04/09/2009 à 21h:40 Par AFP
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Selon le ministre de l'Intérieur, aucune victime n'a été tuée par une arme militaire Selon le ministre de l'Intérieur, aucune victime n'a été tuée par une arme militaire © AFP

Trois personnes sont mortes dans les violences post-électorales depuis le 3 septembre à Port-Gentil, capitale pétrolière du Gabon, a affirmé dimanche le ministre de l'Intérieur et de la Défense, menaçant de requérir "l'état de siège" pour mettre fin aux troubles.

Sur les trois décès, "personne n'a reçu une balle tirée d'une arme militaire", a déclaré devant la presse le ministre gabonais, Jean-François Ndongou, qui s'est rendu à Port-Gentil (ouest).

"Il y a des consignes claires et fermes de ne pas utiliser de balles réelles. Les militaires utilisent seulement les gaz lacrymogènes", a ajouté M. Ndongou, qui a soutenu devant les notables de Port-Gentil être "prêt à accepter une enquête internationale" sur la question.

Jusqu'à dimanche, l'AFP avait pu établir un bilan d'au moins deux morts sur la base des témoignages des familles des victimes.

Port-Gentil, placée sous couvre-feu la nuit, est le théâtre d'émeutes, pillages et d'incendies depuis l'annonce, le 3 septembre, de l'élection à la présidence d'Ali Bongo, fils du défunt président Omar Bongo Ondimba.

Etat de siège ?

Il a par ailleurs menacé de solliciter du parlement l'autorisation d'instaurer un état de siège dans cette cité portuaire si les violences s'y poursuivaient, en invitant à ne pas en faire "un champ de bataille".

Selon la Constitution gabonaise, "le président de la République peut, lorsque les circonstances l'exigent, après délibération du Conseil des ministres et consultation des bureaux de l'Assemblée nationale et du Sénat, proclamer par décret l'état d'urgence ou l'état de siège, qui lui confèrent des pouvoirs spéciaux".

"Nous n'en sommes pas encore à ce niveau. Mais si d'aventure l'ordre, la paix et l'harmonie ne sont pas de mise, nous allons solliciter cette autorisation au parlement", a déclaré le ministre.

"Mais de ce que j'ai vu, le calme revient progressivement", a-t-il estimé, affirmant s'être rendu sur place "pour rassurer les populations.

Interrogé par France 24 sur la possibilité de décréter l'état de siège à Port-Gentil, le Premier ministre gabonais Paul Biyoghé Mba, a répondu: "Pas du tout, au contraire, le calme revient progressivement".

"Toute ma marchandise a été brûlée"

"Il est possible que demain ou après-demain on lève le couvre-feu, donc on est très, très loin de l'état de siège", a-t-il ajouté.

Dans la ville, une cinquantaine d'épaves de voitures étaient visibles tout comme des kiosques à jeux renversés et des barrages dressés.

Au marché de Grand-Village, près du centre-ville, pillé plusieurs fois depuis le début des violences, une commerçante, Justine Obame, a raconté à l'AFP qu'elle avait "tout perdu".

"La première nuit, ils sont venus, ils ont tout brûlé dans le quartier. Le lendemain soir, ils sont revenus pour prendre ce qui n'avait pas été pris. Toute ma marchandise a été brûlée".

Des centaines de personnes ont quitté Port-Gentil, mais, selon un militaire, "il n'y a pas d'exode".

Départs à la chaîne

Dimanche matin, plusieurs centaines de personnes se pressaient aux embarcadères de cette ville côtière, avec quelques maigres bagages, dans l'espoir de fuir, a constaté un journaliste de l'AFP.

Située sur une presqu'île, Port-Gentil n'est accessible que par bateau ou avion, aucune route ne la reliant au reste du pays. Les compagnies aériennes y ont suspendu leurs vols en raison des violences.

Le roi Mohammed VI du Maroc a félicité dimanche Ali Bongo Ondimba pour son élection, lui adressant ses "sincères voeux de plein succès", selon le média privé gabonais en ligne Gabonews.

Le président en exercice de l'Union africaine, le dirigeant libyen Mouammar Kaddafi, avait été un des premiers à le féliciter, suivi du président camerounais Paul Biya.

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