16/05/2009 à 16h:30 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Dégradation des relations entre le Tchad et le Soudan Dégradation des relations entre le Tchad et le Soudan © AFP

N'Djamena et Khartoum se renvoient la balle dans le problème des rebelles tchadiens. Selon le Tchad, son voisin facilite l'action des mercenaires, tandis que celui-ci s'offusque des bombardements aériens sur son sol.

La tension monte entre le Tchad et le Soudan, qui proteste contre les raids aériens menés sur son territoire par N'Djamena, "décidée à en finir" avec les rebelles et déterminée dans la pousuite de ces actions.

"Ce matin (samedi) à 10H30 locales (07H30 GMT), une nouvelle opération (bombardement aérien) a eu lieu au même endroit et avec la même méthode", a déclaré le porte-parole de l'armée soudanaise, Othman al-Aghbash, précisant qu'il n'y avait eu aucune victime lors de cette incursion à 60 kilomètres à l'intérieur du Soudan. Vendredi, Khartoum avait déjà protesté contre deux autres incursions aériennes.

Forts d'une des armées les plus puissantes du continent, les Soudanais ont haussé le ton: "L'armée soudanaise est prête à répondre mais attend les instructions", a dit Ali Sadiq, le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères.

Elements étrangers

Un conseiller du président soudanais Omar el-Béchir, Abdallah Masar, a jugé que les deux pays étaient montés l'un contre l'autre par une tierce partie. Il a évoqué "des éléments étrangers cherchant à entraîner le Soudan dans une guerre", sans donner de détails.

Mais, le président tchadien, Idriss Deby Itno, a fait fi des protestations soudanaises: "Nous avons utilisé notre droit de poursuite et ce droit de poursuite va continuer avec l'appui du peuple tchadien. L'armée est décidée à en finir une fois pour toutes avec les mercenaires à la solde du Soudan".

Il bombe même le torse: "Le Soudan n'a aucun intérêt à menacer le Tchad ou à le menacer de représailles dont il n'est pas capable". Vendredi soir, après la première protestation soudanaise, le porte-parole du gouvernement tchadien Mahamat Hissène a dit que le Soudan était "le voleur criant au voleur".

N'Djamena reproche à Khartoum son soutien aux rebelles tchadiens, qui après l'échec de leur offensive la semaine dernière, ont fui pour regagner le Darfour. L'armée soudanaise a cependant réfuté tout retour des rebelles tchadiens sur son sol.

Selon un diplomate occidental à N'Djamena: "C'est une source d'inquiétude. Il y a un réel risque d'escalade verbale et plus".


A Addis Abeba, le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires politiques, Haile Menkerios, a estimé qu'il fallait que le gouvernement tchadien "négocie avec les rebelles tchadiens".

Réconciliation

De longue date, le Tchad et le Soudan ont des relations difficiles et s'accusent mutuellement de complaisance à l'égard de leurs mouvements rebelles respectifs. Depuis septembre, ils ont repris des relations diplomatiques interrompues en mai 2008.

Au début de la semaine le président Déby a menacé de rompre à nouveau ces relations. Il a fait fermer les deux centres culturels soudanais et fait reprendre par les autorités les écoles soudanaises. Il a notamment accusé les enseignants soudanais d'être des "agents de renseignement" et leur a demandé de quitter le pays.

Khartoum et N'Djamena ont pourtant signé le 3 mai à Doha (Qatar) un accord de réconciliation qui prévoit notamment le contrôle des frontières pour empêcher les infiltrations de rebelles de chaque coté.

La paix entre le Tchad et le Soudan est jugée essentielle dans les tentatives de résolution du conflit qui sévit depuis six ans au Darfour, région soudanaise frontalière du Tchad. Cette guerre a fait environ 300. 000 morts, selon l'ONU, 10. 000 d'après Khartoum.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Tchad

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se méfie[...]

Tchad : Mahamat Saleh Annadif, une affaire d'État

Accusé de complicité de détournement de fonds publics, l'ancien ministre des Affaires étrangères Tchadien, Mahamat Saleh Annadif, attend son procès. Et clame son innocence.[...]

CPI : après Taylor, à qui le tour ?

Le 26 avril, ils étaient nombreux, sur le continent, à suivre le verdict du procès de Charles Taylor. Et à se dire qu'ils pourraient bien un jour, comme l'ancien président libérien,[...]

Développement : l'ONG Save the children dénonce les conditions de vie des enfants sur le continent

Les pires pays au monde pour devenir mère sont africains. C’est la conclusion, accablante, du rapport de l’ONG américaine Save the children : dans les dix dernières places du classement, huit[...]

Force d'intervention au Mali : la Cedeao patiente, pour combien de temps ?

Réunie à Dakar le 3 mai, la Cedeao a fait profil bas. Si elle se dit toujours favorable à l'envoi d'une force d'intervention, elle a précisé que l'opération ne se ferait pas sans le[...]

Industrie pharmaceutique : William Kouadio-Tiacoh prend soin du continent

Directeur général de la zone Afrique centrale chez Sanofi, le pharmacien franco-ivoirien William Kouadio-Tiacoh décline la stratégie du géant français dans douze pays.[...]

Présidentielle française : François Hollande vainqueur en Afrique

Comme au premier tour, les électeurs français d’Afrique ont apporté majoritairement leur suffrage à François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat socialiste termine en effet en tête[...]

Sénégal - Tchad : et si avec Macky Sall le dossier Habré était enfin débloqué...

Jacqueline Moudeïna est présidente de l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'homme (ATPDH) et avocate des victimes de Hissène Habré depuis 2000.[...]

Tchad : Déby n'est pas pressé de s'engager au Nord-Mali

Pour chasser les rebelles touaregs de Gao et Tombouctou, plusieurs chefs d'État d'Afrique de l'Ouest regardent avec intérêt du côté du président tchadien, dont les talents militaires en zone[...]

Victoire de Hollande : quand le continent rêve d'enterrer la Françafrique

Comme Nicolas Sarkozy en son temps, François Hollande a promis de mettre fin à la "Françafrique" et d'instaurer des rapports sains entre l'Hexagone et les pays du continent. Ses actes seront-ils[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers