25/08/2009 à 11h:27 Par AFP
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Le ministre américain de la Justice a annoncé lundi la nomination d'un procureur pour enquêter Le ministre américain de la Justice a annoncé lundi la nomination d'un procureur pour enquêter © AFP

Un procureur a été nommé pour enquêter sur les violences utilisées par la CIA dans le cadre d'interrogatoires antiterroristes. Cette décision est liée à un rapport de l'Inspecteur général de la CIA datant de 2004, dont des extraits ont été rendus publics lundi.

Le ministre américain de la Justice a annoncé lundi la nomination d'un procureur pour enquêter sur les méthodes violentes utilisées par la CIA dans le cadre des interrogatoires antiterroristes, sur fond de nouvelles révélations.

"Les informations que j'ai en ma possession justifient l'ouverture d'une enquête préliminaire pour savoir si les lois fédérales ont été violées dans le cadre des interrogatoires de certains détenus hors des Etats-Unis", a expliqué le ministre de la Justice, Eric Holder, dans un communiqué.

Enquête préliminaire

Il a précisé avoir décidé de confier cette "enquête préliminaire" à John Durham, un procureur nommé par son prédécesseur en 2008 pour enquêter sur la destruction par la CIA de 92 vidéos d'interrogatoires.

Celui-ci lui fera des recommandations quant à l'éventuelle nécessité de mener une "investigation complète", sans pour autant présumer que "des poursuites suivront automatiquement", a assuré le ministre.

Le président américain Barack Obama s'est toujours dit opposé à des poursuites judiciaires contre les politiques antiterroristes pratiquées sous l'administration Bush, estimant qu'il valait mieux "aller de l'avant que regarder en arrière".

Réouverture de dossiers classés

"La décision finale de savoir si quelqu'un a violé la loi est prise en toute indépendance par le ministre de la Justice", a assuré peu après l'annonce Robert Gibbs, porte-parole de la Maison Blanche, dans un communiqué laconique.

"Je me rends totalement compte que l'ouverture de cette enquête va être contestée", a reconnu M. Holder.

Neuf sénateurs républicains se sont déjà dits "profondément déçus" de cette décision.

C'est la lecture d'un rapport de l'Inspecteur général de la CIA datant de 2004, dont des extraits ont été rendus publics lundi, qui a convaincu le ministre de rouvrir plusieurs dossiers de violences contre des détenus que ses prédécesseurs avaient classés.

Menaces de mort et de viol

Ce rapport raconte comment des agents de la CIA ont menacé le cerveau autorevendiqué des attentats du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed, de tuer ses enfants s'il ne parlait pas.

Il détaille également comment le principal suspect dans l'attentat contre le navire américain USS Cole en 2000, Abdel Rahim al-Nachiri, a été menacé d'un revolver puis d'une perceuse électrique en marche avant que les interrogateurs lui laissent entendre qu'ils pourraient violer sa mère en sa présence.

Selon le rapport, des pastiches d'exécution sommaire figuraient également dans l'éventail des méthodes d'interrogatoires unanimement condamnées lundi par les organisations de défense des droits de l'Homme.

"Des techniques d'interrogation et de détention non autorisées, improvisées et illégales ont été utilisées", conclut l'Inspecteur général, en précisant que "des agents sont au courant de méthodes d'interrogatoires hors ou au delà des limites fixées" par les textes réglementaires rédigées par le ministère de la Justice.

Fin du monopole des interrogatoires antiterroristes

Dès avant la révélation de ce rapport, le directeur de la CIA, Leon Panetta, nommé par M. Obama dès son arrivée à la Maison Blanche, avait estimé que les faits relatés étaient de l'"histoire ancienne".

Un peu plus tôt lundi, des hauts responsables de l'administration ont annoncé que le président Obama avait approuvé la création d'une nouvelle unité transversale chargée de conduire les interrogatoires de terroristes présumés.

La nouvelle unité s'installera dans les locaux du FBI et sera supervisée par le Conseil pour la sécurité nationale (NSC), à la Maison Blanche, retirant de fait à la CIA - qui y participera néanmoins - le monopole des interrogatoires antiterroristes.

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