22/07/2009 à 06h:24 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les membres du Mend dans le delta du Niger au Nigeria Les membres du Mend dans le delta du Niger au Nigeria © AFP

Les rebelles nigerians du Mend ont affirmé, dans un message envoyé à la presse, avoir libéré les six membres d'équipage qu'ils retenaient en otage depuis le 5 juillet dernier. Parmi eux, trois Russes, deux Phillipins et un Indien. Plus tôt dans la journée, on avait eu la confirmation de la libération de deux des otages seulement.

Le principal groupe armé sévissant dans le sud pétrolifère du Nigeria, le Mend, a annoncé mercredi avoir relâché six otages russes, philippins et indien, capturés début juillet sur un chimiquier.

"L'ensemble des six otages parmi lesquels trois Russes, deux Philippins et un Indien ont été remis en même temps mardi soir à des agents de leurs employeurs", a indiqué le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend) dans un courriel à l'AFP.

Le groupe armé avait kidnappé le 5 juillet six des 19 membres d'équipage du chimiquier Sichem Peace, dans le delta du Niger. Il précise qu'"aucune rançon n'a été versée".

De leur côté, Moscou et Manille ont chacun annoncé mercredi la libération de deux ressortissants capturés sur le tanker. Les deux ex-otages philippins se trouvent désormais à Lagos et ont été en contact avec leurs familles, a précisé le ministère philippin des Affaires étrangères.

Un doute persistait mercredi sur la nationalité d'un des marins. Le Mend a depuis le début fait état de trois Russes tandis que Moscou parlait de deux Russes et un Ukrainien.

Rendre la réciproque

Ces libérations, a indiqué le Mend mardi soir, sont "le fruit de l'actuel cessez-le-feu et nous espérons que le gouvernement fédéral va commencer à nous rendre la réciproque en retirant la JTF (Joint Task Force, force mixte police-armée) de la commune de Gbaramatu (dans l'Etat du Delta) et en autorisant les personnes déplacées à retourner chez elles", poursuit le groupe armé.

A la suite d'une offre d'amnistie du président nigérian Umaru Yar'Adua aux militants qui déposeront les armes, et après de longues semaines d'affrontements avec l'armée et d'attaques répétées contre des infrastructures pétrolières dans le delta, le Mend a décrété le 15 juillet une trêve de deux mois.

Il a exigé comme préalable à toute discussion le retrait des troupes fédérales d'une partie du delta du Niger. Mais le nouveau ministre de la Défense Godwin Abbe avait répliqué que le Mend n'avait pas à poser de conditions: "le gouvernement prendra une décision concernant ses troupes quand la situation le permettra et que la loi et l'ordre seront durablement rétablis".

Répartition plus juste des richesses

Le Mend affirme mener une "guerre du pétrole" contre les multinationales et les autorités fédérales. Depuis son apparition en 2006, il a multiplié sabotages et attaques d'infrastructures pétrolières appartenant à des majors comme Shell ou Chevron.

Deux jours avant sa trêve, le Mend avait mené un raid spectaculaire contre un terminal pétrolier à Lagos, faisant plusieurs morts, sa première opération depuis trois ans hors du delta du Niger.

Mardi soir, le groupe a par ailleurs menacé d'attaquer à nouveau des gazoducs et installations pétrolières endommagés lors de ses attaques s'ils étaient réparés pendant la trêve.

Le Mend affirme agir au nom des populations locales misérables et attend des autorités qu'elles s'attaquent aux problèmes de fond de la région du delta: pauvreté, sous-développement, pollution.

Le groupe insiste sur l'instauration d'un véritable "fédéralisme fiscal" et veut une augmentation de la part des revenus pétroliers et gaziers qui revient aux Etats du Delta, grâce auxquels le Nigeria tire environ 90% de ses devises.

Conséquence de la violence récurrente depuis trois ans dans le Delta, la production de brut du pays se situe actuellement entre 1,2 et 1,5 million de barils par jour (mb/j) selon plusieurs sources industrielles et officielle, contre 2,6 mb/j en 2006.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Nigeria

Présidence de la Cedeao : OPA bienveillante de Ouattara et Compaoré

Présidence de la Cedeao : OPA bienveillante de Ouattara et Compaoré

Le futur président de la Cedeao doit être élu lors du prochain sommet des chefs d'État de l'institution, le 16 février à Addis Abeba. Selon nos informations, le président ivoirien Al[...]

Bourse : FTSE-ASEA, le nouvel indice panafricain

Destiné aux investisseurs étrangers, un nouvel indice boursier panafricain doit être lancé au deuxième trimestre 2012.[...]

CAN 2012 - Quarts de finale : affrontez nos pronostics !

Le premier tour de la CAN 2012 a apporté son lot de surprises. Si des équipes comme la Côte d’Ivoire et le Ghana ont tenu leur rang et font toujours figure de favoris, d’autres ont fait leurs[...]

Internet en Afrique de l'Ouest : la fracture numérique en voie de guérison

L'arrivée de deux nouveaux câbles sous-marins va marquer une étape importante dans le développement du web en Afrique de l'Ouest. Mais tous les obstacles à sa démocratisation sont loin[...]

Nigeria : le porte-parole présumé de Boko Haram, "Abu Qaqa" aurait été arrêté

Plusieurs responsables de la police nigériane ont affirmé mercredi 1er février que le porte-parole présumé de la secte islamique Boko Haram, connu sous le surnom de "Abu Qaqa", aurait[...]

Sanusi Lamido Sanusi : "Les investisseurs étrangers sont très mal informés sur le Nigeria"

Sanusi Lamido Sanusi est le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria. Garant des équilibres financiers nationaux, il soutient la décision gouvernementale de ne plus subventionner les carburants. A 50 ans, deux [...]

Les banques internationales à l'assaut du marché africain

Poussés hors de leurs marchés domestiques par la crise de la dette, les établissements bancaires européens, américains, mais aussi chinois et qataris multiplient les initiatives pour se renforcer[...]

Le Nigeria inquiète ses voisins

La propagation de l'islamisme radical et la flambée du prix de l'essence constituent les deux motifs d'inquiétude des voisins du Nigeria.[...]

Nigeria : "Sans la brutalité de l'État, nous n'en serions pas là"

Marc-Antoine Pérouse de Montclos est chercheur à l'Institut français de recherche pour le développement (IRD). Selon lui, le Nigeria n'est pas au bord de la guerre civile et est encore moins[...]

Le Nigeria est-il gouvernable ?

Au pouvoir depuis deux ans, le président nigérian Goodluck Jonathan affronte une crise sans précédent. La manière forte contre Boko Haram a contribué à radicaliser le mouvement[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers