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20/11/2009 15:59:23 | AFP

L'affaire des photos d'Hannibal Kaddafi aurait empêché le retour des Suisses détenus

Les photos anthropométrique d'Hannibal Kaddafi étaient parus dans la presse Suisse début septembrLes photos anthropométrique d'Hannibal Kaddafi étaient parus dans la presse Suisse début septembr© La Tribune de Genève

La publication des photos du fils du leader Libyen pendant son arrestation, dans la presse "a été ressenti à Tripoli comme une humiliation" affirme le président de la Confédération helvétique. Selon lui, "tout était en place" pour le retour des hommes d'affaire Suisse retenus, avant cet épisode.

La publication dans la presse des photos d'identité judiciaire d'Hannibal Kaddafi a fait capoter le retour au pays de deux hommes d'affaires suisses retenus à Tripoli, a affirmé le président de la Confédération helvétique dans des interviews publiées vendredi.

La publication le 4 septembre dernier par le quotidien La Tribune de Genève de ces photos de face et de profil du fils du leader libyen, mal rasé et les cheveux défaits après son arrestation en juillet 2008 à Genève "a été ressentie à Tripoli comme une humiliation", a déclaré le président suisse Hans-Rudolf Merz au quotidien Le Temps.

"Kaddafi m'en a parlé"

Les deux hommes d'affaires retenus en Libye en rétorsion de l'arrestation devaient rentrer en Suisse le 6 septembre: "Tout était en place pour leur retour", a assuré M. Merz au quotidien Le Matin. Mais "cette affaire de photos a causé problème. M. (Mouammar) Kaddafi m'en a d'ailleurs parlé lorsque je l'ai rencontré à New York" le 23 septembre en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, a ajouté le président suisse.

Pour le rédacteur en chef de La Tribune de Genève, Pierre Ruetschi, il est "assez surprenant qu'aujourd'hui on se retourne contre la presse pour expliquer un échec". "Il est absolument impossible de savoir ce qui peut provoquer une réaction d'un gouvernement aussi imprévisible" que le régime libyen, a-t-il dit à l'AFP.

Justifiant la publication des clichés comme "élément d'information sur les conditions de l'arrestation" du fils du leader libyen, M. Ruetschi a jugé que "la responsabilité première des bévues dans cette affaire revient au gouvernement qui a fait des déclarations dans une confusion totale".

Plus d'un an de crise diplomatique

Les photos anthropométriques avaient été prises par la police genevoise lors de l'arrestation d'Hannibal Kaddafi en juillet 2008 à la suite de plaintes pour mauvais traitement de deux de ses domestiques. Cette affaire a provoqué une grave crise diplomatique avec Tripoli qui retient depuis en rétorsion deux hommes d'affaires suisses.

Lors d'un voyage à Tripoli le 20 août dernier le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz avait présenté les excuses de la Suisse pour l'arrestation d'Hannibal Kaddafi, au grand dam d'une partie de la classe politique helvétique.

Le président Merz a également signé un accord censé mettre fin à plus d'un an de crise diplomatique ouverte par la mise sur pied d'un tribunal arbitral chargé de se prononcer sur la légalité de l'arrestation du fils Kaddafi.

L'accord ne comportait aucune clause sur les deux Suisses retenus en Libye et considérés en Suisse comme des "otages" du régime libyen, mais le président de la Confédération avait affirmé avoir reçu l'assurance qu'ils pourraient regagner leur pays "avant la fin août".

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