04/07/2009 à 10h:58 Par AFP
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Défié à Marseille en hommage aux victimes du crash de l'A310 Défié à Marseille en hommage aux victimes du crash de l'A310 © AFP

La compagnie Yemenia a annoncé samedi qu'elle suspendait tous ses vols à destination de Moroni en raison des tensions créées par le crash de son Airbus A310 qui a fait 152 morts, auxquels la communauté comorienne de Marseille a rendu hommage par une marche silencieuse.

"Eu égard aux graves évènements survenus ces derniers jours et aux risques majeurs que certaines personnes font courir au personnel des aéroports, de notre compagnie, et aux passagers, Yemenia a pris la décision de ne plus desservir la ville de Moroni (Grande Comores) pour une durée indéterminée à partir du 3 juillet 2009 et jusqu'à ce que la situation s'apaise", indique la compagnie aérienne dans un communiqué.

Yemenia desservait les Comores via la capitale yéménite, Sanaa, et seuls les vols se posant à Moroni sont concernés par la suspension, a expliqué l'avocat de la compagnie, Me Laurent-Franck Liénard. En revanche, elle maintient deux vols réguliers hebdomadaires entre Paris et Sanaa et continue d'assurer ses liaisons au départ de Paris transitant par sa plate-forme de Sanaa, à destination de Kuala-Lumpur ou de Djakarta par exemple.

La France pointée du doigt

Depuis que le vol 626 de la compagnie yéménite s'est abîmé en mer mardi près des côtes des Comores, des membres de la communauté comorienne de France manifestent leur colère contre les "vols-poubelle" à destination de l'archipel de l'Océan Indien, reprochant à la France d'avoir négligé sa sécurité.

Certains ont ainsi ont bloqué à Paris et à Marseille l'enregistrement de vols de Yemenia à destination de Moroni, la poussant jeudi à suspendre ses liaisons au départ de Marseille.

L'Airbus A310 de Yemenia n'avait pas été formellement interdit en France mais n'y est pas revenu depuis un contrôle ayant montré des irrégularités en 2007.

"Yemenia partage la douleur des familles qui ont perdu des êtres chers dans ce tragique accident" mais "ces manifestations de violence et menaces graves visent à interdire à la compagnie de poursuivre sa route vers les Comores. Elles risquent de conduire à un nouveau drame, au sol ou dans les airs, que la compagnie Yemenia a pour devoir d'éviter", affirme le transporteur dans son communiqué pour expliquer sa décision.

Appel au calme et à la solidarité nationale

Des milliers de personnes (10.000 selon la police, 40.000 selon les organisateurs) issues de la communauté comorienne de Marseille ont défilé en silence samedi dans les rues de la ville en hommage aux victimes de l'accident.

Le cortège, long et dense, est parti de la Porte d'Aix au centre-ville au son d'une prière coranique et derrière une banderole noire. Aucun slogan n'était audible mais les participants brandissaient des banderoles où l'on pouvait lire "plus de poubelles volantes" ou "les morts n'ont pas de prix, nous nous battrons jusqu'au bout".

Quelque 130.000 Comoriens ou Franco-Comoriens vivent en France, dont quelque 80.000 à Marseille, soit davantage qu'à Moroni, la capitale comorienne.

Peu auparavant, le président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, avait appelé la communauté comorienne de France au "calme" et à la "sérénité, leur demandant par l'intermédiaire de son ambassadeur à Paris de "faciliter la mobilisation de la solidarité nationale et internationale dont nous avons besoin".

Le Premier ministre François Fillon a nommé samedi Christine Robichon comme ambassadrice chargée des relations avec les familles et les proches des victimes du vol 626 de Yemenia. Elle aura notamment pour mission de faciliter leurs relations avec "les administrations concernées ainsi qu'avec les interlocuteurs yéménites et avec Yemenia".

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