11/07/2009 à 06h:35 Par AFP
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Le premier ministre français a effectué une visite éclair aux Comores samedi pour "présenter les condoléances" de la France après le crash de l'A310, qui avait coûté la vie à 152 personnes le 30 juin. François Fillon a également rencontré le président comorien Ahmed Abdallah Sambi, avec qui il a abordé certaines divergences concernant les circonstances du drame.

Le Premier ministre français François Fillon a fait samedi une visite éclair aux Comores pour "présenter les condoléances" de la France après le crash d'un Airbus de Yemenia qui a fait 152 morts. Le président comorien a saisi l'occasion pour demander de l'aide pour désenclaver l'archipel.

Seule annonce concrète du déplacement, quelque 200 proches de victimes seront acheminés gratuitement aux Comores lundi depuis Paris et Marseille, d'où venaient de nombreux passagers de l'avion accidenté, à bord d'un vol affrété par la Yemenia, mais assuré par une autre compagnie.

Arrivé en début d'après-midi, M. Fillon a pu voir le long de la route le menant au palais présidentiel des panneaux proclamant "Les Comores en deuil", ou "Les Comoriens unis dans le deuil sont plus forts contre le chagrin".

Polémique

Il a immédiatement eu un entretien avec le président comorien Ahmed Abdallah Sambi, qui lui a demandé de "renforcer autant que nécessaire" le dispositif de recherche des boîtes noires de l'A310 de Yemenia, qui s'est écrasé le 30 juin au large de la Grande Comore. Le signal des enregistreurs a été repéré le 5 juillet, mais ils n'ont toujours pas été récupérés dans l'océan Indien.

"J'ai également émis le souhait que la France nous apporte son soutien pour lutter contre l'enclavement aérien des Comores," a poursuivi M. Sambi, alors que seules quelques compagnies desservent l'archipel et que Yemenia avait un temps envisagé de suspendre ses vols en raison des critiques et manifestations contre l'état de l'appareil accidenté.

Les deux hommes ont évoqué, mais pas en public, la polémique qui avait suivi l'accident. Paris, qui avait interdit l'appareil accidenté de vol sur son territoire, mais pas Yemenia dans son ensemble, a été accusé de ne pas avoir cherché à interdire de vol un "avion poubelle" et de mobiliser moins de moyens que lors de l'accident début juin du vol Air France Rio-Paris.

Rien à "reprocher" à Paris

Mais face à ce sentiment de discrimination, récemment relayé par M. Sambi lui-même, M. Fillon a réaffirmé que la France avait alerté les autorités aéronautiques européennes compétentes et qu'il n'y avait rien à "reprocher" à Paris.

Rappelant que Paris avait engagé des moyens maritimes, aériens et humains, dont des plongeurs, M. Fillon a exprimé l'espoir que les "boîtes noires" soient récupérées "d'ici quelques jours".

Concernant les liaisons aériennes, il a rappelé qu'Air France, qui ne dessert pas l'ancienne colonie française, était une compagnie privée, mais s'est engagé à étudier une éventuelle "desserte exceptionnelle des Comores".

Le sauveur de la seule rescapée décoré 

M. Fillon a également décoré un acteur du "miracle" du crash, un marin comorien de 43 ans qui a participé au sauvetage de la seule rescapée, Bahia Bakari, une jeune fille de 12 ans originaire de région parisienne.

"Elle était sur un morceau de contreplaqué qu'elle a lâché quand elle a vu notre bateau. J'ai nagé sur 30 mètres pour la rejoindre car elle était trop fatiguée pour nager. Elle s'est accrochée à moi et le bateau m'a envoyé une bouée de sauvetage," a raconté Libouna Selemani Matrafi, avant de recevoir la "médaille d'honneur pour acte de courage et faits de sauvetage".

Avant de repartir pour Mayotte, l'île de l'archipel comorien restée dans le giron français, M. Fillon a participé à une brève cérémonie oecuménique, en présence de cadis (juges musulmans), d'un imam et du nonce apostolique. Un "moment de recueillement très important", a glissé le Premier ministre français en quittant les familles aux yeux rougis.

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