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04/11/2009 à 07h:47
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Le président burkinabè et médiateur de la crise guinéenne Blaise Compaoré Le président burkinabè et médiateur de la crise guinéenne Blaise Compaoré © AFP

Le médiateur burkinabè, le président Blaise Compaoré, a entamé mardi à Ouagadougou des pourparlers avec l'opposition guinéenne, qui demande le départ de la junte au pouvoir, en vue de sortir de la grave crise consécutive au massacre d'opposants le 28 septembre.

Signe de sa détermination, l'opposition a par ailleurs une nouvelle fois "catégoriquement rejeté" l'offre de "dialogue direct, franc et sincère" du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, dont le régime de plus en plus isolé est soumis à des sanctions internationales.

Dès l'ouverture des discussions, le médiateur a demandé aux Forces vives (opposition, syndicats et société civile) de lui faire des "propositions sur la mise en place d'un autre organe" que la junte pour gérer la transition en Guinée jusqu'aux élections générales du premier trimestre 2010.

Ces propositions devraient lui être remises dès mercredi. Le médiateur doit ensuite discuter avec une délégation de la junte avant de présenter une synthèse.

"Le président Compaoré nous a demandé de faire des propositions concrètes sur la transition, notamment sur la mise en place d'un autre organe (que la junte au pouvoir, ndlr) qui va gérer la transition, sur le processus électoral et sur les conditions d'éligibilité, etc. . . ", a déclaré à la presse le leader des Nouvelles forces démocratiques de Guinée (NFD, opposition) Mamadou Mouctar Diallo.

Nouvel appel au dialogue de Dadis

Le président Compaoré, nommé médiateur de la crise en Guinée par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), a réuni mardi à Ouagadougou vingt leaders politiques, représentants de syndicats et de la société civile dans une salle de conférences du palais présidentiel.

Le représentant du secrétaire général de l'Onu en Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit, et un délégué de l'Union africaine (UA), Ibrahima Fall, étaient également présents.

Ces pourparlers font suite au massacre le 28 septembre à Conakry par les forces de sécurité de plus de 150 opposants, selon l'Onu. Depuis cette date, l'opposition demande le départ de la junte, arrivée au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat le 23 décembre 2008.

Juste avant l'ouverture de ces discussions, le chef de la junte avait lancé un nouvel appel au dialogue pour sortir de la crise.

"Seul et seulement le dialogue direct, franc et sincère, constitue la voie royale pour sortir de cette situation", avait indiqué dans la nuit de lundi à mardi le capitaine Moussa Dadis Camara, dans une adresse à la Nation diffusée par la télévision et la radio nationales.

Commission nationale d'enquête

"L'apport extérieur de pays amis et gens de bonne volonté à ce dialogue guinéo-guinéen est certes important, mais la volonté et la détermination patriotiques restent et demeurent la clé du succès auquel aspirent tous les Guinéens", avait-il ajouté.

Mais pour l'opposition, "il n'a fait que du 'réchauffage'". "Tout ce qu'il a dit hier (lundi soir à Conakry), il l'avait déjà dit. C'est du divertissement. Nous rejetons catégoriquement cet appel", a déclaré à l'AFP le leader des NFD.

Par ailleurs, la nouvelle commission nationale d'enquête sur le massacre du 28 septembre, mise en place par la junte, a prêté serment mardi à Conakry mais a été boudée par les "forces vives" guinéennes, a constaté un correspondant de l'AFP.

Sur les 23 membres nommés par décret du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, seuls 16 personnes ont prêté serment.

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Burkina Faso

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