17/11/2009 à 07h:34 Par AFP
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L'interprétation contestée de l'hymne de l'Afrique du Sud avant le test-match contre la France le 13 novembre à Toulouse a pris lundi la tournure d'un incident diplomatique après que les autorités sud-africaines ont mis en cause les organisateurs français.

La Fédération française (FFR) a, elle, affirmé par la voix de son président Pierre Camou sa "bonne foi" et expliqué avoir respecté la procédure habituelle en prenant conseil auprès de l'ambassade sud-africaine en France, qui lui a indiqué le chanteur de reggae sud-africain Ras Dismani.

Si la performance du chanteur avait fait sourire le public --ainsi que certains joueurs--, les autorités sud-africaines l'ont officiellement qualifiée lundi d'"offense" faite à un de leurs symboles nationaux.

Après l'entraîneur des Springboks Peter de Villiers qui avait affirmé au début de la conférence de presse d'après-match que "les Français n'avaient pas respecté" l'hymne sud-africain, "chanté par quelqu'un qui ne chantait pas bien", la Fédération sud-africaine de rugby (SARU) s'est déclarée "choquée et horrifiée" par cette interprétation.

"Quelque chose s'est vraiment passé de travers à Toulouse et le résultat est qu'une offense a été faite non seulement aux Springboks et à la SARU mais aux Sud-Africains en général", a estimé son président Oregan Hoskins dans un communiqué, précisant avoir écrit à la FFR pour communiquer "ses inquiétudes".

L'ambassade sud-africaine se dédouane

L'ambassade d'Afrique du Sud a ensuite mis en cause la responsabilité du choix du chanteur qui "incombe aux organisateurs" français.

Dans un communiqué, elle a "rejeté toute affirmation selon laquelle ce serait elle qui aurait choisi ou imposé le chanteur". Elle ne peut "être tenue pour responsable" de ce choix pour un "événement non gouvernemental ayant lieu en France".

Au lendemain du match, le manager du XV de France, Jo Maso, avait expliqué que, conformément à la procédure habituelle, la FFR avait contacté l'ambassade afin qu'elle "propose des personnes pour les hymnes".

"On n'est pas des spécialistes, on prend qui on nous a dit. Point", a répété lundi Pierre Camou. "Je peux reconnaître qu'un Sud-Africain n'ait pas été à la hauteur, c'est tout ce que je peux faire", a-t-il estimé.

La représentation sud-africaine a confirmé avoir fourni le nom du chanteur, le seul résidant en France dont elle disposait.

Couleurs du drapeau "inversées"

"Cela ne constituait en rien une recommandation", a-t-elle précisé, tout en pointant "un autre incident lors du même match".

"Le drapeau sud-africain était hissé de manière inappropriée, les couleurs étant inversées", a-t-elle affirmé.

"Les diplomates sud-africains assistant au match ont immédiatement porté ce fait à l'attention des autorités françaises présentes, mais ces dernières ont indiqué qu'il était trop tard pour rectifier l'erreur", raconte-elle.

La FFR s'est attachée à dédramatiser l'affaire.

"J'ai vu plusieurs fois des matches où l'hymne local était chanté et nous, on avait une musique qui ne me paraissait pas très ajustée. C'est comme ça. Nous n'en avons pas fait un incident diplomatique", a rappelé Pierre Camou, estimant qu'"il y a un match de rugby et j'aimerais qu'on reste au match de rugby", remporté (20-13) par le XV de France contre les champions du monde en titre, les Springboks.

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