21/12/2009 à 08h:14 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les deux Italiens seraient détenus au Mali Les deux Italiens seraient détenus au Mali © AFP

L'enlèvement de deux Italiens dans le sud-est du pays vendredi, rappelle la méthode utilisée contre trois Espagnols fin novembre. Les autorités mauritaniennes n'ont pas confirmé qu'il s'agissait d'un rapt.

L'enlèvement de deux Italiens, vendredi sur une route du sud-est de la Mauritanie, s'est déroulé à peu près de la même façon que celui de trois Espagnols fin novembre à l'autre bout du pays, revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique, selon de premiers témoignages.

Le couple de voyageurs italiens porté disparu depuis vendredi soir dans le département mauritanien de Kobenni, a "très probablement été enlevés par un groupe armé", avait annoncé samedi à l'AFP une source sécuritaire.

En route pour le Burkina Faso

Sergio Cicala, retraité de 65 ans, et sa femme Philomene Kabouree, Italienne d'origine burkinabè et âgée de 39 ans, "se rendait au Burkina Faso à bord d'un minibus immatriculé en Italie", selon cette source.

Les autorités mauritaniennes n'ont pas confirmé, jusqu'à présent, qu'il s'agissait d'un enlèvement, et les médias d'Etat n'en ont pas dit un mot.

Mais le ministère italien des Affaires étrangères a déclaré que son "unité de crise" suivait "le cas de l'enlèvement des deux compatriotes en Mauritanie". "Tous les canaux diplomatiques et politiques ont été mobilisés immédiatement", a ajouté le ministère italien.

Cet enlèvement intervient près de trois semaines après la capture de trois ressortissants espagnols, sur la route côtière Nouadhibou-Nouakchott (nord-ouest), revendiqué par la branche maghrébine d'Al-Qaïda.

"Le mode opératoire est pratiquement le même que pour l'enlèvement des trois Espagnols le 29 novembre, ce qui laisse penser qu'il s'agit du même groupe terroriste", a jugé dimanche le directeur du journal Nouakchott-infos, Abou Al Maali, interrogé par l'AFP.

Enlèvement près de la frontière avec le Mali

Selon des témoignages de voyageurs recueillis par une source proche des autorités locales, les ravisseurs ont surgi, de nuit, au bord de la route.

Ils ont tiré en l'air et dans les pneus pour obliger les voyageurs à s'arrêter, avant de s'emparer uniquement des personnes, en abandonnant le véhicule et son contenu.

Selon une source sécuritaire, la disparition s'est produite vers 22H00 (locales et GMT) sur l'axe Aïoun (Mauritanie) - Kayes (Mali), à proximité de la localité mauritanienne de N'Eissira, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec le Mali.

Le nord et l'est du Mali servent de refuge, depuis 2008, aux islamistes armés qui enlèvent des Occidentaux. Et c'est dans ce pays que seraient actuellement détenus les trois otages espagnols, ainsi qu'un Français capturé le 26 novembre dans la ville malienne de Ménaka.

"L'enlèvement a été érigé en commerce juteux depuis que les Européens ont commencé à payer cher pour la vie de leurs otages. La Mauritanie est désormais perçue comme un maillon faible, étant donné la taille de son territoire aux trois-quarts désertique et quasiment incontrôlable", rappelle Abou Al Maali.

Ces deux dernières années, Aqmi a revendiqué une série d'actions meurtrières en Mauritanie, dont l'assassinat fin 2007 de quatre Français à Aleg (250 km à l'est de Nouakchott) et celui d'un Américain en juin dans la capitale.

Mohamed Ould Abdel Aziz, élu président en juillet après avoir mené un coup d'Etat en 2008, avait promis une "lutte sans merci" contre le terrorisme.

Au début du mois, l'ancien général a affirmé que la multiplication des actions d'Aqmi résultait d'un "cumul d'erreurs sécuritaires et militaires des régimes précédents". Il a assuré qu'il s'employait à mieux équiper l'armée mais que cela ne se ferait pas "en un jour".

L'opposition prévoit d'organiser, mercredi, à Nouakchott "une marche de protestation", notamment "contre l'insécurité grandissante".

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Mauritanie

Libye : l'ex-chef du renseignement Abdallah Senoussi inculpé en Mauritanie

Libye : l'ex-chef du renseignement Abdallah Senoussi inculpé en Mauritanie

Le chef des renseignements libyens du régime Kaddafi, Abdallah Senoussi, a été inculpé et incarcéré dans la capitale mauritanienne, dans la nuit du 20 au 21 mai, selon une source judicia[...]

Tournoi de football en Palestine : quatre joueurs mauritaniens coincés en Jordanie

Conviés au tournoi international de football de la Nakba en Palestine, organisé à l’occasion de la commémoration de l’exode forcé des Palestiniens en 1948, les Mauritaniens ont [...]

Aqmi : les héritiers de Ben Laden

Installé au Mali depuis une quinzaine d'années, le journaliste béninois Serge Daniel s'est penché sur l'évolution de la nébuleuse djihadiste.[...]

Développement : l'ONG Save the children dénonce les conditions de vie des enfants sur le continent

Les pires pays au monde pour devenir mère sont africains. C’est la conclusion, accablante, du rapport de l’ONG américaine Save the children : dans les dix dernières places du classement, huit[...]

Force d'intervention au Mali : la Cedeao patiente, pour combien de temps ?

Réunie à Dakar le 3 mai, la Cedeao a fait profil bas. Si elle se dit toujours favorable à l'envoi d'une force d'intervention, elle a précisé que l'opération ne se ferait pas sans le[...]

L'avenir est dans la minoterie : Éric-Bastien Ballouhey

Le Français dirige les Grands Moulins de Mauritanie, le premier moulin industriel du pays, qu'il a créé en 2001.[...]

Présidentielle française : François Hollande vainqueur en Afrique

Comme au premier tour, les électeurs français d’Afrique ont apporté majoritairement leur suffrage à François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat socialiste termine en effet en tête[...]

Mauritanie : Aziz fait de la résistance

Face aux attaques de l'opposition, qui surfe sur la grogne sociale et le mécontentement de la jeunesse, le chef de l'État Mohamed Abdelaziz, fort du soutien d'une partie de la population, a choisi de rendre coup pour[...]

Cedeao : déploiement militaire en Guinée-Bissau et au Mali, coût estimé à 577 millions de dollars

Le 26 avril, 11 chefs d'État de la Cedeao se sont réunis à Abidjan afin d'apporter une solution aux crises que traversent le Mali et la Guinée-Bissau. Non sans divergences, les membres de la Cedeao se[...]

Les Négro-Mauritaniens se sentent enfin chez eux... ou presque

Amorcé en janvier 2008, le "rapatriement volontaire organisé" des Négro-Mauritaniens expulsés il y a près de vingt ans a pris fin le 25 mars.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers