30/07/2009 à 17h:03 Par AFP
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Mehdi Karoubi, lors d'une manifestation le 15 juin dernier Mehdi Karoubi, lors d'une manifestation le 15 juin dernier © AFP

Les forces de l'ordre iraniennes s'en sont prises aux manifestants, venus avec les opposants Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi rendre hommage aux victimes des manifestations violemment réprimées du 20 juin dernier. Depuis la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad, les heurts se multiplient.

La police iranienne, armée de matraques et de bâtons, s'en est pris jeudi aux manifestants rassemblés dans un cimetière de Téhéran pour rendre hommage aux victimes des troubles consécutifs à la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad.

Il s'agit des premiers heurts depuis ceux qui avaient opposé le 9 juillet près de l'université de Téhéran la police à des centaines de personnes rassemblées pour commémorer les manifestations étudiantes de 1999.

Plus de 2.000 personnes, d'après le récit de témoins, s'étaient rassemblées au cimetière de Beheshte Zahra, dans le sud de la capitale, pour marquer le quarantième jour de la mort des victimes de la manifestation particulièrement violente du 20 juin.

 

Matraques, bâtons et ceintures

Les manifestants ont chanté des slogans de soutien au chef de l'opposition Mir Hussein Moussavi, contraint de rebrousser chemin par les centaines de policiers anti-émeutes déployés pour l'occasion.

D'autres ont lancé des pierres contre les policiers qui encerclaient Mehdi Karoubi, un autre chef de l'opposition tandis que d'autres encore criaient "à mort le dictateur", "gouvernement du coup d'Etat, démission!".

Les policiers ont fait usage de matraques, de bâtons et de ceintures pour disperser ceux qui souhaitaient se recueillir. La plupart des manifestants tués dans les troubles consécutifs au scrutin présidentiel du 12 juin, une trentaine selon une commission parlementaire, sont enterrés à Beheshte Zahra.

Plusieurs personnes ont en outre été arrêtées, ont raconté des témoins, dont le réalisateur Jafar Panahi, sa femme et sa fille. Représentant de la Nouvelle vague du cinéma iranien, il Panahi a plusieurs fois été primé pour ses films, dont la plupart ont été frappés par la censure dans son pays.

 

Appel à un rassemblement silencieux

Mir Hossein Moussavi a tenté de s'approcher de la tombe de Neda Agha-Soltan, une jeune femme tuée par balle le 20 juin devenue le symbole de la contestation de la réélection du président Ahmadinejad. Mais il n'a "pas été autorisé à réciter les versets du Coran habituellement dits en de telles occasions et il a été immédiatement encerclé par la police anti-émeute qui l'a reconduit vers sa voiture", a expliqué un témoin.

Mehdi Karoubi a en revanche pu rester sur place et se recueillir sur les tombes. "Nous avons demandé la permission pour une cérémonie silencieuse au Grand Mossala (lieu de prière à Téhéran) mais le ministère de l'Intérieur l'a refusée. Nous avons alors pensé que le meilleur endroit pour faire cela et lire le Coran est Beheshte Zahra, sur la tombe des martyrs. Je ne comprends pas ce déploiement policier", a lancé M. Karoubi.

MM. Moussavi et Karoubi, qui réclament toujours l'annulation de la présidentielle pour fraude et une nouvelle élection, avaient initialement appelé à un "rassemblement silencieux" au Grand Mossala, où des policiers étaient également déployés en nombre, selon des témoins.

Face au refus des autorités, ils avaient décidé de se rendre à Beheshte Zahra.

 

Ahmadinejad contesté jusque dans son camp

Dans le même temps, le porte-parole de la commission parlementaire sur les prisonniers, Kazem Jalali, a annoncé qu'il restait 250 personnes en prison dont 50 personnalités politiques.

Le procureur général de l'Iran, Ghorbanali Dori-Najafabadi, avait indiqué mercredi qu'une grande partie des centaines de prisonniers seraient libérés d'ici vendredi.

Outre les critiques de l'opposition, le président Ahmadinejad fait face à celles de ses amis conservateurs pour avoir tardé à appliquer l'ordre du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, de démettre son premier vice-président Esfandiar Rahim Mashaie.

Ce dernier, critiqué pour avoir déclaré que l'Iran était "l'ami du peuple israélien", a fini par démissionner, mais le président l'a ensuite nommé directeur de son bureau, provoquant de nouvelles protestations dans le camp conservateur.

Le président Ahmadinejad doit prêter serment devant le Parlement le 5 août.

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