01/08/2010 à 20h:00 Par AFP
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Capture d'écran du message diffusé par les ravisseurs de l'otage français. Capture d'écran du message diffusé par les ravisseurs de l'otage français. © AFP

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) affirme que les négociations en vue de la libération de Michel Germaneau étaient "en cours" au moment du raid franco-mauritanien contre l'une de ses bases au Mali, dans la version complète du message diffusé par Al-Jazira le 25 juillet. L'organisation contredit la version du gouvernement français, selon qui l'attaque du 22 juillet était "l'opération de la dernière chance".

Mise à jour dimanche 1er août à 20h20

Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droudkel, a affirmé avoir négocié avec Paris pour la libération de l'otage français Michel Germaneau avant l'opération qui a conduit à son exécution, selon un message complet diffusé dimanche par des sites islamistes.

« Honte à la France et à son président, qui a lancé son raid alors que des négociations étaient en cours », a affirmé le chef d'Aqmi dans ce message dont des extraits avaient déjà été diffusés le 25 juillet par la chaîne Al-Jazira.

Les autorités françaises n'ont jamais fait état de négociations pour la libération de l'otage. Ainsi, le 26 juillet, le ministre de la Défense, Hervé Morin, avait indiqué que Paris n'avait pas pu avoir « la moindre discussion » avec les ravisseurs de Michel Germaneau.

« On annonçait la mort de Michel Germaneau à travers un ultimatum (lancé le 11 juillet, ndlr) sans qu'il y ait la moindre discussion », avait déclaré M. Morin.

« Nous n'avons jamais eu de revendications précises. Ils ont même refusé toute discussion pour permettre l'acheminement de médicaments dont Michel Germaneau avait besoin pour ses problèmes cardiaques », avait ajouté le ministre.

Dans la version complète du message, le chef d'Aqmi a également confirmé que six membres de son groupe avaient été tués lors de l'opération lancée par l'armée mauritanienne contre des repères d'Aqmi dans le désert malien, avec le soutien logistique de la France qui voulait tenter de libérer l'otage.

Deux espagnols toujours retenus

Michel Germaneau était détenu par une cellule d'Aqmi dirigée par l'Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, décrit comme « violent et brutal », qui avait déjà exécuté, il y a 13 mois, un otage britannique, Edwin Dyer, enlevé six mois auparavant.

Londres avait refusé de céder aux exigences d'Aqmi, qui réclamait des Britanniques qu'ils oeuvrent à la libération de plusieurs membres de l'organisation prisonniers dans des pays du Sahel.

Ces mêmes exigences avaient été formulées par Aqmi - qui détient également deux otages espagnols - pour garantir la vie sauve à Michel Germaneau.

Au lendemain de l'annonce de son exécution, le président Nicolas Sarkozy avait promis que cet « acte barbare » ne resterait pas impuni.

« Ils ont assassiné de sang froid une personne de 78 ans, malade, à qui ils ont refusé de faire parvenir les médicaments dont elle avait besoin », avait-il déclaré dans une intervention télévisée.

« Je condamne cet acte barbare, cet acte odieux qui a fait une victime innocente qui consacrait son temps à aider les populations locales », avait-t-il ajouté à l'issue d'une réunion d'un conseil de sécurité et de défense réunissant des responsables ministériels et du renseignement.

La mort de l'otage français a fait l'objet de nombreuses condamnations dont celles de Washington et de l'Union européenne qui ont dénoncé un « acte odieux ».

Trois Français sont encore otages à l'étranger depuis la fin 2009 : un agent des renseignements en Somalie et deux journalistes en Afghanistan.

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