29/10/2009 à 08h:32 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

L'appel à la journée "ville morte" lancé par l'opposition guinéenne était bien suivi mercredi à Conakry et dans plusieurs villes de l'intérieur du pays, un mois après le massacre d'opposants par les forces de défense et de sécurité, a constaté l'AFP.

Mardi soir, le gouvernement guinéen avait qualifié cette journée de "provocation", en appelant "les travailleurs à vaquer à leurs occupations".

A Conakry, le port autonome, des banques et des sociétés d'assurances sont restés fermés tandis que des écoles étaient désertées par les élèves, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le marché de Madina, le plus grand de Guinée, situé dans la banlieue de la capitale, était également fermé et peu de taxis étaient visibles dans les rues.

La vie ne s'était pourtant pas totalement arrêtée dans la capitale guinéenne. La population s'approvisionnait toujours dans de petits marchés. Dans l'administration, les bureaux restaient ouverts, mais bien souvent avec la seule présence des responsables et des chefs de service, selon un journaliste de l'AFP.

"Ville morte" à l'intérieur du pays

L'appel à une journée "ville morte" avait été lancé par le Forum des forces vives de Guinée (partis d'opposition, syndicats, ONG), pour protester contre le massacre d'opposants le 28 septembre à Conakry.

Il a également été suivi dans certaines villes de l'intérieur du pays telles que Labé (nord), Kita (centre-nord) et Kindia (à 130 km à l'est de Conakry), selon des habitants joints par l'AFP.

Les 12 et 13 octobre, un grand nombre de commerces étaient déjà restés fermés, dans plusieurs villes, à l'appel des syndicats, qui demandaient aux travailleurs de rester chez eux pour prier à la mémoire des "martyrs de la démocratie".

Mardi, à la télévision publique, le ministre guinéen de l'Administration du territoire, Frédéric Kolié, avait appelé "les travailleurs à vaquer à leurs occupations".

"Provocation"

Le ministre avait déclaré: "La journée ville morte ne se justifie pas. C'est une autre forme de provocation alors que les négociations sont engagées avec le médiateur de la Cedeao" (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), le président burkinabè, Blaise Compaoré.

La junte au pouvoir, dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara, affirme que 56 civils ont été tués et 934 personnes blessées le 28 septembre, tandis que l'organisation guinéenne de défense des droits de l'homme estime que plus de 157 personnes ont été tuées et 1. 200 blessées dont des dizaines de femmes violées. L'ONU a fait état de plus de 150 morts.

Depuis cette répression sanglante, l'opposition exige la dissolution de la junte, la mise en place d'un gouvernement de transition et la création d'une commission internationale d'enquête sur le massacre.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Guinée

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se méfie[...]

CPI : après Taylor, à qui le tour ?

Le 26 avril, ils étaient nombreux, sur le continent, à suivre le verdict du procès de Charles Taylor. Et à se dire qu'ils pourraient bien un jour, comme l'ancien président libérien,[...]

Guinée : l'ode aux femmes de Mory Kanté

Après huit années de silence, le « griot électrique » Mory Kanté revient avec un nouvel album, La Guinéenne, dédié à toutes les femmes.[...]

Manifestations en Guinée : le pouvoir prêt à employer la force

Face à la résurgence de manifestations publiques de l’opposition pour la tenue de législatives crédibles, le pouvoir guinéen compte désormais employer la force dans les rues. Un[...]

L'avenir est dans la minoterie : Ameth Amar

Au Sénégal, le directeur général de la Nouvelle Minoterie africaine (NMA) est à la tête d'une entrepreprise de 350 salariés.[...]

Présidentielle française : François Hollande vainqueur en Afrique

Comme au premier tour, les électeurs français d’Afrique ont apporté majoritairement leur suffrage à François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat socialiste termine en effet en tête[...]

Les nouvelles technologies au service de l'assurance antifraude

Le français Prooftag réalise plus de la moitié de son chiffre d'affaires en Afrique, grâce à une innovation qui garantit l'authenticité des documents.[...]

Guinée : l'opposition annonce une nouvelle vague de manifestations

Les principaux leaders de l’opposition guinéenne ont annoncé la tenue de manifestations régulières dès le jeudi 10 mai. Objectif : amener le pouvoir à dialoguer selon leurs[...]

Victoire de Hollande : quand le continent rêve d'enterrer la Françafrique

Comme Nicolas Sarkozy en son temps, François Hollande a promis de mettre fin à la "Françafrique" et d'instaurer des rapports sains entre l'Hexagone et les pays du continent. Ses actes seront-ils[...]

Guinée : report sine die des législatives du 8 juillet

Le président guinéen Alpha Condé a annoncé vendredi soir le report sine die des élections législatives prévues le 8 juillet et déjà reportées à maintes[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers