La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a demandé à la Fédération sud-africaine de lui fournir des informations sur Caster Semenya, sacrée championne du monde du 800 m mercredi soir, suspectée d'être un hermaphrodite et de présenter des attributs féminins et masculins.
"Après ses sensationnels Championnats d'Afrique juniors où elle a amélioré ses temps sur 800 et 1500 m, il y a eu des rumeurs et des spéculations sur elle", a expliqué mercredi Nick Davies, porte-parole de l'IAAF.
"Nous avons contacté les gens de la Fédération sud-africaine pour savoir s'ils avaient des documents permettant d'établir son sexe. Ce sont ces documents qu'ils sont en train de recueillir, mais il faut savoir que c'est un processus complexe, qui prend du temps et coûte cher", a-t-il poursuivi. "C'est une question que nous prenons au sérieux", a-t-il souligné.
Morphologie masculine
Selon Nick Davies, la constitution de ce dossier qui comprend l'expertise d'experts, psychologues et gynécologues, prend plusieurs semaines. "Nous n'avons à l'heure actuelle aucun élément définitif ne l'autorisant pas à participer au 800 m", a-t-il encore précisé.
"Il serait totalement injuste de l'exclure. C'est un dossier sensible, une question de santé, cela concerne une personne qui n'a rien fait d'illégal, il faut être juste avec elle", a-t-il insisté.
Agée de 18 ans, Semenya, dont la morphologie et l'apparence semblent très masculines, avait déjà fait sensation lors des Mondiaux juniors à Bambous (Maurice) fin juillet/début août en remportant le 800 m en 1:56. 72 et le 1500 m en 4:08. 01.
Vers un retrait de la liste des vainqueurs?
Après son titre, l'IAAF en accord avec la fédération sud-africaine, a décidé que Semenya ne pouvait pas participer à la conférence de presse suivant traditionnellement une course.
"Elle est jeune, elle a 18 ans, elle n'est pas préparée à répondre aux questions que vous êtes en droit de lui poser, il y a six mois, personne ne la connaissait", a expliqué Pierre Weiss, le secrétaire général de l'IAAF.
"C'est clair: si à la fin de ces enquêtes (une en cours en Afrique du Sud, une autre à Berlin, ndlr), il apparaît que ce n'est pas une femme, nous la retirons de la liste des vainqueurs", a-t-il insisté.
"Pour l'heure, il n'y a aucune preuve, il n'y avait aucune raison de la retirer de la liste des engagées", a-t-il conclu.

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