07/08/2010 à 12h:02 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Laurent Gbagbo et Guillaume Soro arrivent au conseil des ministres, le 5 août. Laurent Gbagbo et Guillaume Soro arrivent au conseil des ministres, le 5 août. © AFP

La date de l'élection ivoirienne vient enfin d'être fixée, après cinq années de tergiversations. Mais les quelques mois qui séparent le pays du scrutin vont devoir être mis à profit pour régler rapidement certains "détails" qui ont jusque là freiné le porcessus électoral.

Moins de trois mois pour organiser le 31 octobre une présidentielle repoussée depuis 2005 : le défi est lourd pour la Côte d'Ivoire, avec une liste électorale encore à finaliser et le désarmement des ex-rebelles seulement à l'état d'ébauche. Pour la première fois depuis le rendez-vous électoral manqué du 29 novembre 2009, une échéance a été donnée jeudi 5 août pour ce scrutin sans cesse reporté depuis la fin du mandat du président Laurent Gbagbo en 2005, et censé clore la crise née du putsch raté de 2002.

Chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) qui tient le nord du pays depuis huit ans, le Premier ministre Guillaume Soro a exprimé son "optimisme". "Je dis à tous : cette année verra se tenir l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire", a assuré de son côté M. Gbagbo, vendredi dans un message à la Nation prononcé à la veille du cinquantenaire de l'indépendance du pays.

Cependant, la laborieuse "sortie de crise" doit encore passer par des étapes délicates d'ici au "jour J".

Première obligation : produire une liste électorale définitive. Son élaboration a tourné au feuilleton ces derniers mois, sur fond d'accusations de "fraude" portées par le camp Gbagbo contre l'opposition menée par l'ex-président Henri Konan Bédié et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara. Le sujet est ultra-sensible car il touche à la question de la nationalité, au coeur de la crise ivoirienne, et qui divise depuis une quinzaine d'années ce pays de forte immigration.

Depuis des mois, la liste électorale provisoire de quelque 5,7 millions d'inscrits est en chantier. La phase de traitement des réclamations par les tribunaux doit redémarrer dans les prochains jours. Elle avait dû être interrompue en urgence en février, après des violences de militants d'opposition s'estimant arbitrairement exclus.

Une décision "politique", selon l'expression du Premier ministre, doit aussi être prise après la "vérification" spéciale des inscriptions de quelque 850 000 personnes, réalisée sur l'insistance du camp présidentiel et qui aurait fait apparaître au moins 100 000 cas problématiques. "Il faut les laisser en rade", a dit un proche du chef de l'Etat, qui y voit "la prochaine polémique" au regard de l'hostilité de certains membres de l'opposition à une telle mesure.

Or, il y a urgence : la plupart des acteurs s'accordent à dire que vers fin août-début septembre la liste définitive devra être prête, pour respecter la date du 31 octobre.

La donne se complique avec la situation des FN. Selon le dernier accord de paix signé fin 2008, leur désarmement doit être achevé deux mois avant le vote. Soit, désormais, fin août. Pour l'heure, quelques centaines d'éléments seulement sont cantonnés à Korhogo (nord), sur un total de 5 000 hommes à "encaserner".

Les partisans de M. Gbagbo continuent de faire de cette opération une condition essentielle du scrutin. Tout en affirmant que les fonds nécessaires vont être bientôt débloqués, l'entourage de M. Soro juge quant à lui que "le désarmement n'a rien à voir avec l'élection".

Pour la liste comme pour le désarmement, "chaque camp pose ses réserves", regrette une source diplomatique occidentale. Et si les pro-Gbagbo ont plaidé par le passé pour une élection "propre" dans un pays réunifié, même au prix de retards, l'opposition assure que le 31 octobre est "la date limite".

Elu en 2000 pour cinq ans, le président Gbagbo bouclera alors dix ans de pouvoir à la faveur d'un "deuxième mandat" contesté.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Mali : le Premier ministre rencontre à Abidjan le président ivoirien Ouattara

Mali : le Premier ministre rencontre à Abidjan le président ivoirien Ouattara

Le Premier ministre malien de transition, Cheick Modibo Diarra, s'est entretenu samedi à Abidjan de la crise au Mali avec le président ivoirien Alassane Ouattara, chef en exercice de l'organisation régionale[...]

Côte d'Ivoire : la défense de Gbagbo conteste la compétence de la CPI

La défense de Laurent Gbagbo a contesté la compétence de la CPI pour juger l’ancien président de la Côte d’Ivoire.[...]

Côte d'Ivoire : toute l'enquête sur le nouveau scandale des déchets toxiques

En 2006, l'affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan avait failli emporter le gouvernement. Six ans plus tard, trois personnalités sont montrées du doigt. Elles sont[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Côte d'Ivoire : Michel Gbagbo, fils du président déchu, est un "prisonnier d'opinion" selon sa mère

Le fils de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, Michel Gbabgo, est un "prisonnier d’opinion", selon sa mère, la Française Jacqueline Chamois. Celle-ci demande "un rapatriement[...]

Côte d'Ivoire : le scandale des déchets toxiques emporte le ministre Adama Bictogo

Le ministre ivoirien de l’Intégration africaine, Adama Bictogo, a été limogé mardi 22 mai. Son départ du gouvernement fait suite au nouveau scandale des déchets toxiques. [...]

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se[...]

Côte d'Ivoire : déchets toxiques, le nouveau scandale

Dans son numéro 2680, en kiosque du 20 au 26 mai 2012, "Jeune Afrique" enquête sur les suites de l’affaire Trafigura, du nom de la société néerlandaise affréteuse[...]

Guinée-Bissau : petit pays, grandes manoeuvres

La Cedeao, Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, goûtait peu la percée angolaise dans la région. Elle pourrait finir par s'accommoder du putsch du 12 avril  en[...]

Armée française en Afrique : renégociation des accords de défense, rompre avec la "Françafrique"

Le 18 avril, Paris a finalisé la remise à plat des accords militaires passés avec ses anciennes colonies. Au final, des bases moins nombreuses et des effectifs réduits. L'essentiel, c'est de se[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers