20/10/2009 à 05h:41 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'opposition dénonce un 'coup d'Etat' et appelle au 'boycott massif' des législatives L'opposition dénonce un "coup d'Etat" et appelle au "boycott massif" des législatives © AFP

Six millions de Nigériens sont appelés aux urnes ce mardi pour élire un nouveau Parlement de 113 députés, mais l'opposition et la communauté ouest-africaine demandent un report du scrutin et font pression sur le président Mamadou Tandja pour qu'il parte fin décembre.

Membre de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), le Niger est en crise depuis que Mamadou Tandja, au pouvoir depuis dix ans, s'est octroyé le 4 août une prolongation de trois ans grâce à un référendum constitutionnel unanimement condamné tant dans le pays que par la communauté internationale.

Pour y parvenir, l'ancien colonel âgé de 71 ans a successivement dissous le Parlement puis la Cour constitutionnelle qui s'opposaient à son projet, et a enfin modifié le code électoral.

La nouvelle Constitution supprime la limitation à deux mandats présidentiels de 5 ans successifs et renforce substantiellement les pouvoirs du chef de l'Etat. Depuis son adoption, le Niger vit au rythme des interpellations au sein de la société civile et de personnalités clés de l'opposition.

Dans la foulée, Mamadou Tandja avait annoncé la tenue d'un scrutin législatif le 20 octobre, conformément à "sa" Constitution, en lieu et place de législatives anticipées prévues un mois auparavant.

Demandes de report

L'opposition, dont les manifestations sont souvent réprimées, dénonce un "coup d'Etat" et appelle au "boycott massif" des législatives. "Après son coup d'Etat, M. Tandja veut apporter un vernis démocratique avec cette mascarade électorale", dénonce Mohamed Bazoum, un des dirigeants de l'opposition.

Samedi, au moment même où plusieurs chefs d'Etats ouest-africains étaient réunis à Abuja (Nigeria) pour évoquer le cas de la Guinée et du Niger, des milliers de personnes ont manifesté à Niamey pour demander à la Cedeao de faire pression sur le président nigérien afin qu'il parte fin décembre, date à laquelle aurait dû avoir lieu une élection présidentielle.

La Cedeao lui a officiellement demandé de reporter sine die les législatives du 20 octobre afin de favoriser le dialogue" politique, et a dépêché dimanche des émissaires à Niamey pour une réunion de la dernière chance: la présidente libérienne Ellen Johnson-Sirleaf, l'ancien chef d'Etat du Nigéria Abdulsalami Abubakar et le président de la Commission de la Cedeao Mohamed ibn Chambas.

L'organisation ouest-africaine a pris samedi quelques sanctions limitées contre le Niger (interdiction de présenter des candidats nationaux à des postes dans des organisations internationales, et d'accueillir des réunions de la Cedeao), mais si M. Tandja persiste, les sanctions deviendront alors "pleines et automatiques".

Future assemblée "monocolore"

Malgré ces avertissements, Niamey compte bien organiser le scrutin mardi, décrété jour férié, et les frontières terrestres seront fermées durant 24 heures. Il y a bien quelques candidats indépendants, mais la vingtaine de formations qui seront en lice sont pour la plupart proches du régime.

En lançant la campagne électorale, M. Tandja avait demandé un "vote massif" et "une majorité confortable" au Parlement afin de pouvoir "mener à bien ses grands chantiers".

La campagne qui s'est achevée dimanche s'est déroulée dans l'indifférence totale des populations qui n'ont eu droit qu'à de petits rassemblements de quartiers et des consignes de vote à la télévision d'Etat.

A Niamey, ce n'est pas non plus la fièvre électorale: quelques affiches et des portraits de candidats ont été posées devant le siège des partis ou placardés sur les vitres de voitures. Selon la presse et les médias privés, ce peu d'engouement est compréhensible: il n'y a pas d'enjeux et la future Assemblée sera "monocolore".

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Niger

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se méfie[...]

France-Afrique : Hollande et nous

Le nouveau président français François Hollande connaît très mal le continent. Va-t-il y mener une autre politique que son prédécesseur ? Pas fondamentalement. Un changement de style[...]

Aqmi : les héritiers de Ben Laden

Installé au Mali depuis une quinzaine d'années, le journaliste béninois Serge Daniel s'est penché sur l'évolution de la nébuleuse djihadiste.[...]

Areva condamné en France pour la mort d'un employé, quid des salariés africains ?

Le groupe nucléaire Areva a été condamné en France pour "faute inexcusable". Il est jugé responsable du décès de l’un des anciens employés d’une de[...]

Développement : l'ONG Save the children dénonce les conditions de vie des enfants sur le continent

Les pires pays au monde pour devenir mère sont africains. C’est la conclusion, accablante, du rapport de l’ONG américaine Save the children : dans les dix dernières places du classement, huit[...]

Présidentielle française : François Hollande vainqueur en Afrique

Comme au premier tour, les électeurs français d’Afrique ont apporté majoritairement leur suffrage à François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat socialiste termine en effet en tête[...]

Médias : au Niger, une liberté vite apprivoisée

Journaux, radios et télévisions se multiplient au Niger, un pays où la presse n'est plus considérée comme une ennemie.[...]

Victoire de Hollande : quand le continent rêve d'enterrer la Françafrique

Comme Nicolas Sarkozy en son temps, François Hollande a promis de mettre fin à la "Françafrique" et d'instaurer des rapports sains entre l'Hexagone et les pays du continent. Ses actes seront-ils[...]

Niger : des échanges à forte teneur en uranium

Encore largement tributaire de ses gisements uranifères, le Niger développe les autres filières extractives. Les investisseurs étrangers sont à l'affût.[...]

Niger : la démocratie, un rempart contre les fanatismes

Président de la Haute Autorité à la consolidation de la paix[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers