02/06/2010 à 15h:41 Par AFP
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Eugène Rwamucyo et l'un de ses avocats, Emmanuel Riglaire, en 2009. Eugène Rwamucyo et l'un de ses avocats, Emmanuel Riglaire, en 2009. © AFP

Le médecin rwandais Eugène Rwamucyo, arrêté en France le 26 mai et soupçonné de complicité dans le génocide de 1994, sera-t-il livré à Kigali ? Dans quelques jours, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Versailles se prononcera sur sa possible extradition.

La chambre d'instruction de la cour d'appel de Versailles rendra sa décision le 9 juin concernant la demande d'extradition par le Rwanda du médecin rwandais Eugène Rwamucyo, soupçonné d'être impliqué dans le génocide des Tutsis en 1994.

« Le chemin de la folie »

L'avocat général, Jacques Hossaert, a requis un supplément d'information, s'interrogeant notamment sur le « caractère intangible de l'abolition de la peine de mort au Rwanda » en faisant référence à Adolf Eichmann, condamné à mort par Israël en 1961 en vertu d'une loi spéciale.

« Je suis médecin, je ne suis pas un assassin », a déclaré dans le box Eugène Rwamucyo. « Le Rwanda, qui est sur le chemin de la folie, a besoin de médiateurs et la justice française s'en occupe ».

M. Rwamucyo est par ailleurs visé par une information judiciaire ouverte à Paris le 5 février 2008, pour génocide, crimes contre l'humanité et complicités après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

Ses trois avocats se sont relayés devant la cour pour demander aux juges de rendre un avis défavorable à cette demande d'extradition, ce qui mettrait un terme à cette procédure.

« Le 28 mai 2008, le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda, NDLR) a estimé que la justice rwandaise n'est pas indépendante et présente des risques de pression sur les juges et les témoins », a souligné Me Jean Flamme.

Contexte politique

Me Philippe Meilhac a pour sa part dénoncé les conditions d'interpellation de M. Rwamucyo, qui a été arrêté le 26 mai lors d'une cérémonie d'obsèques à Sannois (Val-d'Oise) sur l'indication, selon son avocat, « d'une personne se présentant comme consultant auprès du TPIR ».

Me Meilhac a également fustigé le contexte politique de la mise en oeuvre de cette procèdure, quelques jours avant l'ouverture du sommet Afrique-France et à l'approche de l'élection présidentielle au Rwanda en juillet.

Ancien médecin à Maubeuge (Nord), Eugène Rwamucyo, né en 1959, est notamment accusé par Kigali d'avoir participé à des réunions de responsables génocidaires à Butare (sud du Rwanda) en 1994, dont l'une sous l'égide du Premier ministre de l'époque, Jean Kambanda, condamné à la perpétuité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Environ 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été tués, selon l'ONU, entre avril et juillet 1994 au cours du génocide rwandais.

La justice française a récemment rejeté trois demandes d'extradition vers le Rwanda de Rwandais soupçonnés par Kigali d'avoir pris part au génocide, arguant d'un manque de garanties accordées à la défense devant la justice rwandaise.

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