12/11/2009 à 19h:28 Par AFP
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L'ancien ministre de l'Intèrieur, Charles Pasqua, lors de sa conférence de presse, le 12 novembre L'ancien ministre de l'Intèrieur, Charles Pasqua, lors de sa conférence de presse, le 12 novembre © AFP

Charles Pasqua, condamné à un an de prison ferme dans l'affaire de l'Angolagate, a réitéré jeudi ses accusations contre Jacques Chirac mais sans apporter les "révélations" promises, se contentant d'annoncer une plainte contre l'ancien juge qui a instruit l'affaire, Philippe Courroye.

"Ce n'est pas une affaire judiciaire, c'est une affaire d'Etat", a lancé l'ancien ministre de l'Intérieur devant un parterre de quelque 200 journalistes appâtés par les promesses de "révélations" de M. Pasqua, de "faire trembler un certain nombre de personnages de la République".

"Le comportement de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin a été inacceptable", a-t-il asséné, les accusant jeudi soir sur RTL, de "lâcheté".

Il a consacré l'essentiel de son intervention à répondre aux deux questions que, selon lui, se posent les Français: "qui était au courant des ventes d'armes vers l'Angola?" et "Charles Pasqua est-il coupable de trafic d'influence?"

L'ancien ministre de l'Intérieur a été condamné fin octobre à une peine de prison ferme pour son rôle dans l'Angolagate, une affaire de trafic d'armes de 1993 à 1998. Ces armes ont été vendues sans autorisation officielle des autorités françaises pour 790 millions de dollars.

M. Pasqua a été reconnu coupable de trafic d'influence passif pour avoir favorisé l'attribution de l'ordre du mérite à l'homme d'affaires russe Arcadi Gaydamak. Cette décoration a été remise deux jours après le versement d'environ 230. 000 euros sur le compte d'une association dont il était le vice-président.

Charles Pasqua a réaffirmé que "les plus hautes autorités" du pays étaient au courant des ventes d'armes dès décembre 1995 par une note de la DGSE (sécurité extérieure) adressée à "treize destinataires" dont la présidence de la République et les ministères des Affaires étrangères et de la Défense.

"Au mois de décembre 1995, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Bertrand Landrieu, Jacques Foccart, Hervé de Charrette, Charles Millon étaient donc informés par la DGSE des ventes d'armes vers l'Angola", a-t-il dit.

M. Foccart était le "M. Afrique" de l'Elysée, Charles Millon ministre de la Défense de l'époque, M. de Charrette ministre des Affaires étrangères et Bertrand Landrieu directeur de cabinet de M. Chirac.

"Comment, puisque la justice a estimé que ces ventes d'armes sont illégales, ces autorités n'ont-elles rien fait pour arrêter ces opérations et ne sont-elles pas poursuivies pour complicité?", s'est-il exclamé.

Sur les faits qui lui sont directement reprochés, l'ancien ministre de l'Intérieur s'est dit victime d'une "ignominie", faisant valoir qu'il n'était pas homme "à se prostituer" pour "la vente d'une décoration".

Réaffirmant que la distinction accordée à Arcadi Gaydamak était liée à son rôle dans la libération de deux pilotes français pris en otage en Bosnie en 1995, il a à nouveau mis en cause le président Chirac.

"Cette opération s'est faite avec l'aval du président de la République, avec lequel j'étais en contact direct", a-t-il dit.

Seule surprise, M. Pasqua a annoncé le dépôt d'une plainte contre Philippe Courroye pour "destruction, soustraction et détournement de preuves". Cette plainte contre X a été enregistrée jeudi par le parquet de Paris.

Elle vise l'absence dans la procédure d'une note déclassifiée de la DST de 1998 portant sur le rôle joué par M. Gaydamak dans la libération des pilotes français.

Accusé à l'audience par la défense de M. Pasqua d'avoir volontairement détourné cette pièce, le juge avait répondu que cela ne lui "disait rien".

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