17/06/2009 à 15h:46 Par AFP
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Une femme pleure pendant les obsèques du président gabonais Omar Bongo le 16 juin 2009 à Librevil Une femme pleure pendant les obsèques du président gabonais Omar Bongo le 16 juin 2009 à Librevil © AFP

Comme beaucoup d'habitants de Bongoville, ville natale d'Omar Bongo dans le Haut-Ogooué (sud-est), Eugène, 69 ans, a été "ébranlé" à l'annonce du décès du président gabonais. Et comme beaucoup, il veut pour lui une inhumation digne et "sans palabres".

Lorsqu'il a appris le décès d'Omar Bongo, annoncé officiellement le 8 juin, Eugène Oligui, son neveu et conseiller municipal de Bongoville, se soignait à Libreville, raconte-t-il, assis sur sa terrasse, balai chasse-mouches à la main, son chien couché près de lui.

"Ah, ça, j'étais ébranlé! Je ne le croyais pas, les larmes ont coulé toutes seules", dit le patriarche, qui a interrompu ses soins "pour revenir l'accompagner dans sa dernière demeure" à Franceville, capitale du Haut-Ogooué, à 40 km à l'ouest de Bongoville.

"Maintenant, ce que tout le monde veut ici, c'est que l'enterrement se passe dans le calme, la dignité. Qu'il n'y ait pas de palabres, que les gens ne viennent pas se saouler et raconter n'importe quoi!", lance-t-il.

Ils sont nombreux à dire la même chose, dans cette localité de 6. 000 âmes aux maisons nichées entre vallées et plateaux voisinant des forêts, de part et d'autre d'une belle route bitumée.

"Ici, on est désemparés", déclare Christian Nziengui, principal du collège Lucien Kouna de Bongoville, bourgade qui s'appelait Lewaï à la naissance du président en 1935. "La vie sans lui, c'est inimaginable", affirme son épouse, Judith.

"On est découragés"

Omar Bongo était considéré comme le bienfaiteur du Haut-Ogooué - souvent au détriment des autres provinces - et tous ici vont "faire la révérence" au défunt à Franceville, où son corps est arrivé mardi soir en provenance de Libreville.

Une chapelle ardente y a été dressée, voyant converger, depuis, des milliers de personnes de la région et d'ailleurs, pour lui rendre hommage avant son inhumation "dans l'intimité" familiale jeudi, bouclant une semaine d'obsèques.

"Je ne sais pas si j'aurai la force d'y aller", lâche François Simba, 74 ans, chef de canton de Ngouoni, localité d'origine de la mère du président à 35 km de Franceville.

Ce vieil homme, un autre neveu du défunt, a les traits tirés parce qu'il n'a "pas dormi depuis que Bongo est parti". "On le pleure toujours, pas seulement à Ngouoni, mais partout. On est découragés".

Les autorités de la province du Haut-Ogooué (120. 000 habitants officiellement) assurent avoir pris des dispositions pour éviter tout impair lors de l'inhumation.

A Franceville, Omar Bongo est partout

A Franceville, hôtels et auberges affichent complet, et le gîte chez l'habitant s'est négocié jusqu'à mardi, à quelques heures de l'arrivée du cercueil présidentiel.

Depuis lundi soir, "les bars, débits de boissons et discothèques sont fermés jusqu'à l'inhumation. On ne veut pas de bruit, pas d'histoires", assure-t-on au comité d'organisation des obsèques.

Contrairement à Libreville où le fonctionnement des marchés avait été réglementé en raison des obsèques, ces lieux de commerce resteront ouverts à Franceville, "pour pouvoir nourrir tout le monde qui arrive", précise un dirigeant provincial.

"Tout le Haut-Ogooué sera ici", poursuit-il.

A Franceville, Omar Bongo est partout, sur des affiches et banderoles clamant l'affliction des Gabonais face à son décès, alors que des branches de palmier ont été attachées à tous types de supports. "Du temps de nos ancêtres, on annonçait notre deuil ainsi", explique un Bongovillois d'ethnie téké, comme le défunt.

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