30/05/2009 à 12h:49 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les délégations mauritaniennes, la médiation sénégalaise et internationale ont négocié Les délégations mauritaniennes, la médiation sénégalaise et internationale ont négocié © AFP

Le groupe international de contact sur la Mauritanie et les différentes parties mauritaniennes ont accéléré samedi leurs négociations à Dakar, dix mois après le coup d'Etat, laissant espérer un accord sur un report de la présidentielle prévue dans une semaine.

Toute la nuit, dans un grand hôtel, la médiation sénégalaise et les émissaires internationaux (Union africaine, ONU, Union européenne, Etats-Unis, Chine... ) ont discuté point par point avec les trois délégations mauritaniennes et n'ont suspendu la séance qu'à 05H30 (locales et GMT).

"On va se réunir en comité restreint pour peaufiner" le projet d'accord, a annoncé à l'AFP le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio.

De source proche des négociations, on évoquait un "report" de plusieurs semaines du scrutin présidentiel programmé le 6 juin.

Le général Mohamed Ould Abdel Aziz, meneur du coup d'Etat du 6 août et candidat à la présidentielle, mène actuellement en Mauritanie une campagne constamment relayée par les médias publics. Et l'ex-chef de la junte est déjà donné grand vainqueur face à seulement trois candidats de moindre poids qui n'ont pas condamné le putsch.

Légitimer le coup d'Etat

Mais l'opposition est farouchement hostile à ce qu'elle qualifie de "simulacre" d'élection qui ne vise, selon elle, qu'à "légitimer le coup d'Etat". Elle a multiplié les manifestations pour exiger son report.

Depuis jeudi soir, les négociateurs ont travaillé sur un document de cinq pages, intitulé "accord cadre entre les trois grands pôles politiques mauritaniens", que l'AFP a pu consulter.

Ce projet prévoit la démission volontaire du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui avait été renversé le 6 août par les militaires, afin de favoriser la formation d'un gouvernement d'"union nationale".

Puis une "période transitoire constitutionnelle débutera par la signature par le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi d'un décret portant formation d'un gouvernement transitoire d'union nationale", selon ce texte.

Selon ce scénario, le chef de l'Etat déchu annoncerait "sa décision volontaire concernant la vacance constitutionnelle de la fonction de président de la République".

Jusqu'ici, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président élu démocratiquement élu de Mauritanie après 30 ans de régime militaire (1978-2007), se considère toujours comme le seul chef d'Etat légitime.

Apaisement et réconciliation

Le gouvernement d'union nationale fixerait une période "pour une révision exceptionnelle de la liste électorale, une émission des cartes d'électeurs ainsi que la vérification du fichier électoral".

La durée de la transition fait toujours l'objet de débats.

Le projet d'accord suggère également l'adoption de "mesures d'apaisement et de confiance" et d'"une loi d'amnistie générale".

"Les partis devront s'accorder sur la nécessité d'une amnistie générale, ceci implique comme geste d'apaisement et de réconciliation la libération de tous les dignitaires politiques arrêtés après le 6 août 2008 et accusés de corruption", est-il écrit.

L'opposition exige la libération du Premier ministre renversé le 6 août, Yahya Ould Ahmed Waghf, et de trois autres hommes qui ont été emprisonnés comme lui dans le cadre de l'affaire Air Mauritanie.

"Nous avançons vers un accord" avait déclaré dans la nuit Mohamed Ould Moloud, émissaire de la coalition de partis anti-putsch, le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD).

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Mauritanie

Libye : l'ex-chef du renseignement Abdallah Senoussi inculpé en Mauritanie

Libye : l'ex-chef du renseignement Abdallah Senoussi inculpé en Mauritanie

Le chef des renseignements libyens du régime Kaddafi, Abdallah Senoussi, a été inculpé et incarcéré dans la capitale mauritanienne, dans la nuit du 20 au 21 mai, selon une source judicia[...]

Tournoi de football en Palestine : quatre joueurs mauritaniens coincés en Jordanie

Conviés au tournoi international de football de la Nakba en Palestine, organisé à l’occasion de la commémoration de l’exode forcé des Palestiniens en 1948, les Mauritaniens ont [...]

Aqmi : les héritiers de Ben Laden

Installé au Mali depuis une quinzaine d'années, le journaliste béninois Serge Daniel s'est penché sur l'évolution de la nébuleuse djihadiste.[...]

Développement : l'ONG Save the children dénonce les conditions de vie des enfants sur le continent

Les pires pays au monde pour devenir mère sont africains. C’est la conclusion, accablante, du rapport de l’ONG américaine Save the children : dans les dix dernières places du classement, huit[...]

Force d'intervention au Mali : la Cedeao patiente, pour combien de temps ?

Réunie à Dakar le 3 mai, la Cedeao a fait profil bas. Si elle se dit toujours favorable à l'envoi d'une force d'intervention, elle a précisé que l'opération ne se ferait pas sans le[...]

L'avenir est dans la minoterie : Éric-Bastien Ballouhey

Le Français dirige les Grands Moulins de Mauritanie, le premier moulin industriel du pays, qu'il a créé en 2001.[...]

Présidentielle française : François Hollande vainqueur en Afrique

Comme au premier tour, les électeurs français d’Afrique ont apporté majoritairement leur suffrage à François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat socialiste termine en effet en tête[...]

Mauritanie : Aziz fait de la résistance

Face aux attaques de l'opposition, qui surfe sur la grogne sociale et le mécontentement de la jeunesse, le chef de l'État Mohamed Abdelaziz, fort du soutien d'une partie de la population, a choisi de rendre coup pour[...]

Cedeao : déploiement militaire en Guinée-Bissau et au Mali, coût estimé à 577 millions de dollars

Le 26 avril, 11 chefs d'État de la Cedeao se sont réunis à Abidjan afin d'apporter une solution aux crises que traversent le Mali et la Guinée-Bissau. Non sans divergences, les membres de la Cedeao se[...]

Les Négro-Mauritaniens se sentent enfin chez eux... ou presque

Amorcé en janvier 2008, le "rapatriement volontaire organisé" des Négro-Mauritaniens expulsés il y a près de vingt ans a pris fin le 25 mars.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers