15/06/2009 à 17h:40 Par AFP
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Le Premier ministre israélien réclame la reconnaissance d'Israël en tant qu'Etat juif Le Premier ministre israélien réclame la reconnaissance d'Israël en tant qu'Etat juif © DR

Le président égyptien, comme ses voisisns arabes, a dénoncé le discours de Benjamin Netanyahu dans lequel il demande de reconnaître l'existence d'un Etat juif. Hosni Moubarak l'accuse de "compliquer les choses".

Les voisins arabes d'Israël, à l'image des Palestiniens, ont dénoncé lundi le contenu du discours tenu la veille par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président égyptien jugeant que le point sur le caractère juif d'Israël "ruinait les possibilités de paix".

Des Palestiniens et des trois pays voisins de l'Etat hébreu (Egypte, Liban, Jordanie), seul Amman n'avait pas manifesté sa réprobation à la mi-journée.

"L'appel à reconnaître Israël en tant qu'Etat juif complique davantage les choses et ruine les possibilités de paix", a affirmé, lors d'une cérémonie militaire, Hosni Moubarak, cité par l'agence officielle Mena.

"Personne ne soutiendra cet appel, ni en Egypte ni ailleurs", a-t-il ajouté.

Le principe d'un Etat palestinien accepté

L'Egypte est le seul pays arabe de la région, avec la Jordanie, à avoir signé un traité de paix avec Israël. Selon la Mena, le président égyptien a souligné avoir eu l'occasion de dire au président américain Barack Obama que "la solution de toutes les crises (...) dans le monde arabe passait par Jérusalem".

"J'ai dit au Premier ministre Benjamin Netanyahu que les négociations sur le statut définitif des territoires palestiniens devaient reprendre là où elles ont été laissées, immédiatement", a-t-il poursuivi.

Soumis à de fortes pressions internationales, notamment de Washington, Benjamin Netanyahu a accepté dimanche dans son discours le principe d'un Etat palestinien, tout en posant une série de conditions draconiennes. Il a notamment exigé la démilitarisation de cet Etat et la reconnaissance par la direction palestinienne d'Israël comme Etat du peuple juif. Il a aussi exclu un gel de la colonisation juive, un retour des réfugiés palestiniens poussés à l'exode lors de la création d'Israël en 1948, ou un retrait de la partie arabe occupée de Jérusalem.

Les cinq "non" de Netanyahu

Les Palestiniens et la presse syrienne ont également dénoncé le discours. "Il devient clair que nous sommes en présence d'un gouvernement israélien qui refuse en réalité une solution à deux Etats, l'arrêt de la colonisation et la reprise des négociations du point où elles s'étaient arrêtées" fin 2008, a affirmé le négociateur palestinien Saëb Erakat.

Selon lui, la direction palestinienne est entrée en contact "dès dimanche soir" avec l'administration américaine et des pays européens et arabes "pour expliquer que (Benjamin) Netanyahu n'a fait qu'émettre cinq non".

"Il a dit non à une solution à deux Etats, non au gel de la colonisation, non à la vision du président Barack Obama pour un nouveau Proche-Orient, non à la reprise des négociations au point où elles s'étaient arrêtées et non à l'initiative de paix arabe" proposant une normalisation avec Israël en échange de son retrait des territoires occupés, a-t-il estimé.

Dimanche soir, le Hamas islamiste, au pouvoir à Gaza, avait dénoncé une "idéologie raciste et extrémiste".

Rejet de l'initiative arabe pour la paix

A Damas, le quotidien à grand tirage al-Watan a jugé lundi que Benjamin Netanyahu avait "torpillé tous les efforts de paix".

Le Premier ministre "a confirmé qu'il rejetait l'initiative arabe pour la paix ainsi que toutes les initiatives et les résolutions du Conseil de sécurité relatives à la paix" régionale, a écrit le quotidien du parti au pouvoir al-Baas.

Dans un communiqué, le président libanais Michel Sleimane a lui appelé la communauté internationale à "faire pression" sur Israël pour qu'il accepte les précédentes initiatives de paix.

Au sein de cette communauté internationale, le président américain a salué le discours de M. Netanyahu comme un "important pas en avant", alors que les Européens ont évoqué "un petit pas", qui doit en appeler d'autres.

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