Des combats opposant les forces gouvernementales somaliennes aux rebelles islamistes ont fait vendredi 29 morts dans le sud de Mogadiscio. Parmi les victimes, on compte majoritairement des civils.
Vingt-neuf personnes, en majorité des civils, ont été tuées vendredi à Mogadiscio et 200 autres environ ont été blessées dans de violents combats déclenchés par une offensive des forces gouvernementales contre les insurgés islamistes qui ont promis de renverser le président et islamiste modéré, Sharif Cheikh Ahmed.
Les forces gouvernementales ont attaqué vendredi matin trois quartiers - Tarbunka, Bakara et Howlwadag - qu'elles ont perdu dans le sud de Mogadiscio au cours de deux semaines de combats qui ont fait près de 150 morts.
Au moins 29 personnes, dont une majorité de civils ont été tuées vendredi dans ces heurts, selon des témoins. Un journaliste somalien de Radio Shabelle figure parmi les victimes. Selon des sources médicales, 53 personnes ont été admises à l'hôpital Médina de la capitale.
Le porte-parole de l'armée somalienne, Farhan Mahdi Mohamed, a assuré que ses troupes poursuivraient les combats jusqu'à ce que les insurgés soient délogés de Mogadiscio. Mais des témoins ont rapporté que des éléments de l'armée somalienne avaient battu en retraite.
La mort d'un journaliste condamnée
En début d'après-midi, les combats avaient pourtant diminué d'intensité et se limitaient à des tirs sporadiques d'armes automatiques, a constaté un correspondant de l'AFP.
L'Union nationale des journalistes somaliens a condamné la mort du journaliste.
"Il rentrait à la radio quand des tirs l'ont atteint à la poitrine. Son corps est resté sur la route pendant 45 minutes alors que les milices échangeaient des tirs et personne ne pouvait récupérer son corps", a protesté l'association dans un communiqué.
D'autres témoins ont rapporté à l'AFP avoir vu les corps de trois soldats gouvernementaux dans une rue de la capitale.
"Les forces gouvernementales ont battu en retraite hors de la zone et je peux voir les corps des soldats dans ma rue", a déclaré un témoin, Faisal Hashi.
Un journaliste de l'AFP a en outre vu les corps de deux civils tués par des balles perdues.
Par ailleurs, huit passagers d'un bus ont été tués par un obus de mortier, selon des témoins.
"Le bus était en train de passer devant ma grille lorsque le désastre s'est produit. Il y avait du sang et des morceaux de corps humains partout. C'était une vision d'horreur", a déclaré à l'AFP Bashir Abdurahman.
Versions contradictoires
Plus tôt vendredi, le porte-parole de l'armée avait affirmé que ses troupes avaient repris le contrôle de ces trois quartiers tenus par des insurgés.
Mais l'un des porte-parole des shebab a démenti cette affirmation.
"Les ennemis d'Allah ont attaqué nos positions ce matin et nos combattants se défendent actuellement. Ils (soldats gouvernementaux) n'ont pas repris ces positions", a déclaré à l'AFP cheikh Ali Mohamoud Rage.
Depuis le 7 mai, les insurgés ont lancé une offensive sans précédent, menée par la milice "Hezb al-Islamiya" du chef islamiste radical cheikh Hassan Dahir Aweys, et par les islamistes radicaux des shebab, pour chasser du pouvoir le président Sharif Sheikh Ahmed, un islamiste modéré élu en janvier à la tête du pays.
Selon le dernier décompte du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), environ 46. 000 habitants de Mogadiscio ont été déplacés.
Mercredi, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad, 6 pays d'Afrique de l'Est), alarmée par l'offensive des islamistes radicaux, a exhorté l'ONU à imposer un blocus maritime et aérien de la Somalie pour priver les insurgés de leurs renforts en armes et en combattants.

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