Extension Factory Builder
23/01/2011 à 12:01
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des personnes consultent les listes électorales, le 21 janvier 2011 à Bangui. Des personnes consultent les listes électorales, le 21 janvier 2011 à Bangui. © AFP

Les Centrafricains votent ce dimanche pour élire leur président de la République et leurs députés. L'opposition dénonce déjà des irrégularités.

Plus de 1,8 million de Centrafricains ont commencé à voter dimanche 23 janvier pour des élections présidentielle et législatives dont le principal enjeu est de construire la paix dans un pays miné par les conflits, alors que l'opposition met déjà en doute la régularité du scrutin.

Le chef de l'État sortant est François Bozizé donné favori de la présidentielle. Élu en 2005 il était arrivé au pouvoir deux ans plus tôt par un coup d'État dans ce pays rendu économiquement exsangue par de multiples rébellions, mutineries militaires et putsch avortés ou réussis. Certains mouvements rebelles sont toujours actifs, des attaques meurtrières se sont produites ces derniers mois dans le Nord.

Face à M. Bozizé, quatre autres candidats sont en lice. Les principaux sont son prédécesseur de 1993 à 2003 Ange-Félix Patassé, qu'il a renversé, l'ex-Premier ministre (2001-2003) Martin Ziguélé, ancien assureur réputé bon gestionnaire, et Jean-Jacques Demafouth, ancien ministre de la Défense et chef d'une des principales ex-rébellions.

Liste électorale, urnes, encre, bougies...

Les opérations de vote, qui devaient débuter à 06h00 locales (05h00 GMT), ont commencé avec du retard dans la plupart des bureaux de vote de Bangui et du pays, selon différents témoins et médias contactés par l'AFP. Dans la capitale, des files d'électeurs étaient visibles dans différents lieux de vote surveillés par l'armée.

Parmi le matériel, strictement le même, attribué à chaque bureau : la liste électorale, les bulletins présidentiels et législatifs, deux urnes, des tampons, de l'encre mais aussi huit bougies et une boîte d'allumettes « pour le cas où nous n'aurions pas terminé » à la tombée de la nuit, selon Michel Engalifeïssé, président du bureau N°2 de l'école dans le 4e arrondissement (nord).

« J'espère que ces élections apporteront la paix », a affirmé à l'AFP Rodrigue Koussidanga, 36 ans, ouvrier.

« Je suis un 'chercher-à-manger'. Tous les jours, même le dimanche, on doit travailler, alors je suis venu voter tôt car après, il faut que je trouve de quoi nourrir la famille », a dit Gervain Koufeu, 26 ans, vendeur ambulant de boissons, marié et père de deux enfants affirmant gagner quotidiennement entre 6 000 et 15 000 FCFA (entre 9 et 18 euros).

« J'attends des élections l'évolution du pays. Je veux du travail. Pour ça, il faut la paix et la sécurité », a-t-il ajouté.

Déstabilisation du pays

Quelque 1 500 observateurs nationaux et internationaux supervisent le double scrutin. Le vote doit se dérouler jusqu'à 16h00 (15h00 GMT) mais les bureaux pourraient fermer plus tard. Les résultats provisoires devraient être connus dans les huit jours et la Cour constitutionnelle a 15 jours pour les valider ou non.

L'opposition dénonce depuis plusieurs jours des irrégularités, notamment la circulation de fausses cartes d'électeurs et l'affichage tardif des listes électorales. Le travail et la neutralité de la commission électorale indépendante ont aussi été critiqués.

Cephas Germain Ewangui, chef de la mission des observateurs de la Communauté économique des Éats d'Afrique centrale (CEEAC), a estimé que d'éventuelles « contestations », mal gérées, « peuvent créer des conditions de déstabilisation du pays ».

L'instabilité a empêché le pays, pourtant riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or), de se développer. En 2008, le pays a amorcé un grand dialogue national rassemblant pouvoir, opposition et rébellions. Ces élections, si elles sont justes et transparentes, sont l'aboutissement du processus, selon de nombreux observateurs.

Vendredi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à des élections « crédibles » et au respect de leurs résultats « par tous les candidats ».

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Le dilemme du RCD

Article pr�c�dent :
Une "caravane de la libération" est entrée dans Tunis

Centrafrique

CPI : Fatou Bensouda et les impatiences centrafricaines

CPI : Fatou Bensouda et les impatiences centrafricaines

Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI), demande à Bangui un peu de patience avant de pouvoir présenter des dossiers solides sur les exactions commises en Centrafrique.[...]

Centrafrique : Sant'Egidio s'implique dans la résolution de la crise

Quatre anciens Premiers ministres et plusieurs futurs candidats à l'élection présidentielle en Centrafrique ont lancé vendredi à Rome un appel au peuple centrafricain et à la[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Centrafrique : Bozizé et Djotodia s'apprêtent à rentrer dans le rang de la transition

Michel Djotodia et François Bozizé s'apprêtent à signer, mercredi ou jeudi, une déclaration commune dans laquelle les deux anciens présidents centrafricains assurent s'inscrire dans le[...]

Cartographie - Centrafrique : le difficile redéploiement de l'administration

Alors que les élections présidentielle et législatives sont censées se tenir avant août, l’administration se redéploie difficilement en Centrafrique. Les détails,[...]

L'Afrique centrale apporte son soutien à la lutte régionale contre Boko Haram

Les chefs d’État de la CEEAC se sont réunis lundi à Yaoundé, au Cameroun, pour élaborer une stratégie commune destinée à "éradiquer" Boko Haram. Ils[...]

Centrafrique : deux morts dans des violences intercommunautaires à Bangui

Deux personnes de confession musulmane ont été tuées lors de violences intercommunautaires à Bangui où régnait dimanche une vive tension dans certains quartiers, a-t-on appris de source[...]

Centrafrique : l'immunité diplomatique du ministre Romaric Vomitiadé, accusé de viol, est levée

La présidente Catherine Samba Panza a levé vendredi l'immunité diplomatique du ministre centrafricain du Tourisme, Romaric Vomitiadé. Celui-ci est accusé d'avoir violé une jeune fille de[...]

Centrafrique : le ministre des Sports, Armel Sayo, libéré après 16 jours de captivité

Le ministre centrafricain de la Jeunesse et des Sports, l'ex-chef rebelle Armel Ningatoloum Sayo, a été libéré dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 février. Il avait été[...]

Centrafrique : les forces internationales chassent l'ex-Séléka des bâtiments officiels de Bria

Selon un communiqué de la Minusca, des combats ont opposé mardi matin les forces internationales à des combattants de l'ex-rébellion de la Séléka, dans le centre-est de la Centrafrique.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20110123114106 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20110123114106 from 172.16.0.100