02/07/2009 à 11h:49 Par AFP
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Le 'guide' libyen souhaite mettre en place une 'Autorité' africaine aux pouvoirs élargis Le "guide" libyen souhaite mettre en place une "Autorité" africaine aux pouvoirs élargis © AFP

Les chefs d'Etat africain devaient aborder, lors du sommet de l'Union Africaine, la délicate question de la création d'un "gouvernement africain". Le président de l'UA, le libyen Mouammar Kaddafi, se montre très insistant pour créer rapidement une "Autorité", au grand dam de certains pays pour qui l'union doit êtrre avant tout économique.

Les chefs d'Etat africains menaient jeudi, au 2e jour de leur sommet à Syrte (Libye), des discussions serrées sur le projet de "gouvernement africain" cher à leur hôte Mouammar Kaddafi avant de se pencher sur les crises et conflits qui secouent leur continent.

Le "Guide" libyen, hôte du sommet en tant que président en exercice de l'Union africaine (UA), plaide pour la création d'une "Autorité" aux pouvoirs élargis, malgré les réticences de plusieurs pays notamment d'Afrique Australe.

Jeudi matin, l'ambiance était tendue au niveau des 53 délégations au lendemain de débats houleux entre ministres des Affaires étrangères qui, selon des sources concordantes, se sont achevés sans conclusion après un vif incident entre le Nigeria et la Libye.

"Tout le monde est très fâché, et on ne sait pas encore comment on va s'en sortir", résumait un délégué alors que les chefs d'Etat s'apprêtaient à se retrouver en séance plénière.

Kaddafi fait monter la pression

Certains pays reprochent au colonel Kaddafi de vouloir forcer leur décision en prévoyant dès ce sommet la création d'une "autorité" dotée de pouvoirs exécutifs dans trois domaines touchant à la souveraineté des Etats: Défense, relations internationales et commerce extérieur.

Le numéro un libyen peut compter sur des alliés comme le Sénégal et le Mali mais certains poids lourds, comme le Nigeria, l'Afrique du Sud et l'Angola, ne semblaient pas prêts à céder.

Le ministre angolais des affaires étrangères, Assunção dos Anjos, a exclu avant la rencontre tout changement de position, expliquant que son pays voulait s'acheminer "lentement" vers une union qui devrait en outre être économique avant d'être politique.

Le projet de gouvernement africain avait été déjà l'objet de désaccords lors du précédent sommet de l'UA, à Addis Abeba en février. Les chefs d'Etat avaient alors renvoyé le dossier à leurs ministres des Affaires étrangères.

"Un vote serait une catastrophe"

Le colonel Kaddafi, visiblement contrarié, a fait irruption de manière impromptue à deux reprises durant leurs rencontres à Syrte précédant le sommet, assurant qu'il était temps de trancher et qu'il n'excluait pas de demander un vote aux chefs d'Etat en cas de blocage persistant.

"Si les deux-tiers sont d'accord, le tiers restant devra obtempérer et respecter la décision de la majorité", avait lancé Kaddafi.

"Un vote serait une catastrophe, les divisions éclateraient au grand jour", assurait jeudi le délégué d'un pays d'Afrique sub-saharienne.

Selon un diplomate, un autre débat houleux risquait d'éclater à l'examen d'une "proposition inattendue" de la Libye, qui souhaite imposer des conditions à la coopération des membres de l'UA avec la Cour pénale internationale (CPI), suite au mandat d'arrêt lancé contre le président soudanais Omar el-Béchir, présent à Syrte.

Sécurité et conflits

S'il en a le temps, ce 13e sommet de l'UA devait aussi se pencher jeudi après-midi sur la situation sécuritaire et les conflits en Afrique, où les coups d'Etat et les crises politiques se sont multipliés ces derniers mois (Madagascar, Guinée Bissau, Niger. . . ).

Il devrait aussi accorder une attention particulière à la Somalie, où la crise est considérée par l'UA comme "la plus aiguë" de toutes.

Les dirigeants des pays voisins de la Somalie, dont l'Ethiopie et le Kénya, ont réclamé l'envoi "sans délai" de troupes africains supplémentaires pour aider le gouvernement de transition qui lutte pour sa survie face à l'avancée des islamistes radicaux.

La force de paix de l'UA déployée en Somalie -l'Amisom- est actuellement uniquement composée de soldats ougandais et burundais, et ne compte que 4.300 hommes sur les 8.000 initialement prévus.

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