Un organisme de santé publique va lancer la plus grande enquête jamais réalisée au Kenya auprès des homosexuels, en dépit de l'interdiction légale de ces relations, dans le but de contenir la propagation du sida.
"Les études montrent que 15% des nouvelles infections par le sida proviennent des homosexuels. Nous pouvons faire tout le bruit que nous voulons autour d'eux, mais nous ne pouvons pas les ignorer", a expliqué jeudi à l'AFP le Dr Nicholas Muraguri, directeur du Programme national de lutte contre le sida et les maladies sexuellement transmissibles (Nascop).
Le Dr Muraguri compte collecter un nombre d'informations statistiquement fiables en faisant circuler au sein de la communauté homosexuelle des questionnaires que chacun sera libre de remplir, avec l'assurance que la confidentialité sera assurée.
"A cause de l'opproble qui les frappe, ces gens vivent en communautés. Les gens seront interrogés par les leurs, voire par leur partenaire sexuel", a expliqué le spécialiste, qui estime à 10. 000 le nombre d'homosexuels dans les deux principales villes du pays, Nairobi et Mombasa.
L'enquête tentera de cerner le nombre d'homosexuels au Kenya, le taux de prévalence du sida en leur sein, leurs pratiques sexuelles (nombre de partenaires, usage du préservatif), et un test de séropositivité sera proposé aux intéressés.
Cette enquête, qui commencera en décembre ou en janvier pour s'achever en juin, pour un coût de 40 millions de shillings kényans (359. 000 EUR), sera d'une ampleur bien supérieure à la précédente qui remonte à 2007.
"C'est la première fois en Afrique qu'un gouvernement prend ainsi l'initiative de se rapprocher des populations à risque", a affirmé le Dr Muraguri, en évoquant le plan gouvernemental de lutte contre le sida récemment adopté, dont fait partie cette enquête.
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