01/09/2010 à 17h:13 Par AFP
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A Maputo, les émeutes ont fait officiellement trois tués, le double selon des sources humanitaires A Maputo, les émeutes ont fait officiellement trois tués, le double selon des sources humanitaires © Reuters/Grant Lee Neuenburg

Au moins trois personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées lorsque la police mozambicaine a ouvert le feu mercredi sur des manifestants qui protestaient contre la vie chère à Maputo, a-t-on appris de sources concordantes.

La police a ouvert le feu mercredi à Maputo sur des manifestants qui protestaient contre la vie chère, tuant plusieurs personnes et en blessant des dizaines dans les rues de la capitale mozambicaine, en proie à des pillages. Différents bilans font état de trois à six morts, tombés sous les balles des forces de l'ordre. Une porte-parole de la police, Silvia Mahumane, s'est refusée à toute information. "Nous surveillons la situation", a-t-elle seulement déclaré.

Selon le parti d'opposition Renamo, qui ne précisait pas ses sources, six personnes ont été tuées. Les équipes d'intervention de la Croix rouge ont quant a elles recensé trois morts et 15 blessés, selon le porte-parole de l'organisme, Americo Ubisse. Le directeur des services d'urgences à l'hôpital central de Maputo, Antonio Assis da Costa, a décompté quant à lui 42 blessés dans les échauffourées, admis dans l'établissement. "23 personnes ont été blessées par balles" et "une est décédée à l'hôpital", a-t-il précisé à l'AFP.

De nombreux écoliers parmi les manifestants

Un correspondant de l'AFP a constaté la mort d'un garçon de 12 ans, tué par les tirs de la police, selon un témoin. L'enfant gisait dans une mare de sang, son sac d'école ouvert laissant apparaître un livre de classe. Le garçon regardait la foule, des milliers de personnes en train de manifester en chantant et dansant, lorsqu'il a été atteint par une balle à l'arrière du crâne, a raconté un témoin, Eunici Antonia Kiove, 18 ans. "Nous l'avons tous vu", a-t-il ajouté. "Nous voulons que justice soit faite!"

Les violences ont éclaté au moment où des milliers de personnes étaient descendues dans les rues des faubourgs pauvres de la capitale pour protester contre la hausse des prix du pétrole, du blé, du pain, de l'eau et de l'électricité. Des manifestants ont bloqué, à l'aide de pneus enflammés, les routes principales conduisant à l'aéroport et à la plus grande banlieue de Maputo, Matola. Parmi eux figuraient de nombreux adolescents revêtus de leurs uniformes d'écolier.

"Nous protestons contre le coût de la vie. Ce n'est même plus élevé, c'est insupportable!, s'emportait Sousa Langa, 53 ans. Petit à petit, le chaos s'est emparé de la capitale, où vivent un million d'habitants. Magasins et stations-service ont été attaqués par des pillards tandis que les manifestants mettaient le feu à des voitures, selon le correspondant de l'AFP.

Le précédent de 2008

L'ambassade d'Afrique du Sud à Maputo a préféré fermer ses portes provisoirement, a indiqué à Pretoria le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Saul Molobi. "Nous réévaluerons la situation demain (jeudi)", a-t-il précisé, appelant les Sud-Africains désirant se rendre au Mozambique à contacter le ministère.

Le ministre mozambicain de l'Intérieur, Jose Pacheco, s'est élevé à la télévision nationale contre les "criminels et hors-la-loi", qui ont manifesté à la suite d'appels multiples relayés par SMS. Tout en condamnant les pillages, le porte-parole de la Renamo, Fernando Mazanga, a dénoncé un "gouvernement qui ne sait répondre aux manifestations que par la violence."

Le Mozambique, dévasté par la longue guerre civile (1976-1992) qui a suivi le conflit armé pour l'indépendance, connaît une misère alarmante avec 65% de ses 20 millions d'habitants vivant sous le seuil de pauvreté. Les prix ont flambé ces derniers mois avec la dépréciation du metical, la monnaie nationale, par rapport au rand sud-africain. L'économie du Mozambique dépend étroitement de celle de son grand voisin. En 2008, six personnes avaient été tuées dans des émeutes contre la hausse des prix des taxis collectifs, dont dépendent les plus pauvres pour se rendre au travail.

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