26/06/2009 à 06h:08 Par AFP
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L'attaque aurait été menée à la suite d'une 'expédition punitive' de l'armée contre un village L'attaque aurait été menée à la suite d'une "expédition punitive" de l'armée contre un village © AFP

Le Mouvement d'émancipation du Delta du Niger (Mend) a affirmé avoir attaqué un forage pétrolier dans la nuit de jeudi à vendredi. Cette annonce intervient quelques heures après une nouvelle offre d'aministie du président Umaru Yar'Adua destinée aux groupes armés.

Le principal groupe armé dans le sud pétrolifère du Nigeria, le Mend, a annoncé avoir lancé une nouvelle attaque dans la nuit de jeudi à vendredi contre une installation de forage quelques heures à peine après une offre d'amnistie présidentielle.

Dans un courriel à la presse, le Mouvement d'émancipation du Delta du Niger affirme avoir fait "sauter une tête de puits" sur le champ pétrolier d'Afremo, en représailles à une action militaire.

L'attaque aurait été menée à la suite d'une "expédition punitive" de l'armée contre un village pour "raser les maisons de militants présumés, et ce quelques heures après l'offre d'amnistie du président Yar'adua".

Selon le courriel du groupe armé, la même installation avait déjà été attaquée dimanche dernier et appartiendrait au géant anglo-néerlandais Shell.

Unité hors-service

Shell avait démenti et, selon un responsable de la compagnie interrogé vendredi par l'AFP, l'opérateur serait la compagnie Sahara Oil, non loin d'un site opéré par l'anglo-néerlandais. Néanmoins, la multinationale procédait vendredi matin à des vérifications. "Nous enquêtons suite aux informations concernant une attaque sur le site d'Afremo de la SPDC (Shell Petroleum Development Company), a indiqué à l'AFP un de ses porte-parole, Precious Okolobo.

Cette unité, a-t-il précisé, "n'est plus en service depuis le 28 février".

Cette attaque est intervenue quelques heures seulement après que le président Umaru Yar'Adua eut solennellement offert jeudi une amnistie pour les groupes qui déposeront les armes d'ici à 2 ou 3 mois, dans l'espoir de faire cesser les attaques contre les compagnies pétrolières.

Menaces contre le président russe

Le Mend a fait savoir depuis des semaines qu'il rejetterait une telle offre d'amnistie, multipliant au contraire les opérations depuis qu'il a lancé une "guerre du pétrole" le 7 juin. Et pour bien montrer sa détermination en revendiquant cette énième attaque, il préférait parler du "commandant en chef" Yar'adua que du président, et a assorti sa revendication d'une citation du militaire prussien Otto von Biskark: "les grandes questions seront tranchées non par des discours et résolutions mais par le fer et le sang".

Jeudi, en annonçant une autre attaque contre un oléoduc de Shell dans le delta du Niger, le mouvement avait également lancé un avertissement direct au président russe Dmitri Medvedev alors en visite au Nigeria.

M. Medvedev venait d'annoncer que la Russie allait investir massivement "des milliards de dollars" dans le pétrole et le gaz dans le pays, en construisant notamment un gazoduc dans le sud.

Promesse de paix d'ici fin 2009

"C'est le sort que nous réservons à tous les oléoducs que vous projetez d'implanter si la justice n'accompagne pas l'ensemble du processus", avait averti le groupe clandestin. Lors d'une conférence de presse commune avec Medvedev, le président Yar'adua avait pour sa part promis que la zone de production serait "pacifiée et stable à la fin 2009".

Depuis 2006, le delta du Niger, région clé pour le Nigeria qui en tire 90% de ses devises, est secoué par des violences perpétrées par des groupes armés affirmant agir au nom des populations locales pauvres et pour une meilleure répartition des richesses.

Ces violences ont fait chuter la production de brut d'environ un tiers depuis 2006 : environ 1,8 million de barils par jour actuellement contre environ 2,6 mbj à l'époque.

"L'option militaire n'a jamais apporté la paix nulle part. Le gouvernement fait son possible pour limiter l'usage de la force mais dans tout conflit les pertes civiles sont inévitables", déclarait récemment à l'AFP le secrétaire d'Etat au pétrole Odein Ajumogobia.

 

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