L'appel de Salif Keita et de la Croix Rouge pour protéger les albinos

19/11/2009 à 18h:25 Par AFP
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C'est un combat qui tient à coeur au chanteur malien, lui-même albinos C'est un combat qui tient à coeur au chanteur malien, lui-même albinos © AFP

La fondation Salif Keita s'est associé à la Croix Rouge pour demander plus d'actions de la part des pays concernés. Au moins 56 albinos ont été tués en deux ans dans les seules Tanzanie et Burundi.

Le chanteur malien Salif Keita et la Croix Rouge ont lancé jeudi un appel à mieux protéger les albinos de la région des Grands Lacs, tués par dizaines ces dernières années pour alimenter un trafic lucratif lié à des pratiques de sorciers.

Au moins 56 assassinats en deux ans

"Nous disons aux gouvernements qu'ils n'en font pas assez" pour mettre fin à ces crimes, a déclaré Matthias Schmale, sous-secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

"Il faut entre autres déférer en justice les auteurs de ces crimes", a-t-il indiqué à l'AFP lors de la présentation d'un rapport de sa Fédération sur le sujet.

Au moins 56 albinos ont été tués et démembrés au cours des deux dernières années en Tanzanie et au Burundi, et des parties de leur corps vendues pour des milliers de dollars à des sorciers qui confectionnent des grigris prétendument miraculeux.

Un des plus vieux albinos d'Afrique

Le rapport bénéficie du soutien de la fondation Salif Keita, lui-même albinos et militant des droits de l'homme. "Salif a 60 ans et cela en fait sans doute un des plus vieux albinos du continent", a estimé son frère Mamadou Keita.

"Les autres ont été tués à la naissance, assassinés, ou bien ils sont morts d'un cancer de la peau parce qu'ils étaient mal protégés, qu'ils n'avaient pas accès à un traitement ou qu'ils étaient marginalisés", a ajouté M. Keita à l'AFP.

Si plusieurs meurtriers d'albinos ont été condamnés récemment tant au Burundi qu'en Tanzanie, le mystère demeure sur l'identité des clients pour qui travaillent les sorciers à l'origine de ces assassinats. "Nous avons des preuves selon lesquelles cette question est étouffée, et c'est quelque chose que nous devons demander aux gouvernements" de la région, a relevé M. Schmale.

"Le terrible malheur des gens albinos dans cette partie de l'Afrique est qu'en cette période de crise économique mondiale, ils sont les proies de tueurs à gages qui tirent profit de leur meurtre", relève le rapport de la Fédération.

Les albinos souffrent d'une maladie génétique caractérisée par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux. Ils sont victimes de discriminations dans de nombreuses régions d'Afrique.

Ecoutez Salif Keita sur son engagement pour la protection des albinos, et beaucoup d'autres sujets dans son interview à Jeune Afrique.

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