04/11/2009 à 07h:45 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Jean Ping a renvoyé dos à dos mardi les dirigeants politiques malgaches Jean Ping a renvoyé dos à dos mardi les dirigeants politiques malgaches © AFP

Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, a renvoyé dos à dos mardi les dirigeants politiques malgaches, les appelant à prendre leurs responsabilités, lors de l'ouverture d'une réunion pour sortir la grande île de la crise politique.

L'actuel homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina, le président évincé en mars Marc Ravalomanana et deux anciens chefs d'Etat, Didier Ratsiraka et Albert Zafy, participent à cette réunion au siège de l'UA à Addis Abeba qui vise à mettre en oeuvre un partage du pouvoir pendant une période de transition fixée à 15 mois par les accords de Maputo signés le 9 août.

"La situation actuelle à Madagascar est caractérisée par une lassitude quasi-générale ressentie légitimement au niveau de la population", a rappelé M. Ping aux quatre chefs de file.

"La responsabilité des uns et des autres, devant l'Histoire, est pleinement engagée, et aucune considération particulière, aussi légitime fût-elle, ne saurait valoir devant la primauté indiscutable de l'intérêt général", a-t-il estimé.

"Est-ce que Madagascar sortira de la crise?"

En tant que "doyen d'âge des chefs de file des mouvances politiques malgaches", l'ancien président Zafy a prononcé un discours inaugural résumant l'enjeu de cette rencontre.

"Le peuple malgache souffre depuis plus de sept mois, oscillant entre espoir et désespoir", a-t-il dit avant de s'interroger: "Est-ce que Madagascar sortira de la crise? Si c'est oui, alors c'est la fête. Si c'est non, alors c'est un avenir sombre qui s'annonce dont on ne connaît pas la suite".

M. Ping a insisté sur la nécessité pour les chefs de file d'accélérer la mise en oeuvre de ces accords et de la Charte de transition "qui constituent bien l'instrument convenu pour une sortie de crise pacifique, consensuelle et inclusive à Madagascar".

Les accords de Maputo ont notamment dessiné l'architecture d'une transition politique censée mener le pays à une élection présidentielle au plus tard fin 2010.

Selon des sources proches de la médiation, le principal obstacle à l'application des accords est constitué par la position de M. Ravalomanana qui "cherche à reprendre le processus de négociations et d'attribution des postes depuis le début" et à "préserver ses intérêts économiques" dans l'île.

Ravalomanana freine des quatre fers

M. Ravalomanana conteste l'attribution des postes de président, vice-président et Premier ministre de transition, annoncés le 6 octobre à Antananarivo après une réunion entre les quatre mouvances politiques.

Il a récemment martelé qu'il n'accepterait "jamais la nomination d'un auteur de coup d'Etat (Andry Rajoelina) à la tête de la transition".

Lâché par l'armée, M. Ravalomanana avait remis le 17 mars ses pouvoirs à un directoire militaire, qui les avait immédiatement transférés à Andry Rajoelina, l'ex-maire d'Antananarivo, devenu en quelques mois son principal opposant au terme d'un mouvement populaire.

Outre la désignation à la tête de la transition, un Premier ministre de consensus avait été trouvé en la personne d'Eugène Mangalaza, de la mouvance de M. Ratsiraka, en remplacement de Monja Roindefo.

M. Rajoelina a confirmé cette nomination par décret, mais M. Roindefo, le Premier ministre écarté, refuse de quitter la Primature malgré la défection de ses ministres.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Madagascar

Madagascar : indésirable Ravalomanana

Madagascar : indésirable Ravalomanana

Marc Ravalomanana voulait rentrer de son exil sud-africain, mais son avion n'a pas pu atterir sur la Grande Île. Pourquoi le président malgache Rajoelina craint-il tant le retour de son rival ?[...]

Banque : repli stratégique des groupes français en Afrique

Acteurs historiques en Afrique, BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole se désengagent peu à peu.[...]

Loi sur les génocides : Sarkozy aussi a un problème de mémoire

Quand les politiques, pardon, les politiciens - la nuance est de taille -, se hasardent à s'emparer de l'Histoire, c'est la foire aux billevesées assurée. Quand, en outre, ils décident de[...]

Afrique - 2012 en questions : les élections présidentielles sont-elles un piège pour l'économie ?

Mali, Sénégal, Madagascar... les multiples échéances présidentielles risquent de bouleverser les équilibres nationaux.[...]

Madagascar : l'ex-président Ravalomanana empêché de rentrer au pays

L'ex-président malgache Marc Ravalomanana n'a pas pu rentrer dans son pays samedi après près de trois ans d'exil, l'avion qui devait le ramener à Antananarivo ayant du faire demi-tour et revenir[...]

Madagascar : l'ex-président Ravalomanana est parti pour Antananarivo

L'ex-président malgache Marc Ravalomanana a quitté Johannesburg samedi, pour rentrer au pays après près de trois ans d'exil en Afrique du Sud, a constaté un journaliste de l'AFP présent[...]

Madagascar : Marc Ravalomanana annonce son retour d'exil

L’ancien président Marc Ravalomanana a une nouvelle fois annoncé son retour d'exil. Il a déclaré vouloir rentrer à Madagascar samedi 21 janvier, mais son entourage estime que c'est une[...]

CAN 2012 : va y avoir du sport !

Deux pays organisateurs - le Gabon et la Guinée Équatoriale -, quatre favoris - Côte d'Ivoire, Maroc, Sénégal, Ghana -, quelques nouveaux venus, une multitude d'outsiders et autant de grands[...]

Madagascar - France : Ben Andriamaitso, champion de scratch

Arrivé en France à 3 ans, Ben Andriamaitso est devenu champion du monde des DJ en 2000. Le Malgache continue depuis à développer son art de la platine.[...]

Le christianisme a le vent en poupe au sud du Sahara

Qu’ils soient catholiques, protestants ou orthodoxes, les Subsahariens représentent près du quart des chrétiens dans le monde, selon une étude du Pew Forum.[...]

Voir tous les dossiers