23/07/2009 à 05h:59 Par AFP
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Le roi du Maroc lors de la célébration du 3e anniversaire de son avènement à Tanger en 2002 Le roi du Maroc lors de la célébration du 3e anniversaire de son avènement à Tanger en 2002 © AFP

Dix années au pouvoir, et dix années de changement pour le Maroc. Succédant à son père, Mohamed VI a su faire avancer le pays, économiquement, mais aussi socialement et politiquement. Pourtant, son bilan reste mitigé sur les questions des libertés et de l'éducation notamment.

Le roi Mohammed VI du Maroc passe aujourd'hui le cap des 10 ans d'un règne caractérisé par des réformes importantes mais aussi des frustrations dans, notamment, les domaines de l'éducation, la santé, les droits de l'Homme et la justice.

Les célébrations officielles n'auront lieu qu'à la fin du mois, avec un discours très attendu le 29 juillet et, le lendemain, la traditionnelle et haute en couleurs cérémonie d'allégeance, la bey'a.

L'endroit où se déroulera cette Fête du trône, qui a lieu chaque année et correspond aussi à la fête nationale, n'est pas encore annoncé mais la presse marocaine penche pour Tétouan ou Tanger, deux villes du nord du pays.

A cette occasion, le souverain alaouite, tout de blanc vêtu, à cheval et protégé du soleil par un parasol tenu à bout de bras par un serviteur, traverse une foule de personnalités -oulémas (docteurs en théologie), ministres, hauts fonctionnaires, parlementaires, etc. - qui se courbent à son passage et font acte d'allégeance.

"Statut avancé" dans l'UE

C'est le 23 juillet 1999 au soir que Mohammed VI, alors âgé de 35 ans, a succédé à son père Hassan II, décédé le même jour.Dix ans ont passé et, indéniablement, le Maroc bouge.

En 2008, le pays a obtenu de l'Union européenne un "statut avancé" qui lui permettra à terme d'accéder librement au marché européen et se dote d'infrastructures (routières, ferroviaires, portuaires) sans commune mesure au Maghreb.

Sur le plan économique, les trois principaux postes de recettes budgétaires -tourisme, transferts de fonds des MRE (Marocains résidant à l'étranger) et exportations de phosphates- accusent des baisses sensibles, "impactés" par la crise mondiale.

Malgré cela, le Maroc enregistre une croissance annuelle de son PIB d'environ 5%, un taux qui ferait la joie de nombre d'économies occidentales.

Libertés en demi-teinte

Sur le plan des libertés, le bilan est contrasté.

Les victimes des "années de plomb" du règne précédent ont été indemnisées à l'issue d'un travail important -à défaut d'être complet, puisque les tortionnaires n'ont été ni nommés ni inquiétés- de l'Instance équité et réconciliation (IER).

Un nouveau code de la famille (Moudawana) a été adopté en 2004, donnant aux femmes (presque) les mêmes droits qu'aux hommes, rendant plus difficile la répudiation et la polygamie. Et ce, malgré l'hostilité des islamistes radicaux.

Commandeur des croyants (Amir Al-Mouminine), Mohammed VI a aussi initié une ambitieuse reconquête du destinée à promouvoir un islam tolérant.

Enfin, la presse écrite jouit d'une liberté enviable dans le monde arabe, dès lors qu'elle ne remet pas en cause la religion (rite sunnite malékite officiel), la monarchie ou l'intégrité territoriale (le Sahara occidental, annexé par le Maroc en 1975).

Une vingtaine de quotidiens et hebdomadaires marocains sont toutefois sortis sans éditorial le 10 juillet pour protester contre de récentes décisions de justice prononcées à l'encontre de trois journaux arabophones et d'un mensuel économique francophone, condamnés à de lourdes amendes pour diffamation.

Corruption, analphabétisme...

L'indépendance de la justice est régulièrement critiquée par la presse et les ONG marocaines, qui affirment que torture et détentions arbitraires continuent.

Et, en dépit des efforts des autorités, la corruption reste largement pratiquée à tous les niveaux. Selon l'Instance centrale de prévention de la corruption (officielle), le Maroc a "régressé de la 37ème place sur 90 Etats en 2000 à la 80ème place sur 180 en 2008".

Enfin, plus de 40% de la population est encore analphabète et les inégalités sociales perdurent. Et, dans le rapport mondial sur le développement humain 2007-2008 du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), le Maroc occupe une peu flatteuse 126ème place.

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