Après plusieurs jours de protestations et d'échauffourées qui ont fait une dizaine de morts, la vie reprend son cours à Maputo. Mais, conséquence de cette mobilisation contre la vie chère, l'économie tourne désormais au ralenti.
L'activité reprenait samedi 4 septembre à Maputo, en dépit de pénuries d'essence et d'argent liquide, conséquences d'une économie paralysée par trois jours de violentes protestations contre la vie chère, au cours desquelles dix personnes ont été tuées.
La foule abondait dans le centre ville où les magasins avaient rouvert, contournant les débris de barricades repoussés sur les trottoirs, et quelques véhicules calcinés. La police en équipement anti-émeute patrouillait les rues. Les automobilistes cherchaient désespérément du carburant mais les stations service n'offraient souvent plus que du diesel, faute d'approvisionnement depuis que les émeutes ont éclaté. Devant les distributeurs de billets, les files d'attente s'allongeaient dans l'espoir de retirer un peu d'argent avant l'assèchement complet des liquidités disponibles.
Tout mouvement dans la capitale avait cessé depuis mercredi. L'annonce d'une hausse du prix du pain, après des augmentations des tarifs de l'eau, de l'électricité et du pétrole, avait précipité des milliers de manifestants dans les rues ensablées des faubourgs pauvres de Maputo. La police avait tiré à balles réelles pour disperser la foule et décourager les pillards, qui s'en étaient pris aux échoppes. Sept personnes avaient été tuées, 228 blessées.
Nouveaux affrontements
Depuis, la colère continue de bouillir. Trois nouveaux morts dans des affrontements, jeudi, sont venus alourdir le bilan. Les hôpitaux de la capitale ont traité en trois jours plus de 400 personnes blessées dans les émeutes, par balles, à l'arme blanche, victimes de coups...
Les escarmouches se sont poursuivies vendredi dans les quartiers périphériques, souvent le fait de petits groupes qui enflammaient des pneus, puis s'enfuyaient à l'arrivée des forces de l'ordre. Mais trois policiers ont été blessés par des jets de pierres, lors d'affrontements l'après-midi dans les faubourgs pauvres de Benfica et Hulene, a indiqué samedi le porte-parole de la police de la capitale, Arnaldo Chefo.
Une fois ces échauffourées contenues, aucun nouvel incident n'est venu troubler la nuit à Maputo, a-t-il ajouté. "Le nuit a été très, très calme", a confirmé le porte-parole de la Croix-rouge mozambicaine, Americo Ubisse. "La situation est restée calme" également à Chimoio (centre), à 750 km au nord de Maputo, où six personnes avaient été blessées vendredi dans les premières manifestations rapportées en dehors de la capitale, selon la police provinciale.
Flambée des prix
Le Mozambique, dévasté par la longue guerre civile (1976-1992) qui a suivi le conflit armé pour l'indépendance de l'ancienne colonie portugaise, connaît une misère alarmante. 65% de ses 20 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
Les prix ont flambé ces derniers mois en raison de la montée des cours mondiaux des céréales mais aussi de la dépréciation de la devise nationale dans un pays très dépendant des importations.
En 2008 déjà, six personnes avaient été tuées dans des émeutes contre la hausse des prix des taxis collectifs.

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