30/08/2010 à 10h:45 Par AFP
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Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza au cours de la campagne électorale, le 14 mai 2010. Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza au cours de la campagne électorale, le 14 mai 2010. © AFP

Près de la moitié des ministres burundais ont été remplacés dans le but de dépasser la crise politique qui sévit depuis les dernières élections. Pour l'opposition, les postes clés n'ont pas été réattribués et le dialogue n'est pas prêt d'être renoué.

Le président burundais Pierre Nkurunziza, réélu en juin, a nommé dans la nuit de dimanche à lundi 30 août un nouveau gouvernement, a annoncé le porte-parole de la présidence, Léonidas Hatungimana.

Dix ministres du gouvernement sortant ont été reconduits dans leur fonction. Sur un total de 21 ministres, quatorze sont issus du parti présidentiel, le CNDD-FDD, ex-principale rébellion hutue du pays, au pouvoir depuis 2005.

Le ministre de l'Intérieur, Edouard Nduwimana, et le ministre de la Sécurité publique, Alain-Guillaume Bunyoni, restent en place. Les ministères des Relations extérieures et de la Coopération internationale, des Finances, de la Fonction publique et du Plan ne changent pas de titulaires également.

Le général Germain Niyoyankana, un Tutsi issu de l'ancienne armée, est remplacé à la Défense par le général Potien Gaciyubwenge, Tutsi lui aussi, et paie ainsi les conséquences du malaise qui prévaut au sein de l'armée depuis plus d'un an.

"Pas de dialogue"

Le nouveau gouvernement comprend neuf femmes et compte 60% de Hutu (ethnie majoritaire) pour 40% de Tutsi, conformément à la Constitution. Il compte trois représentants du principal parti tutsi, l'Uprona, et un membre d'un parti allié au CNDD-FDD, le Frodebu Nyakuri.

« Le président Nkurunziza vient de reconduire pratiquement la même équipe et la présence d'Edouard Nduwimana à l'Intérieur est une catastrophe », a commenté l'Alliance démocratique pour le changement (ADC), coalition d'opposition qui regroupe 12 partis qui se sont retirés du processus électoral burundais. « Cela signifie qu'il n'y aura pas de dialogue car c'est un homme qui s'est illustré par des pratiques visant à diviser et à casser les partis d'opposition et la société civile », a accusé le porte-parole de l'ADC, Chauvineau Mungwengeso.

Le Burundi traverse une grave crise politique depuis les élections communales du 24 mai, remportées très largement par le parti au pouvoir et dont les résultats ont été contestés par l'opposition qui a dénoncé des fraudes massives. La présidentielle de juin a été remportée par le président sortant Pierre Nkurunziza, seul candidat en lice, qui a prêté serment jeudi. Son parti CNDD-FDD a ensuite remporté les législatives et les sénatoriales.

Clandestinité

Les attaques à la grenade et assassinats ciblés se sont multipliés et ont été suivis de centaines d'arrestations dans les rangs de l'opposition. Trois chefs de l'opposition ont fui le pays ou sont entrés dans la clandestinité.

Le pays avait basculé en 1993 dans une guerre civile entre la majorité Hutu et l'armée, dominée par la minorité Tutsi, qui a fait près de 300 000 morts et a pris fin en 2003 à l'issue d'un long et laborieux processus de paix.

Samedi, le président Nkurunziza avait nommé ses deux vice-présidents après leur approbation par les deux chambres du Parlement : Thérence Sinunguruza, 51 ans, un Tutsi, ancien ministre de l'Uprona, et Gervais Rufyiri, Hutu de 45 ans, membre du parti au pouvoir et ex-président du Sénat.

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