11/01/2010 à 19h:25 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des soldats patrouilent devant la 'cité olympique' où résident des équipes de la CAN, le 10 janv Des soldats patrouilent devant la "cité olympique" où résident des équipes de la CAN, le 10 janv © AFP

Les forces de l'ordre angolaises ont encerclé le complexe où résident les délégations Ghanéenne, Ivoirienne et Burkinabè pour dissuader tout nouvel attentat. Cette présence policière et militaire est inhabituellement tapageuse, dans cette région qui compte déjà un soldat pour dix habitants en temps normal.

Les forces de l'ordre angolaises dressaient une véritable muraille lundi autour du complexe de Cabinda (nord) où logent les équipes de la Coupe d'Afrique des nations de football, espérant décourager toute velléité d'une nouvelle attaque séparatiste.

Si la petite ville de Cabinda ne semblait pas connaître de bouleversement particulier, l'enceinte pompeusement baptisée "Cité olympique" qui abrite les délégations du Ghana, Côte d'Ivoire et Burkina Faso était coupée du monde, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les "Ninjas" mis en avant

Patrouilles de soldats et policiers, à pied, en véhicules tout-terrain ou à motos circulaient autour de l'enceinte. Extrêmement visibles, les brigades d'invervention, les "Ninjas" très craints des habitants, arboraient uniformes sombres et kalachnikovs.

"En ce moment, il y a plus de policiers que d'habitude", constate Jean-Baptiste Mataia, 29 ans, pourtant habitué aux démonstrations de force dans une province qui compte déjà en temps normal un soldat pour dix habitants.

Depuis le cessez-le-feu de 2002, qui a mis fin à une sanglante guerre civile de 27 ans dans le reste du pays, l'Angola a redéployé 30. 000 soldats au Cabinda pour écraser l'insurrection séparatiste, selon l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW).

Un effort coûteux justifié par la richesse de cette enclave de 7. 300 km2, coincée entre le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo: le pétrole. Cabinda contribue pour 60% à la production d'or noir de l'Angola, devenu en 2009 premier exportateur de brut d'Afrique.

Une image à restaurer

Mais l'image de paix forcée dans la province, essentielle pour attirer les investisseurs étrangers, a éclaté vendredi avec l'attaque de séparatistes contre le bus qui amenait à Cabinda l'équipe de football du Togo, victime d'un mitraillage qui a fait deux morts.

Aussi le président José Eduardo Dos Santos, au pouvoir depuis 30 ans, a-t-il tenu à maintenir les matches prévus à Cabinda, en dépit du retrait du Togo de la Coupe.

"Nous condamnons cet acte de terrorisme mais la compétition se poursuivra à Cabinda", a-t-il lancé dimanche à la tribune du stade de Luanda, en ouvrant la CAN-2010.

Pour que le tournoi ait lieu dans le calme, le gouvernement a garanti à la Confédération africaine de football (CAF) que la sécurité des délégations serait assurée.

Et les médias d'Etat sont mis à contribution. A Cabinda, "les radios et les TV demandent à la population de se mobiliser contre les gens de l'opposition", raconte Jean-Baptiste Mataia.

"Après l'action contre le Togo, la sécurité a été renforcée pour les joueurs, les matches. La sécurité est maintenant totale, les gens n'ont pas peur", dit-il.

André Kuango, coordinateur du Forum cabindais pour le dialogue, une instance regroupant d'ex-rebelles et la société civile pour négocier avec le gouvernement, insiste: "On peut circuler normalement à Cabinda sans être inquiété".

"A mon avis, Cabinda ne craint pas d'autres attaques de ce genre mais ce n'est pas exclu", nuance-t-il. "Il peut rester des éléments infiltrés". Le groupe qui a revendiqué l'attaque, le Flec-PM, a d'ailleurs menacé de mener d'autres actions.

"Personne n'envisage une attaque contre les habitants", estime un commerçant de la ville qui reste toutefois prudent. "On va peut-être attendre un peu pour sortir de la cité", lance-t-il.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Angola

Angola : les élections générales prévues le 31 août

Angola : les élections générales prévues le 31 août

Le Conseil de la République a annoncé mercredi 23 mai la tenue des élections générales le 31 août en Angola.[...]

Pointe-noire - Enjeux maritimes : vent en poupe pour le PAPN

Principale porte d'entrée du bassin du Congo, le Port autonome de Pointe-Noire renforce ses positions. Premiers résultats du plan de modernisation, le trafic augmente, les cadences aussi.[...]

Guinée-Bissau : petit pays, grandes manoeuvres

La Cedeao, Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, goûtait peu la percée angolaise dans la région. Elle pourrait finir par s'accommoder du putsch du 12 avril  en[...]

Guinée-Bissau : les 70 premiers éléments d'une force ouest-africaine sont arrivés

Les 70 premiers éléments d'une force ouest-africaine devant sécuriser les organes de la transition issus du coup d'État du 12 avril, sont arrivés jeudi en Guinée-Bissau, écartant[...]

Union Africaine : toujours pas de solution à la question de la présidence de la Commission

Réunis lundi 14 mai à Cotonou, les huit dirigeants du comité ad hoc de l’Union africaine ne sont pas parvenus à trouver une solution face à l’épineuse question du choix[...]

Agrobusiness : Apibana ou l'art du lobbying

L'African Pineapples and Bananas Association fait front contre le tarif de douane préférentiel que l'Europe pourrait accorder à l'Amérique centrale.[...]

Développement : l'ONG Save the children dénonce les conditions de vie des enfants sur le continent

Les pires pays au monde pour devenir mère sont africains. C’est la conclusion, accablante, du rapport de l’ONG américaine Save the children : dans les dix dernières places du classement, huit[...]

Guinée-Bissau : l'Angola pourrait rester à la demande de la communauté internationale

Le ministre d'Etat angolais en charge de la coopération économique Manuel Vicente a indiqué jeudi que l'Angola pourrait rester en Guinée-Bissau, plongé dans une grave crise depuis un coup[...]

Marchés publics africains : le leadership chinois pointé du doigt

Barrages, routes, chemins de fer... Depuis dix ans, Pékin multiplie les contrats en Afrique, sur le modèle controversé "matières premières contre infrastructures". Mais d'autres[...]

Présidentielle française : François Hollande vainqueur en Afrique

Comme au premier tour, les électeurs français d’Afrique ont apporté majoritairement leur suffrage à François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat socialiste termine en effet en tête[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers