03/09/2009 à 12h:11 Par AFP
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Des émeutes sont survenues dans les principales villes du pays à l'annonce des résultats Des émeutes sont survenues dans les principales villes du pays à l'annonce des résultats © AFP

Ali Bongo, fils du défunt chef d'Etat Omar Bongo, a été proclamé officiellement vainqueur de l'élection présidentielle au Gabon jeudi, un résultat contesté par l'opposition et à l'origine d'incidents visant notamment les intérêts français.

Le gouvernement a imposé un couvre-feu jusqu'à samedi à Port-Gentil, seconde ville du pays à une centaine de kilomètres de Libreville, secouée par des violences, au cours desquelles trois femmes ont été blessées, une Polonaise, une Anglaise et une Gabonaise.

Jeudi soir le calme régnait dans la capitale, désertée par ses habitants et quadrillée par l'armée. Des incidents avaient eu lieu dans la matinée dans au moins deux quartiers populaires. Des jeunes tenaient des discours hostiles à Ali Bongo et à la France, qu'ils ont accusée d'avoir "imposé" aux Gabonais le fils Bongo.

Ali Bongo, 50 ans, a remporté l'élection à un tour du 30 août avec 141.952 voix, soit 41,73% des suffrages, devant l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame (25,88%), et Pierre Mamboundou (25,22%), un indépendant, a déclaré le ministre de l'Intérieur, Jean-François Ndongou. La participation est estimée à 44. 29%.

Incidents antifrançais

Ali Bongo, qui succède à son père, mort début juin après 41 ans de pouvoir, a promis d'être "le président de tous les Gabonais (. . . ) sans exclusive", peu après l'annonce de sa victoire, contestée par ses deux principaux rivaux qui s'étaient eux-mêmes proclamés vainqueurs depuis plusieurs jours.

"C'est un coup d'Etat électoral. Je ne reconnais pas les résultats de l'élection. C'est moi qui (l')ai gagnée", a affirmé André Mba Obame dans un entretien téléphonique avec l'AFP depuis un lieu tenu secret.

Après la proclamation du résultat, des opposants à Bongo ont incendié le consulat général de France à Port-Gentil. Dans la soirée des soldats français du 6ème Bataillon d'infanterie de marine avait pris position devant le bâtiment.

Des installations du groupe pétrolier français Total et du groupe franco-américain Schlumberger y ont aussi été attaquées, faisant, selon le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, "a priori deux blessées, une Gabonaise et une Anglaise". Selon Schlumberger, une employée polonaise a été "sérieusement blessée".

La France se dit "neutre"

M. Joyandet a "appelé au calme" et recommandé aux Français de "rester chez eux". Dans des déclarations à la chaîne de télévision France-24 il a insisté sur la "neutralité" de Paris vis-à-vis des différents candidats. La France dispose d'une base militaire à Libreville, avec un millier d'hommes. Environ 10. 000 ressortissants français sont établis au Gabon.

Dans la matinée la prison de Port-Gentil avait été attaquée par des partisans de Mamboundou qui ont libéré les prisonniers. Ils ont ensuite dressé des barricades au centre-ville, selon un correspondant de l'AFP. Selon son entourage, Pierre Mamboundou, également "en lieu sûr", a été "blessé à la tête et à l'épaule" lors de la dispersion d'une manifestation par les forces de l'ordre à Libreville.

Le ministre de l'Intérieur a cependant nié toute violence contre les leaders politiques. "Aucun militaire, aucun policier n'a frappé ou n'a tiré sur un leader politique. Aucun leader politique n'est arrêté, ils sont tous en liberté", a-t-il affirmé devant le corps diplomatique réuni dans un grand hôtel de la capitale.

Dans son discours, Ali Bongo s'est engagé, "dans la continuité (à) apporter des changements nécessaires" en matière de développement, finances publiques et justice, dans ce pays pétrolier d'environ 1,5 million d'habitants, aux richesses très inégalement réparties.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exprimé "sa préoccupation à la suite des informations faisant état d'incidents dans certaines régions du pays et appelé à la retenue".

Les Etats-Unis ont appelé "les partis et les citoyens gabonais à réagir pacifiquement aux résultats" et à respecter le processus démocratique.

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