01/10/2009 à 16h:30 Par AFP
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La Brasserie Lipp à Paris, en octobre 1998, lors d'un rassemblement en souvenir de Ben Barka La Brasserie Lipp à Paris, en octobre 1998, lors d'un rassemblement en souvenir de Ben Barka © AFP

Deux ans après leur signature par le juge enquêtant sur la disparition de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka en 1965 à Paris, quatre mandats d'arrêt internationaux, visant notamment le chef de la gendarmerie marocaine, ont été diffusés ces derniers jours par Interpol.

Ces mandats, signés par le juge parisien Patrick Ramaël le 22 octobre 2007 au premier jour d'une visite d'Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc, ont été notifiés ces derniers jours par Interpol, selon une source proche du dossier.

Ils visent le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine, le général Abdelhak Kadiri, ancien patron de la Direction générale des études et de la documentation (DGED, renseignements militaires), Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, l'un des membres présumés du commando marocain auteur de l'enlèvement, Abdlehak Achaachi, agent du Cab 1, une unité secrète des services marocains.

"Ces mandats avaient été diffusés à l'époque sur le territorial national mais avaient été bloqués au niveau européen et mondial", a expliqué l'avocat de la famille Ben Barka, Me Maurice Buttin.

"Red notices"

Leur diffusion récente à Interpol, via le Bureau central (français) d'Interpol, fait suite à un récent feu vert du ministère français de la Justice, selon la source proche du dossier.

Elle intervient alors que le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux est revenu mardi d'une visite de trois jours au Maroc, notamment pour des entretiens avec son homologue marocain Chakib Benmoussa.

Concrètement, à la suite du feu vert du ministère de la Justice, Interpol a relayé ces mandats d'arrêts au niveau international sous la forme d' "avis de recherche internationaux à des fins d'extradition", communément appelés "red notices".

Leur conséquence immédiate est que les personnes visées courent le risque d'être arrêtées dès qu'elles quittent le territoire marocain.

Le juge Ramaël avait émis cinq mandats d'arrêts en octobre 2007, mais le cinquième, visant un autre membre de Cab 1, n'a pas été relayé au niveau international en raison d'un problème de vérification d'identité, a confié une source proche du dossier.

"Réveiller les esprits"

Leur émission en pleine visite présidentielle au Maroc avait plongé la délégation française dans l'embarras. Nicolas Sarkozy s'était retranché derrière le fait que la justice était "indépendante".

Elle visait, selon Me Buttin, avocat de la famille depuis 44 ans, à "réveiller les esprits endormis" sur une affaire qui "fait partie des relations entre la France et le Maroc".

Ben Barka, chef de file de l'opposition marocaine en exil et figure emblématique du tiers-mondisme, a disparu le 29 octobre 1965, devant la brasserie Lipp à Paris (VIe), lors d'une opération menée par les services marocains du roi Hassan II avec la complicité de policiers et de truands français.

Cette affaire retentissante qui avait marqué les débuts de la Ve République n'a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires: le corps de Ben Barka n'a toujours pas été retrouvé et les conditions de sa mort n'ont pas été établies.

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