroc.

Avant les incidents au siège du PS, une centaine de personnes réclamant des réformes avaient été empêchées de se rassembler et dispersées par les forces de l'ordre. Des témoins avaient alors fait état de premiers blessés: une dizaine de manifestants et quatre policiers.

La presse marocaine a salué vendredi les réformes promises par le roi, les qualifiant d'"historiques", tout en s'interrogeant sur l'avenir de certains proches du souverain. L'annonce a aussi été bien accueillie à l'étranger, par les États-Unis et l'Union européenne notamment.

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