Extension Factory Builder
05/08/2010 à 22:45
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des kenyans saluent le président Kibaki et le Premier ministre Odinga, le 5 août 2010 à Nairobi. Des kenyans saluent le président Kibaki et le Premier ministre Odinga, le 5 août 2010 à Nairobi. © AFP

Le projet constitutionnel défendu par le président Kibaki et le Premier ministre Odinga a été largement approuvé avec un fort taux de participation. Le texte ne devrait rentrer en application qu'en 2012, après les élections générales.

Les résultats définitifs du référendum sur le projet de la nouvelle constitution kényane ont été proclamés jeudi soir par la Commission électorale intérimaire indépendante (IIEC). C'est un « oui » massif qui l'a emporté, la nouvelle loi fondamentale du pays ayant été approuvée par 67,25% des voix suffrages (soit 5 954 767 voix), le non n'ayant recueilli que seule 30,35 % (soit 2 687 183 voix).

La nouvelle Constitution est censée tourner une page « historique » après les violences post-électorales de 2007-2008. Mais par-delà le résultat, c'est surtout la très forte participation au vote - 71 % - qui rassure les observateurs sur la stabilisation du Kenya. Près de huit millions d'électeurs ont voté sur les 12,4 millions enregistrés.

Le président Mwai Kibaki a salué la victoire du « oui ». « Ce voyage, commencé il y a 20 ans, arrive à un dénouement heureux (...) », a-t-il déclaré. « Adopter cette nouvelle Constitution sera une victoire pour le Kenya et pour les nombreuses personnes qui se sont battues avec obstination pour ce texte qui reflète nos espoirs et nos aspirations », s'est-il également félicité. « Les Kenyans ont parlé d'une seule voix », a salué pour sa part le Premier ministre du gouvernement d'Union nationale, Raila Odinga.

Pas de contestation

Défendue à la fois par Kibaki et par Odinga, malgré leurs fréquents désaccords, la nouvelle Constitution kényane devrait rentrer en vigueur après les élections générales de 2012. Elle vise à rendre les institutions du pays plus démocratiques, crée une chambre haute du Parlement (Sénat) et renforce les attributions de l'Assemblée nationale pour contrebalancer le pouvoir du président, qui peut faire l'objet d'une procédure de destitution. Mais le poste de Premier ministre est supprimé.

Elle prévoit également une réforme foncière cruciale, contestée notamment par les leaders de la communauté kalenjin qui ont agité lors du référendum le spectre de la confiscation de terres par l'Etat.

Le leaders du camp du « non » le ministre de l'Enseignement supérieur William Ruto, a concédé la défaite dès la mi-journée: « nous avons accepté le verdict de la majorité (...) », a-t-il déclaré, proposant cependant « un mécanisme de consultation pour déterminer comment les sujets de contentieux dans la Constitution peuvent être amendés ».

« Ceux qui ont exprimé des opinions différentes sur la nouvelle Constitution continueront d'être entendus dans le cadre des institutions démocratiques mises en place » par la nouvelle Loi fondamentale, a assuré à ce propos le président Kibaki.

Le bon déroulement du référendum contraste avec les violences meurtrières qui avaient accompagné la réélection controversée du président Kibaki le 27 décembre 2007 face à son adversaire d'alors, M. Odinga.

Ni perdant ni vainqueur

Ces violences avaient fait 1 500 morts, alimenté les ressentiments ethniques, sapé la confiance des électeurs dans leurs institutions et mis à mal l'image de stabilité du pays.

Sous la surveillance de quelque 70 000 membres des forces de sécurité déployés pour l'occasion dans le pays, le scrutin, malgré une campagne électorale tendue, a cette fois été bien organisé par une commission électorale totalement renouvelée et modernisée.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a « félicité le peuple du Kenya d'avoir participé en grand nombre et d'avoir exercé son droit de vote de façon pacifique », tandis que Londres y voit une « décision qui fait date ».

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a salué « un événement historique pour le pays et une étape importante dans le programme de réformes » engagées par le gouvernement kényan.

« Il n'y a ni perdant ni vainqueur dans ce référendum. C'est le Kenya lui-même qui a triomphé », s'est félicité pour sa part l'ancien secrétaire général de l'ONU et médiateur dans la crise kényane, Kofi Annan, qui avait négocié l'accord de partage du pouvoir de février 2008.
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Kenya

Kenya : un an après, hommage aux victimes de l'attaque du Westgate

Kenya : un an après, hommage aux victimes de l'attaque du Westgate

Le Kenya a rendu hommage ce dimanche, sous haute sécurité, aux 67 victimes de l'attaque du centre commercial Westgate, perpétrée il y a un an jour pour jour dans la capitale Nairobi par un commando is[...]

CPI : vers un nouveau report du procès Kenyatta ?

La procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a affirmé vendredi que l'accusation ne disposait pas de preuves suffisantes.[...]

E-santé : le top 5 des applications mobiles en Afrique

Recevoir des informations sur son dossier médical en temps réel, géolocaliser le médecin le plus proche, tout savoir sur les symptômes d'Ebola. Grâce aux smartphones, les Africains[...]

Afrique subsaharienne : ces étonnants banquiers qui aiment le risque

D'un bout à l'autre du continent, des banques rivalisent d'ingéniosité pour offrir aux Africains des services financiers adaptés à leurs besoins.[...]

Kenya : HRW dénonce l'exécution de suspects par la police antiterroriste

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a accusé lundi la police antiterroriste kényane d'avoir exécuté et fait disparaître des suspects. L'organisation a[...]

Ebola : le Kenya ferme ses frontières aux voyageurs venant de Guinée, Liberia, Sierra Leone

Le Kenya a annoncé samedi interdire l'entrée sur son territoire, à compter de mercredi, aux voyageurs venant de Guinée, du Liberia et de Sierra Leone, principaux foyers de l'épidémie[...]

Kenya : mais où est passée la mystérieuse "Veuve blanche" ?

Recherchée pour son implication présumée dans un projet d'attentat au Kenya, la Britannique Samantha Lewthwaite alias la "Veuve blanche", épouse d'un des kamikazes des attentats de Londres de[...]

L'Afrique de l'Est pose ses conditions à la signature de l'APE

 La Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) a refusé de parapher l'accord de partenariat économique (APE) intérimaire que lui tendait l'Union européenne (UE). Parmi les blocages encore non[...]

Sommet États-Unis - Afrique : demandez le programme et suivez le guide !

Le premier sommet États-Unis - Afrique s'ouvre ce lundi à Washington. Durant trois jours, Barack Obama et près de cinquante chefs d'État et de gouvernement du continent évoqueront leur[...]

Wikipédia : le classement des chefs d'État africains les plus populaires

Créé en 2001, Wikipédia s'est imposée depuis comme l'encyclopédie numérique la plus consultée au monde. Participative, elle rassemble des informations collectées par les[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces