Extension Factory Builder
14/10/2009 à 10:26
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Plusieurs femmes auraient été violées par les forces de l'ordre Plusieurs femmes auraient été violées par les forces de l'ordre © DR

Des milliers de Congolais ont été expulsé d'Angola dans des conditions très violentes, selon plusieurs victimes. Plusieurs personnes auraient succombé aux coups des forces de l'ordre et des femmes auraient été violées.

Des policiers m'ont réveillée à 4H00, ils ont déchiré ma carte de résident, m'ont emmenée dans un cachot où j'ai été violée, avec d'autres femmes" avant d'être expulsée, raconte Bibi, une Congolaise refoulée brutalement d'Angola vers la RD Congo début octobre.

Selon l'ONU, plus de 16. 000 Congolais ont été recensés dans la Bas-Congo (ouest), expulsés d'Angola depuis août, surtout de l'enclave du Cabinda, située entre la RDC et le Congo-Brazzaville sur l'océan Atlantique. En réaction, la RDC a entamé fin septembre l'expulsion de milliers d'Angolais.

Ces opérations se sont accélérées de chaque côté ces derniers jours, mais mardi les deux pays ont décidé conjointement de les suspendre.

A Yema, une ville située à plus de 600 km au sud-ouest de Kinshasa près de la frontière du Cabinda, les expulsés sont arrivés chaque jour par centaines, traumatisés par les traitements brutaux des forces de l'ordre angolaises lors de leur interpellation et détention.

Traumatisme

Sur un parking devenu un vaste centre d'accueil, des familles refoulées s'entassent dans la promiscuité. Abritée sous un baraquement de bambous couvert de palmes, Bibi, 23 ans, vendeuse de friperie au marché de Cabinda, s'est retrouvée à Yema le 8 octobre.

"Je savais que la rushka (ndlr, expulsion) faisait rage mais quand on a toqué à ma porte, j'étais loin de m'imaginer ce qui allait m'arriver. Ce sont les dredas (ndlr, bandits) qui indiquent aux policiers les habitations des Congolais, sans-papiers ou non, et nous ont dépouillés de nos biens", raconte-t-elle à l'AFP, les larmes aux yeux.

"Si je tenais vraiment à ce que j'ai amassé à Cabinda, j'aurais perdu ma vie. J'ai vu des gens tabassés et mourir pour leurs biens", affirme-t-elle. Elle se retrouve maintenant "démunie" au Congo qu'elle avait fui à cause "du chômage et la pauvreté".

Comme elle, Nicolas Ndaye, ingénieur-informaticien, garde un "très mauvais souvenir des Angolais" après son séjour de trois ans à Cabinda. Installé à l'arrière d'une camionnette qui le ramène de Yema à Muanda, ville côtière sur l'Atlantique, il fulmine.

"J'ai sillonné le monde mais ce que j'ai vécu à Cabinda est un enfer, et pourtant j'y ai formé des informaticiens, investi 3. 200 dollars et je détiens une carte consulaire".

"J'ai tout perdu"

"J'ai tout perdu, il ne me reste plus que la tenue que je porte. J'ai été jeté dans un camion à benne basculante bondé d'au moins 400 personnes, séparé de ma famille", raconte l'homme proche de la cinquantaine, vêtu d'un simple short beige et d'une chemise.

Il affirme avoir dénombré "six morts, des personnes éjectées du véhicule qui roulait à vive allure" vers la frontière. "Ma femme m'a rapporté le viol collectif des femmes dans la cellule où elle était détenue avant son refoulement", ajoute-il.

Hagard, Jean-Claude Molo, 35 ans, vivait depuis 7 ans à Soyo, la ville angolaise frontalière de Banana, près de l'embouchure du fleuve Congo. Il a été l'un des 120 passagers d'une pirogue motorisée réquisitionnée par le service de l'immigration angolaise qui a accosté samedi au port maritime de Banana.

"J'ai été arrêté à 14H00 alors que je vendais des layettes au marché. Les policiers m'ont dit que ma carte de résident ne les intéressait pas, ils m'ont déshabillé, déchaussé et pris mes 7. 000 kwanza (monnaie angolaise, 60 dollars) avant de me conduire au cachot", explique-t-il, pieds nus, vêtu d'un short bleu et d'un polo blanc sales.

Selon un policier des frontières congolais interrogé à Yema, plusieurs expulsés ont été blessés et d'autres tués lors de leur détention ou de leur refoulement.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

RD Congo

RDC : les rebelles hutus rwandais fuient l'offensive de l'armée dans les Kivus

RDC : les rebelles hutus rwandais fuient l'offensive de l'armée dans les Kivus

Les rebelles hutus rwandais des FDLR fuyaient samedi matin l'offensive de l'armée congolaise dans les provinces des Nord et Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, mais des affrontements[...]

RDC : opérations contre les rebelles hutus rwandais au Nord-Kivu

L'armée congolaise a lancé une offensive contre des rebelles hutus rwandais dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris vendredi d'un [...]

Léopards de RDC : Ibenge va convoquer Batshuayi et Mulumba

Actuellement en France, Florent Ibenge, le sélectionneur des Léopards, va convoquer Michy Batshuayi pour les matches amicaux face à l’Irak fin mars. L’attaquant de l’Olympique de Marseille,[...]

RDC : Benoît Chatel condamné à 20 ans de prison pour le meurtre d'opposants à Kabila père

Principal accusé meurtre, il y a 14 ans en France, de deux supposés opposants à Laurent-Désiré Kabila, l'homme d'affaires belge Benoît Chatel a été condamné à[...]

RDC : l'ancien milicien congolais Ngudjolo Chui acquitté par la CPI

Débuté en 2009, le procès de l’ex-chef de milice congolais, Mathieu Ngudjolo Chui, s’est soldé vendredi par la confirmation en appel de son acquittement par la Cour pénale[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

RDC : Kinshasa fustige les critiques du ministre belge De Croo envers le régime de Kabila

Le gouvernement congolais s'est dit "choqué" et  "fatigué des donneurs de leçons" après avoir essuyé les critiques frontales d'Alexander De Croo, le ministre belge de la[...]

Afrique francophone : chef de l'opposition, un statut à double tranchant

Plusieurs pays d'Afrique francophone ont adopté un statut officiel de "chef de file de l'opposition". D'autres ont voté des textes mais attendent toujours la désignation de leur opposant en chef.[...]

Canada : David Muipatayi alias ZPN, autoentrepreneur du hip-hop

Figure montante du hip-hop, ce jeune Congolais est installé dans la province canadienne de l'Ontario, où il produit ses propres disques. En attendant de percer à l'international.[...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20091014T103342Z from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20091014T103342Z from 172.16.0.100