Mugabe accueille les délégués de l'UE "à bras ouverts"

12/09/2009 à 10h:46 Par AFP
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Robert Mugabe souffle el chaud et le froid avec l'Occident Robert Mugabe souffle el chaud et le froid avec l'Occident © AFP

Le président zimbabwéen a accueilli samedi les délégués de l'Union européenne "à bras ouverts". La veille, Robert Mugabe avait dénoncé "les ingérences des sales Blancs dans les affaires du Zimbabwe".

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a accueilli samedi "à bras ouverts" la première délégation de haut niveau de l'Union européenne à se rendre dans le pays depuis sept ans, sur fond de tensions diplomatiques autour de la question des sanctions.

"Nous vous accueillons à bras ouverts. Nous espérons que nos discussions seront fructueuses et auront une conclusion positive", a déclaré sur un ton jovial le président du Zimbabwe avant le début de la réunion avec le commissaire européen à l'aide au développement Karel De Gucht et la ministre suédoise à la coopération et du développement international, Gunilla Carlsson.

"Sales Blancs"

Cette déclaration apaisante tranche après une violente sortie vendredi, au cours de laquelle Robert Mugabe a dénoncé les ingérences des "sales Blancs" dans les affaires du Zimbabwe.

"Qui a dit que les Britanniques et les Américains doivent commander les autres ? Nous n'avons pas invité ces sales Blancs. Ils veulent fourrer leur nez dans nos affaires. Refusez ça", a lancé aux jeunes de son parti Robert Mugabe, 85 ans, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980.

Il a également souligné qu'il ne reviendrait pas sur sa réforme agraire controversée, lancée en 2000 et visant à redistribuer aux Noirs les terres détenues par les fermiers blancs dans le but de réduire les inégalités, mais qui s'est soldée par le départ forcé de plus de 4. 000 fermiers blancs et qui a totalement désorganisé la production.

Après une inflation de l'ordre de plusieurs milliards pour cent en 2008, les prix ont toutefois commencé à baisser cette année et les investisseurs semblent de nouveau attirés par cet ancien grenier à céréales.

Sanctions

L'Union européenne a envoyé une délégation de haut niveau au Zimbabwe pour la première fois depuis l'imposition des sanctions en 2002, afin d'étudier un éventuel déblocage à terme de son aide au développement.

Ces sanctions incluent notamment un gel de l'aide européenne, en dehors de l'aide humanitaire et sociale directe à la population, ainsi que l'interdiction de présence sur le sol européen pour M. Mugabe, sa femme Grace et leur entourage.

La réunion entre les deux parties débute alors que les dirigeants de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC - 15 pays) ont réclamé mardi lors d'un sommet à Kinshasa la fin des sanctions européennes et américaines afin de promouvoir les investissements, mais sans pour autant vouloir protéger Robert Mugabe.

Mais le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, a affirmé jeudi que l'Union n'était "pas prête" à lever les sanctions, prises pour sanctionner les violations des droits de l'Homme dans le pays.

Crise économique sans précédent

Le Zimbabwe est en proie depuis une décennie à une crise économique sans précédent, mais la formation d'un gouvernement d'union nationale a suscité l'espoir d'une amélioration alors que l'écrasante majorité des habitants est au chômage et n'a pas les moyens de se nourrir.

Le gouvernement d'union, créé en février sous la pression internationale pour sortir le Zimbabwe de la paralysie politique née de la défaite du régime aux élections générales de mars 2008, réunit le président Mugabe et l'ex-opposant Morgan Tsvangirai, aujourd'hui Premier ministre et que la délégation européenne doit rencontrer dimanche.

Plusieurs points de désaccord subsistent toutefois entre les deux hommes, en conflit ouvert notamment sur la nomination du gouverneur de la Banque centrale et la poursuite des violations des droits de l'Homme.

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